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Alain Valterio
écrit le 03.01.2014 dans Rêves


«Pendaison, crucifixion, accouchement: deux rêves en deux nuits» L.

«Je suis en psychanalyse dans une phase étrange, nouvelle et après un temps de silence intérieur de quelques jours voici deux rêves faits deux nuits de suite. 

Le premier: une personne pendue (aucune idée du sexe), transpercée sur le côté et deux autres, crucifiées qui se font face à face en oblique, comme si ces deux personnes étaient une même. Autre tableau: la personne ayant commis ces trois meurtres (le pendu + les deux crucifiés) est libérée par la foule qui la dit innocente en espagnol. Deux autres personnes sont, elles, innocentes mais elles sont condamnées. Je demande l’âge des personnes tuées du premier tableau, on me répond que le premier est un gamin de 19 ans, quoi?! 19 ans mais ça n’est plus un gamin, c’est le début d’un adulte. Les deux autres ont 33 ans, l’âge que j’avais en commençant ma psychanalyse. A 19 ans. j’ai quitté la maison de mes parents.
Le deuxième: je rêve que j’accouche d’un enfant, un garçon, qui crie et qui est tout sale, je le pose sur le sol. Dans un coin sur un banc, à l’ombre une petite fille est là qui ne comprend pas ce qui se passe, on lui demande de donner un prénom à ce garçon, elle ne comprend pas pourquoi on lui fait une telle demande mais donne le prénom de Hugo.»



LA RÉPONSE DU PSY:

On ne peut évidemment pas s’empêcher de penser à la lecture du premier rêve, à la crucifixion du Christ, avec cette différence, qu’ici le sacrifié n’est pas cloué à la croix mais pendu. Il n’en reste pas moins que comme le Christ, il est transpercé sur le côté (un motif que l’on trouve aussi chez Odin, le dieu de la mythologie nordique), qu’il est entouré de deux compères comme l’était le Christ sur la croix et qu’il est question de vos 33 ans, l’âge où vous avez entamé votre psychanalyse, et qui est aussi l’âge du Christ. 

Entrer en analyse suppose d’aller se livrer à une épreuve, celle-ci à la valeur symbolique d’une torture.  Il faut accepter de perdre pied, comme un pendu (dont le symbolisme est très important dans le tarot), livré aux intempéries de l’âme et de ces oiseaux de mauvais augures. En même temps, le Christ ne serait pas devenu le Christ s’il n’avait pas été crucifié. C’est sur la croix qu’il va rencontrer les deux larrons, coquins de grands chemins, cependant qu’au pied de la croix, ne se trouvent que des femmes. Sur la croix, le Christ devient véritablement humain. Il est parmi les siens; ceux que l’on juge inférieurs, les femmes et les voyous.  

C’est sur la croix que le Christ a fait sa psychanalyse. La psychanalyse nous met en contact avec nos déviants intérieurs et notre féminité refoulée, ce que Freud appelle le ça et Jung, l’ombre.

Cette psychanalyse semble avoir bien réussi si l’on en croit le deuxième rêve: vous accouchez d’un gamin sale, «un sale gamin», un gamin normal, pas un saint, un banal gamin qui s’appellera Hugo, un prénom, même pas un nom. Une analyse réussie est celle qui nous permet de prendre conscience que nous sommes des personnes banales.


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