Les glaces polaires fondent, certaines îles commencent d’être évacuées, on enregistre des records de chaleur et des tempêtes extrêmement violentes – le climat change.

Durban, quelles attentes?

Les événements météorologiques extrêmes ont tendance à s’amplifier. Lors de la conférence sur le climat, du 28 novembre au 9 décembre 2011 à Durban en Afrique du Sud, les Etats participants devront se mettre d’accord sur des mesures pour enrayer le changement climatique. Six protagonistes suisses issus de la recherche, de la politique, de la protection de l’environnement et de l’économie nous disent ce qu’ils en pensent.

1. Quels sont les plus grands enjeux en matière de changement climatique?

2. Qu’attendez-vous de cette conférence sur le climat?

WWF

Patrick Hofstetter.

Patrick Hofstetter.
Patrick Hofstetter.

Docteur Patrick Hofstetter, responsable de la politique climatique au WWF Suisse, représente les associations de protection de l’environnement au sein de la délégation suisse participant aux négociations de l’ONU depuis 2003.

1. Les scientifiques ont beau affirmer que le changement climatique aura des conséquences dramatiques pour l’homme, c’est difficile de faire ce que la raison nous commande de faire, à savoir agir dès à présent et laisser les énergies fossiles là où elles sont, dans le sol. En effet, le charbon, le gaz et le pétrole sont aujourd’hui bon marché et abondants.

2. Si, après la conférence, les ministres et chefs d’Etat rentrent avec la volonté de faire le maximum pour freiner le réchauffement climatique, ce sera un grand pas. Surtout si un fonds international suffisamment alimenté est créé.

Coop

Sybil Anwander.

Sybil Anwander.
Sybil Anwander.

Sybil Anwander, ingénieure agronome et cheffe de la qualité et du développement durable chez Coop.

1. Pour Coop, il s’agit de la sécurité de l’approvisionnement en denrées alimentaires provenant de régions touchées par le changement climatique. Les enjeux sont particulièrement grands pour les petits paysans du Sud qui en souffrent déjà, mais dont les possibilités d’adaptation sont limitées.

2. Pour répondre à sa vision en matière de CO2, Coop a défini en 2008 des mesures et des objectifs courageux en faveur du climat qu’elle applique de façon rigoureuse. J’espère que la conférence de Durban constituera une percée au niveau international et débouchera sur des objectifs concrets, des accords contraignants et des conditions-cadres fiables pour l’avenir.

EconomieSuisse

Dominique Reber.

Dominique Reber.
Dominique Reber.

Dominique Reber, membre de la direction d’economiesuisse, la fédération des entreprises suisses, est responsable du domaine «Infrastructure, énergie et environnement».

1. Il n’est pas normal que les émissions de CO2 soient gratuites. Il faut leur attribuer un prix correct et obligatoire dans tous les points du monde. C’est le seul moyen de créer une véritable incitation à réduire ces émissions; economiesuisse s’efforce de faire accepter des objectifs mondiaux et un cadre juridique international. Lors de la conférence de Durban, les entreprises suisses montreront comment arriver à une réduction des émissions à la fois efficace et économique.

2. Elle va se dérouler dans un contexte difficile. Nous allons nous efforcer malgré tout de parvenir à une avancée pouvant aller jusqu’à un système mondialisé.

Greenpeace

Alex Hauri.

Alex Hauri.
Alex Hauri.

Alex Hauri, responsable de la campagne sur le climat chez Greenpeace Suisse et porte-parole de l’Alliance pour une politique climatique responsable.

1. Les énergies renouvelables ont le vent en poupe; des mouvements écologiques naissent un peu partout. Pourtant, le changement climatique possède une telle dynamique négative que cette révolution verte a besoin d’avancer à un rythme plus soutenu. Il faut qu’au plan international, la politique et l’économie y veillent et mettent le holà aux industries polluantes. C’est le seul moyen de maintenir le réchauffement mondial en dessous de la barre critique des 2° C.

2. Malgré la crise, les Etats doivent élaborer un modèle de financement qui puisse alimenter le fonds pour le climat à concurrence de 150 milliards de dollars par an. Il faut aussi jeter les bases d’un nouvel accord équitable sur le climat.

Recherche

Thomas Stocker.

Thomas Stocker.
Thomas Stocker.

Thomas Stocker, prof. de climatologie et de physique environnementale à l’Université de Berne et coprésident du groupe de travail «Science» du GIEC.

1. Souhaitons qu’enfin la clairvoyance et l’esprit de responsabilité prennent le pas sur le profit à court terme et l’immobilisme, que soit élaboré un plan Marshall industriel et que la consommation de combustibles fossiles soit réduite le plus vite possible. En développant des produits innovants, la recherche et l’économie suisses créent les emplois de demain.

2.En 2009, l’objectif était de maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2° C. Or, plus les mesures prennent du retard, plus il sera difficile d’atteindre ce but. Le monde industrialisé doit montrer l’exemple et considérer ce changement comme une chance. Détermination et clairvoyance sont les maîtres mots qui devraient marquer Durban.

Office fédéral de l’environnement (OFEV)

Bruno Oberle.

Bruno Oberle.
Bruno Oberle.

Bruno Oberle, directeur de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV).

1. Depuis la révolution industrielle, nous utilisons des énergies fossiles comme le pétrole, le gaz naturel ou la houille. De ce fait, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a tellement augmenté que l’effet de serre a provoqué un réchauffement climatique. Le plus grand défi à l’échelle mondiale est de ne plus dépendre des énergies fossiles, sans que notre bien-être et notre croissance économique en pâtissent. Il faudrait une nouvelle révolution industrielle.

2. Durban est une étape sur le chemin d’un traité sur le climat, auquel ceux qui provoquent des gaz à effet de serre devraient souscrire. Les pays comme la Suisse ou l’UE doi-vent s’engager à réduire leurs émisssions de gaz à effet de serre, mais aussi les USA et les nouvelles puissances comme la Chine, le Brésil et l’Inde.

Les Etats et le climat

Des conférences pour quel résultat?

La conférence de l’ONU sur le climat a lieu chaque année. L’objectif actuel est d’élaborer un accord qui fera suite au protocole de Kyoto signé en 1997. Celui-ci, valable jusqu’en 2012, est le seul instrument contraignant de droit international en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Pour la première fois, les pays industrialisés se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Il est toutefois plus que douteux qu’un nouvel accord puisse être signé vu que la tentative faite en 2009 lors de la conférence de Copenhague a clairement échoué.

L’histoire des conférences sur le climat dans le cadre de l’ONU a commencé en 1992 à Rio de Janeiro; 150 Etats avaient ratifié la convention-cadre sur les changements climatiques. L’accord est en vigueur depuis 1994 et 165 Etats l’ont signé. (Source: Wikipedia)

Publication:
lundi 14.11.2011, 13:47 heure