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Par des mesures appropriées, 80% des décès pendant la grossesse ou à l’accouchement pourraient être évités.



Khanum Noor, médecin, responsable du service mère-enfant en Afghanistan: «Je détestais la burqa, mon corps réagissait par des maux de tête».

Mères en détresse: vies à sauver

Dans certaines régions du monde, comme en Afghanistan, une femme sur deux meurt des suites d’une grossesse. La Chaîne du Bonheur, Coop et des médias volent au secours des mères en détresse.

Khanum Noor n’aime pas se rappeler certains faits qui réveillent en elle des sentiments de colère et d’impuissance. C’était à l’époque où les talibans régnaient sur l’Afghanistan, où toutes les femmes devaient porter la burqa. Sous la chaleur étouffante de la mi-journée, Khanum Noor, qui se hâtait pour ne pas manquer son bus, souleva un court instant sa burqa pour mieux respirer. Un jeune taliban barbu qui passait par là l’observa et, indigné, saisit une courroie en cuir pour fouetter la jeune femme médecin en l’injuriant.

Khanum Noor, qui a connu une époque où la minijupe faisait partie du quotidien, a toujours détesté la burqa: «Quand je la porte, mon corps réagit par des maux de tête et des chutes de cheveux», confie-t-elle.

Dix ans après cette expérience, Khanum Noor porte encore la burqa. Ou plutôt, elle l’a retrouvée, car ce vêtement qu’elle abhorre se révèle être, parfois, sa meilleure tenue de travail. C’est le cas au sud du pays, notamment à Kandahar. Dans cette région où vivent de nombreuses familles proches des talibans, la burqa lui offre une certaine protection, et surtout lui ouvre des portes qui sinon resteraient fermées.

Ainsi, plusieurs familles talibanes acceptent son aide. Pas parce que les talibans apprécient Terre des hommes (Tdh), qui reste à leurs yeux une organisation occidentale à laquelle on ne peut se fier, mais parce qu’ils ont vu que grâce à son action, leurs femmes et leurs enfants survivent.

Khanum Noor est une intellectuelle afghane à l’esprit ouvert sur le monde. Docteur en médecine, cette femme de 46 ans est aussi mère de deux enfants. Sur place, en Afghanistan, elle coordonne le service «mère-enfant» de la fondation suisse d’aide à l’enfance Terre des hommes. Sur ses 70 collaborateurs, 30 sont des sages-femmes travaillant sur le terrain.

Le programme, lancé en 1996, finance et organise des visites à domicile par des sages-femmes. En 2007, une enquête a révélé que ce projet avait permis de diviser par dix le taux de mortalité puerpérale. Pour mesurer l’ampleur de ce succès, il faut savoir que dans certaines régions d’Afghanistan, jusqu’à 50% des femmes meurent de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement.

Pourtant, 80% de ces décès pourraient être évités. Dans les douze quartiers pauvres de Kaboul, la capitale, ce sont chaque année 50?000 visites à domicile, 12?000 femmes enceintes et 8000 nouveau-nés qui sont pris en charge par l’équipe de sages-femmes dirigée par Khanum Noor.

Pour financer de tels projets, Terre des hommes compte sur les dons venant de Suisse, notamment de la Chaîne du Bonheur et de l’opération «Jeder Rappen zählt» (Chaque centime compte – voir encadré), qui s’engage cette année pour les mères en détresse dans des pays marqués par la guerre ou la pauvreté. L’Afghanistan étant à la fois un pays en guerre et le pays non africain le plus pauvre du monde, la détresse y est multipliée par deux. Outre le programme mère-enfant, Terre des hommes soutient encore des projets dans plus de trente pays, dont profitent 1,4 million de personnes.

Khanum Noor aurait pu s’exiler aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne pour y faire carrière. Pourtant, elle a choisi de rester dans son pays. Et c’est le sourire aux lèvres qu’elle dresse le bilan de ses quatorze années de collaboration avec Terre des hommes: «Quand je vois les résultats, je renonce volontiers au succès et à l’argent que j’aurais pu gagner en Amérique. La considération que je reçois en retour ici est un bien précieux.»

Une aide financière plutôt bienvenue

Coop s’engage pour l’action «Jeder Rappen zählt» (Chaque centime compte), mise sur pied par la radio et la TV alémaniques.

Gilbert Montavon est responsable de «Jeder Rappen zählt» chez Coop.

Gilbert Montavon est responsable de «Jeder Rappen zählt» chez Coop.
Gilbert Montavon est responsable de «Jeder Rappen zählt» chez Coop.

Coopération. Pourquoi Coop participe-t-elle à l’opération «Jeder Rappen zählt»?
Gilbert Montavon. Aider des gens en détresse fait partie de l’engagement social de Coop. A l’intérieur du pays avec le Parrainage Coop pour les régions de montagne et à l’étranger avec des projets qui garantissent à nos producteurs de meilleures conditions de vie. A cet égard, «Jeder Rappen zählt» est une bonne opération. C’est pourquoi nous la soutenons.

En quoi consiste concrètement ce soutien?
Coop participe en qualité de partenaire principal et produit elle-même une ligne de bonnets Naturaline en coton bio issu du commerce équitable. Ils seront vendus du 12 au 17 décembre (ndlr: en Suisse alémanique uniquement). Chaque bonnet vendu rapportera 5 francs à l’opération.

Mis à part cela, que peuvent faire d’autre les clients de Coop, notamment ceux qui vivent en Suisse romande?
On peut aussi faire don de superpoints: pour 10?000 superpoints offerts, Coop verse 100 fr. à l’opération «Jeder Rappen zählt».

La Chaîne du Bonheur: aide aux mères en détresse

L’opération «Jeder Rappen zählt» (Chaque centime compte), mise sur pied par la radio et la télévision suisses alémaniques, se déroulera du 12 au 17 décembre à Lucerne (Europaplatz, près du centre des congrès KKL). Pendant six jours, des animateurs de DRS 3 et SF zwei commenteront en direct l’évolution de l’opération.

Comme l’année dernière, la Radio suisse romande et la Chaîne du Bonheur s’associeront pour promouvoir cette action lors d’une journée. Cette année, l’opération commune de la SSR et de la Chaîne du Bonheur veut aider les mères en détresse. L’argent collecté servira à secourir les mères dans des régions en guerre et des pays en développement, mais aussi dans notre pays via le fonds «Aide sociale en Suisse» de la Chaîne du Bonheur.

Pour plus d’informations:

www.bonheur.ch
Rudolf Gafner
Photo:
Flurina Rothenberger
Publication:
lundi 17.10.2011, 13:56 heure

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