Sandrine Cornaz a emmené le photographe de «Coopération» sur le lac Léman pour une 
démonstration.

«Vitesse et glisse, c’est très intense»

Sandrine Cornaz a suivi les traces de ses parents skieurs nautiques. Championne suisse de slalom, la Vaudoise de 26 ans est médecin et travaille dans la recherche au CHUV.  

Coopération. Vous avez grandi au bord du Léman, vous faites du ski nautique en compétition internationale et pourtant, vous ne pouvez pas vous entraîner sur ce lac. Pourquoi?
Sandrine Cornaz. Parce qu’en compétition, comme on skie à 55 km/h ou plus, on a besoin de l’eau la plus lisse possible. La moindre vague est extrêmement dangereuse et diminue la performance, comme si on demandait à un athlète de courir un 100 m dans un champ de pommes de terre. La Suisse est le seul pays d’Europe sans plan d’eau consacré spécialement au ski nautique, donc il n’y a pas de compétitions internationales et je ne peux pas m’entraîner ici. Mais le Léman, avec son panorama unique, est bien évidemment un endroit fantastique pour la pratique en loisir du ski nautique.

Où vous entraînez-vous?
Près de Grenoble, chaque week-end. C’est la région d’où vient mon mari etentraîneur Loïc Buros, qui est champion suisse du combiné. On fait partie du Ski Nautique Club de Montreux, qui compte 250 membres.

Vos parents ont tous deux pratiqué le ski nautique à un haut niveau. A quel âge avez-vous commencé?
A 2 ans et demi! Il existe des installations pour les petits avec traction du ski et non des bras. J’ai tout de suite aimé ça. Il paraît qu’enfant, je me plaignais parce que je n’avais pas fait assez de tours dans la journée! J’ai gagné mes premiers titres en compétition à 13-14 ans. Ce sport m’a permis d’atteindre un niveau international tout en faisant mes études de médecine.

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On peut passer de zéro à 80 km/h en moins de 
2 secondes»

Le ski nautique donne une impression de sport «tranquille» mais en compétition, c’est plutôt un sport extrême…
Oui c’est assez violent, plus encore qu’en ski alpin où j’ai aussi fait de la compétition. On peut passer de 0 à 80 km/h en moins de 2 secondes. J’ai arrêté de faire des sauts à cause du risque de blessure et je ne fais des figures plus que pour le plaisir. Maintenant je me concentre sur une seule discipline, le slalom.

Vous êtes-vous souvent blessée?
Oui, les blessures classiques: commotions cérébrales, lésions cervicales, luxations d’épaule, petites fractures par-ci par-là, mais jamais de grave blessure, je touche du bois.

Vous participez, du 5 au8 septembre en Grèce, aux Championnats d’Europe Open. En quoi consiste un slalom?
Sur un parcours long de 260 mètres, six bouées sont placées à 11,50 mètresde l’axe du bateau (trois à gauche, trois à droite). A chaque parcours réussi, le bateau augmente sa vitesse (jusqu’à un plateaude 55 km/h pour les femmes et 58 km/h pour les hommes) et on raccourcit la corde. Donc à un certain point, la corde est plus courte que la distance entre le centre du bateau et la bouée.

Quelles sensations vous procure le ski nautique?
C’est difficile à décrire… La vitesse, la glisse, l’accélération, c’est très intense. Skier sur le lac Léman, c’est glisser sur la soie, c’est comme dans la poudreuse. D’ailleurs j’adore ce lac, je ne pourrais pas le quitter.

Pourtant ce pays n’est pas l’endroit idéal pour une skieuse nautique professionnelle…
En effet les débouchés sont faibles et j’aurais pu, comme beaucoup, partir étudier en Floride. Mais la qualité des études de médecine est bien meilleure ici.

«

A 10-12 ans j’avais déjà cette idée fixe: faire 
de la recherche 
médicale»

Vous êtes donc médecin et travaillez au CHUV dans la recherche. Qu’y faites-vous exactement?
A l’Institut de pathologie, je teste de nouveaux traitements sur une tumeur des os chez les enfants, le  sarcome d’Ewing. C’est une maladie rare et grave.

Pourquoi avoir choisi ce domaine?
Ma mère est médecin et moi, à 10-12 ans j’avais cette idée fixe: faire de la recherche. On avait reçu un courrier avant Noël où la Ligue suisse pour la recherche contre le cancer récoltait des fonds et j’ai dit: «Donne-leur de l’argent parce que plus tard, c’est eux qui vont financer mes recherches.» Et il se trouve que par hasard, c’est cette organisation qui a fourni la bourse qui me permet d’effectuer ma thèse!

Comment conciliez-vous le sport et le travail?
C’est clair que maintenant que j’ai une vie professionnelle, je ne vais plus pouvoir rivaliser avec ceux qui se consacrent entièrement au sport. Mais il y a une très bonne relève et j’en suis heureuse! Mon sport m’a appris tellement de choses: à gérer les échecs, le stress, les blessures… Mais il m’a surtout apporté énormément de bonheur. C’est une école de vie extraordinaire.

Le ski nautique est un sport coûteux, pas à la portée de tout le monde…
C’est vrai. Quand j’étais à l’université, je travaillais au Salon de l’auto ou comme prof de ski alpin pour couvrir mes frais. Mais ce sport se démocratise avec les téléskis nautiques, comme celui d’Estavayer-le-Lac. Malheureusement, en 2009 le projet de centre nautique – deux bassins équipés dans la plaine de l’Orbe –a été refusé par la population d’Yverdon-les-Bains. J’espère que d’autres projets pourront être menés à bien pour rendre ce sport accessible au plus grand nombre.

Sandrine Cornaz

Le ski et l’amour

Origines. Née le 10 novembre 1986 près de Fribourg-en-Brisgau (D), elle a 2 ans quand sa famille s’installe en Suisse. Sa sœur aînée, Natalia, pratique le ski alpin.

Amour. L’Allemagne est le pays de sa mère, Susanne, qui a rencontré son père, le Vaudois Jean-Luc Cornaz, lors d’une compétition de ski nautique. Sandrine Cornaz a elle aussi fait la connaissance de son futur époux, Loïc, lors d’une course, en 2006.

Mariage. Ils se sont mariés… en ski nautique, en juin dernier, sur un petit lac de près d’Albertville en Savoie. Ils habitent Corseaux.

Titres suisses. Aux derniers Championnats suisses (mi-juillet), Sandrine Cornaz a remporté la médaille d’or en slalom et la médaille de bronze en figures.

Fédération. La Fédération suisse de ski nautique et wakeboard (FSSW), fondée en 1947, compte 41 clubs et plus de 3900 membres. Le ski nautique n’est toujours pas une discipline olympique (il a été en démonstration aux JO de 1972).

www.waterski.ch

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Photo:
Charly Rappo/arkive.ch
Publication:
lundi 02.09.2013, 00:00 heure

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