Dans la chambre des jumelles de la famille Moulin, sous un plafond étoilé. De g. à dr.: Manu, Kim et Gaëlle. Les filles adorent leur doudou.

Spécial famille

Trois familles qui habitent dans différentes régions de Suisse nous racontent comment elles vivent au quotidien. Travail, école, animaux, loisirs, cuisine, sans oublier ces petits rituels qui donnent d’heureuses cadences au temps…

La famille Moulin vit à 300 km/h

Famille. Manuela (36 ans), dite Manu, Kim et Gaëlle, jumelles de 8 ans.

Domicile. Ollon (VD), dans une maison.

Animaux. Un chat, Cannelle.Profession/activités. Manu est secrétaire dans deux garages, à Bex et à Ollon. Elle travaille un jour et demi par semaine. Elle est aussi monitrice de natation et sapeur-pompier au SDIS des Salines et vice-présidente de l’association sportive En-Vie (www.en-vie.ch). Les filles sont scolarisées dans deux classes différentes.

Revenu annuel. Jusqu’à 80 000 fr.

Garde des filles. Une fois par semaine, Gaëlle et Kim vont chez Anny, une amie de la famille, qui les connaît depuis qu’elles sont nées! Loisirs. Le sport. Kim et Gaëlle font du vélo avec leur papa, Cédric, mais aussi de la gym et de la natation. «On est des petits dauphins!» Elles adorent aussi dessiner et bricoler, notamment avec des perles. Kim adore le petit koala en peluche que lui a offert sa maîtresse.
Défi en tant que famille monoparentale. «Quand la journée a été rude ou quand les filles sont malades, ne pas pouvoir compter sur quelqu’un à la maison.»
Vie de famille. «A 300 km/h! Les filles sont sages, avec un côté chipie bien développé!
Je suis restée en très bons termes avec mon ex-mari.
Nous pensons tous les deux
au bien-être de nos filles et
ça fonctionne bien.»
Ambiance. «Il y a parfois
des étincelles, vu mon côté
méditerranéen! Entre les
filles ça passe de l’amour
fou à la dispute très vite...
Avec leur papa c’est du pur bonheur, elles adorent passer le week-end chez lui.»
Caractéristiques. Manu est Tessinoise avec des origines de Sardaigne. Kim et Gaëlle suivent des cours d’italien.

Reportage

Les 24 et 25 août, la Fête internationale des patois franco-provençaux a réuni près de 1500 personnes à Bulle. La presse romande a donné un large écho à cet événement. Le patois est à la mode dans cette époque qui raffole de facteurs identitaires.

En Suisse romande, ils sont nombreux à s’engager pour lui. A Fribourg, près de 1600 personnes font partie de six amicales. On estime que 5000 ou 6000 personnes le parlent encore régulièrement. «De nombreux chœurs continuent à chanter en patois, c’est important pour le maintien de la langue», explique Marcel Thürler, président de la Fédération internationale des patoisants. Pour permettre aux amateurs de vivre le patois, des cours sont donnés à l’Université populaire, des veillées et des après-midi sont organisées et on forme les jeunes dans certains cycles d’orientation (CO) du canton.

Tout l’enjeu est là. Pour que le patois survive, il faut former la relève. En Valais, où on estime à 6500 à 8000 le nombre de patoisants et où on compte vingt amicales, l’enseignement du patois est «la priorité des priorités», explique l’ancien conseiller d’Etat Bernard Bornet, in­fatigable défenseur de la langue. L’homme a le «patois dans l’ADN» et déploie une énergie égale au choc qu’il a subi, dans son enfance, lorsque son père, enseignant, a reçu l’ordre du Département de l’instruction publique de ne plus parler le patois, même en famille. «Au début du XXe siècle, on a voulu éradiquer le patois, sous prétexte qu’il était nuisible à l’apprentissage du français. Aujourd’hui, l’école doit refaire ce qu’elle a détruit.»

Bulle, les 24 et 25 août derniers. La Fête internationale des patois franco-provençaux a réuni près de 1500 personnes. Plusieurs générations s’y sont côtoyées. Amicales, chœurs ou même écoles continuent de faire vivre les patois.

Un projet d’«Ecole du patois» est né à Evolène, la Mecque du patois franco-provençal: toutes les générations sont encore capables de s’exprimer en patois. Depuis trois ans, les enfants de l’école primaire peuvent suivre des cours, hors horaires. La méthode a déjà été exportée dans d’autres villages, après avoir été adaptée. Car chaque village a son patois.

En Suisse romande, le franco-provençal domine, mais le canton du Jura, le troisième en importance dans le maintien du patois, parle un patois hérité de la langue d’oïl. Des passionnés continuent aussi à s’intéresser au patois dans les cantons de Vaud, où il existe une association, et de Neuchâtel, où le patois se résume quasiment à un seul homme, Joël Rilliot. A Genève, il reste surtout une chanson qui raconte la bataille de l’Escalade et des amicales de patoisants… fribourgeois et valaisans.

Aux yeux de tous les passionnés, le patois est aujourd’hui moins en danger que dans la première moitié du XXe siècle. Un signe ne trompe pas: de nombreux ouvrages, des disques, des films, des applications multimédias, des BD sont parus ces dernières années. Le mot de la fin à l’apôtre du patois, Bernard Bornet: «Le patois a vécu l’enfer, il est aujourd’hui au purgatoire, mais on commence à voir quelques clartés dans le ciel.»

Trois pays luttent pour la survie du franco-­provençal

Les cantons romands parlent des patois franco-provençaux, à l’exception du Jura (langue d’oïl). Le patois franco-provençal s’est développé le long des routes de transit alpin entre la plaine du Pô (Italie)et le bassin rhodanien (France). Pendant des siècles, en Suisse romande, le français écrit a coexisté avec le patois, parlé. Si les patois sont différents d’un village à l’autre, une graphie unifiée permet aujourd’hui de s’y retrouver.

Pour promouvoir la formation dans les trois pays, des mainteneurs du patois sont nommés lors de chaque rencontre internationale. Des liens étroits ont également été tissés sur tout le territoire et une stratégie transfrontalière a été adoptée. Une convention de coopération transfrontalière est en phase de création, des démarches ont été entreprises pour faire reconnaître le franco-provençal comme une langue européenne à part entière et une radio en patois devrait bientôt couvrir tout le territoire du franco-provençal.

Trois questions à Sylvie Bourban

«Le patois est lié à la mémoire»

Sylvie Bourban: «J’ai même chanté du patois en Argentine et en Inde.»

Coopération.  Quel est votre rapport avec le patois?
Sylvie Bourban.  J’ai grandi à Nendaz. Mes grands-parents et mes parents le parlaient. Je l’ai donc beaucoup entendu et je le comprends, même si je ne le parle pas. Pour moi, le patois est lié au souvenir, à la mémoire.

D’où vous est venue l’envie de chanter en patois?
J’aime chanter dans beaucoup de langues. Lorsque Bernard Bornet m’a demandé de faire un CD en patois, j’ai accepté, même si le patois n’était pas encore à la mode. J’ai composé avec mon père et mon oncle et j’ai fait appel à Marlène Rieder, qui m’a apporté ses connaissances du patois d’Evolène. J’ai ensuite fait un deuxième CD, «Aussi pour les petits», également avec du patois de Nendaz et d’Evolène. Au début, je me disais que le patois n’était pas très chantant, puis je me suis rendu compte qu’il l’était.

Les chansons en patois de Nendaz et d’Evolène sont-elles appréciées hors du Valais?
Oui, elles le sont partout. J’ai chanté le patois en Argentine, en Inde… Beaucoup me disent que le patois de Nendaz ressemble à du portugais, le patois d’Evolène à une langue de l’Est. Le patois s’exporte bien! Je vais bientôt enregistrer un troisième disque en patois à New York. Le premier avait été enregistré en Suède et à Boston, le deuxième déjà à New York. Ces disques permettent de faire vivre le patois, car on crée des chansons avec des thèmes d’aujourd’hui. Nous avons aussi prouvé qu’on pouvait faire du jazz en patois, ou de la country, avec le disque de Paul Mac Bonvin.

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Nicolas Poinsot

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Photo:
Charly Rappo/Arkive.ch
Publication:
lundi 23.09.2013, 11:10 heure

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