150 ans de Croix-Rouge

Anniversaire Il y a un siècle et demi naissait la Croix-Rouge suisse. Que reste-t-il aujourd’hui de l’idéal qui animait Henry Dunant, son «père» historique? La réponse à travers trois témoignages.

Jeunes et aînés autour d’une table.Mais ce n’est pas pour partager une fondue, même si la bonne humeur règne. À 21 ans, Magali Curty, de Vuadens (FR), enseigne avec d’autres bénévoles le maniement des ordinateurs, smartphones et autres tablettes à des élèves grisonnants mais appliqués. «Cela ne doit pas être évident pour eux de s’adapter aux nouvelles technologies et je suis ravie de pouvoir mettre mes connaissances à leur disposition. Je ne suis pas informaticienne mais j’ai eu la chance d’apprendre mon métier avec ces outils.»

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Magali Curty (21 ans): «Je suis heureuse de mettre mes connaissances à disposition de gens qui s’initient aux nouvelles technologies.»

Collaboratrice administrative au service Santé de la Croix-Rouge fribourgeoise, la jeune femme a été informée de la possibilité de s’engager en tant que bénévole pour le projet Permanence pour les nouvelles technologies par la coordinatrice de la Croix-Rouge Jeunesse fribourgeoise. «J’ai tout de suite dit oui. J’ai débuté avec l’ouverture de la permanence, en septembre dernier.» Les cours se donnent les mardis en fin d’après-midi, au siège de la Croix-Rouge fribourgeoise, et durent 45 minutes. «Les participants ont tellement à nous apprendre de par leur expérience que vous avez à cœur de leur rendre la pareille», confie-t-elle.
Travaillant dans une institution sociale, elle trouve naturel d’être attirée par le bénévolat. Elle n’en est du reste pas à sa première expérience: «Chaque dernier vendredi et samedi de janvier, je participe à la vente de mimosas qui a lieu dans tout le canton de Fribourg. Cette action sert à organiser un camp d’été en faveur d’enfants dont les parents n’ont pas les moyens de leur offrir des vacances.»

Camilla Delpero (26 ans) s’est engagée dans la section tessinoise de la Croix-Rouge Jeunesse dès la fin de ses études, en 2014. Aujourd’hui, elle est heureuse de pouvoir fournir un appui scolaire aux enfants du centre de réfugiés de Cadro, une commune faisant partie de Lugano.

La «clientèle» de Camilla Delpero et de Lars Hadorn est nettement plus jeune. Comme en témoignent ces cris venant du sous-sol d’un immeuble bâlois. Une vingtaine d’enfants participent à la soirée de jeux de la Croix-Rouge Jeunesse pour enfants défavorisés. «Ces gosses nous prennent beaucoup d’énergie», confesse Lars. Mais le jeune laborantin en chimie corrige aussitôt: «Les problèmes de discipline se transforment en vrai bonheur quand, par exemple, à la fin de la soirée, un enfant a fait un beau dessin et qu’il le montre fièrement.»

Une vingtaine d’enfants participent régulièrement aux soirées jeux de la Croix-Rouge Jeunesse bâloise, animées par cinq jeunes bénévoles, dont Lars Hadorn (19 ans).

Une vingtaine d’enfants participent régulièrement aux soirées jeux de la Croix-Rouge Jeunesse bâloise, animées par cinq jeunes bénévoles, dont Lars Hadorn (19 ans).
Une vingtaine d’enfants participent régulièrement aux soirées jeux de la Croix-Rouge Jeunesse bâloise, animées par cinq jeunes bénévoles, dont Lars Hadorn (19 ans).
«

Je voulais m’engager socialement à côté du travail et du sport»

Lars Hadorn, bénévole CRS Jeunesse

Une organisation née dans la guerre

C’est aussi à des enfants qu’a affaire Camilla (26 ans). Manager en arts marketing, la jeune tessinoise s’est engagée comme bénévole aussitôt ses études terminées, en 2014. Sa mission consiste à offrir un appui scolaire aux enfants du centre de réfugiés de Cadro, dans le district de Lugano. «Je suis contente de pouvoir contribuer à améliorer un peu leur situation par l’étude. Mais les enfants donnent aussi beaucoup et j’aime être avec eux.»
Soirée de jeux, cours sur supports électroniques, aide pour les enfants de réfugiés… Ce ne sont là que quelques exemples d’activités qu’offre la Croix-Rouge Jeunesse. L’organisation junior de la Croix-Rouge suisse (CRS) s’adresse à des bénévoles entre 15 et 30 ans. Par la suite, ils peuvent s’engager davantage dans le cadre de l’institution. Mais la réalité actuelle de la Croix-Rouge correspond-elle encore à l’intention de son fondateur? Car il ne faut pas oublier que cette organisation internationale est née dans la guerre. C’est en effet en découvrant les horreurs de la bataille de Solférino (1859) et du triste sort réservé aux blessés, qu’Henry Dunant a décidé, à son retour à Genève, de fonder ce qui est devenu le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
En 1862, il relate son expérience dans l’ouvrage Un souvenir de Solférino. Il y propose l’adoption d’un traité international en faveur de la protection des victimes de la guerre ainsi que la création de sociétés de secours dans tous les pays. En temps de paix, ces dernières se chargeraient de former des bénévoles aptes à soutenir les services sanitaires en cas de conflit armé. Le recours à des bénévoles jouit donc d’une longue tradition au sein du mouvement de la Croix-Rouge.
Le CICR a été créé le 17 février 1863 à Genève sous le nom de Comité international de secours aux militaires blessés. La CRS n’a été officiellement fondée que trois ans plus tard, le 17 juillet 1866, à l’initiative du Comité international de la Croix-Rouge et sous le patronage du général Guillaume Henri Dufour et du conseiller fédéral Jakob Dubs. L’organisation s’appelait initialement Association de secours aux militaires suisses et à leurs familles. Dans ce cas aussi, l’objectif était de porter assistance à des personnes impliquées directement ou indirectement dans un conflit.

«

S’ils n’ont qu’une chose, ils la partagent avec toi»

Camilla Delpero, bénévole au centre de réfugiés de Cadro (TI)

Collaboration nécessaire

Depuis le début du XXe siècle, des activités civiles se sont ajoutées aux militaires et le thème de la santé de la population a pris de plus en plus d’ampleur au sein de la CRS. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’organisation humanitaire a contribué à faire venir en Suisse des enfants de dix-sept pays européens pour y passer des vacances et se refaire une santé. En 1988, elle a créé la première banque de données mondiale de donneurs de moelle osseuse, l’actuel Registre suisse des donneurs de cellules souches du sang.
Au domaine de la santé s’ajoutent aujourd’hui l’intégration sociale, la recherche et le sauvetage ainsi que l’aide en cas de catastrophe. Au fil des ans, cinq organisations de sauvetage affiliées à la CRS ont vu le jour (voir page 16). Toutes font partie de la Chaîne suisse de sauvetage et sont mobilisables aussi pour des interventions à l’étranger.
En Suisse, la CRS peut compter sur le soutien de quelque 73 000 bénévoles.
«À l’étranger, elle ne fait appel qu’à des professionnels expérimentés, formés pour leurs missions», explique Markus Mader, son directeur.
Pour que l’institution puisse continuer d’exister, elle doit pouvoir «accéder aux personnes nécessiteuses et aux blessés, souligne-t-il. Et cela, tout en renforçant la collaboration avec d’autres organisations». Car seule, la CRS n’est pas en mesure d’atténuer toutes les situations d’urgence dans le monde. «C’est surtout vrai pour les défis dépassant nos frontières tels que la migration, le changement climatique ou le vieillissement de la société», ajoute Markus Mader.
Tous ces engagements, auxquels font écho ceux de jeunes adultes comme Magali, Lars et Camilla, prouvent que l’idéal d’Henry Dunant n’a jamais été trahi.

Henry Dunant (1828-1910) a fondé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

La Croix-Rouge suisse a accompli sa première intervention durant l’hiver 1871. Elle a secouru 85 000 soldats français de l’armée du général Bourbaki en déroute lors de la guerre franco-allemande.

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La Croix-rouge suisse et ses cinq organisations de sauvetage

Source CRS

«Les crises liées au climat augmentent»

Markus Mader, directeur de la Croix-Rouge suisse.

Markus Mader, directeur de la Croix-Rouge suisse.
Markus Mader, directeur de la Croix-Rouge suisse.

Interview La Croix-Rouge suisse (CRS) doit faire face à de nouveaux défis. Le point avec son directeur.

Qu’apporte à la CRS le partenariat avec une entreprise telle que Coop?
La collaboration avec des entreprises de l’économie privée est importante. Coop est un partenaire stratégique qui nous aide chaque année dans le cadre de l’action «2 × Noël» avec des livraisons de produits que nous faisons suivre à des gens dans le besoin en Suisse. Coop a aussi à maintes reprises soutenu, simplement et généreusement avec des dons, l’aide d’urgence de la CRS après des catastrophes survenues à l’étranger.

Quels sont les défis actuels que doit relever la CRS?  
Nous devons développer de nouvelles offres et de nouvelles prestations pour proposer une aide efficace aux gens qui sont dépendants de notre soutien. Par exemple des proches nécessitant des soins, des personnes seules ou souffrant de problèmes multiples ou encore des personnes élevant seules leurs enfants. Quand c’est nécessaire, nous devons aussi pouvoir assurer cette aide sur une longue période.

Comment?
Grâce à nos associations cantonales, à nos organisations de secours, mais aussi et surtout grâce à nos 73 000 bénévoles, nous sommes ancrés dans tout le pays. Ce qui nous permet de sentir immédiatement où de nouveaux besoins se font sentir.

Par exemple…
Aujourd’hui l’aide aux personnes qui fuient des conflits est prioritaire. Nous les soutenons sur place ainsi que sur les routes migratoires. Notre devoir est d’assurer protection et sécurité aux gens qui viennent vers nous. Dans nos projets à l’étranger, nous sommes davantage confrontés aux conséquences de l’urbanisation et des changements climatiques. Sécheresses et inondations sont plus fréquentes et plus intenses. Elles privent des habitants de leurs bases vitales et engendrent des migrations. L’aide sur place doit être renforcée et les perspectives de vie améliorées.

Est-il devenu plus difficile de trouver des bénévoles?
Nous trouvons heureusement toujours des personnes, jeunes ou moins jeunes, prêtes à consacrer un peu de leur temps et de leurs connaissances pour aider au service d’accompagnement de la Croix-Rouge, aux transports ou dans le cadre d’autres offres. C’est plus difficile dans le secteur des premiers secours et du sauvetage car là, nous devons régulièrement perfectionner des bénévoles. Ce qui exige beaucoup de temps et n’est pas toujours compatible avec le monde professionnel. Malgré la crise actuelle des réfugiés, beaucoup de monde nous contacte et s’offre spontanément pour aider et faire preuve de solidarité; ces élans me touchent.

Jour de fête

Les festivités liées aux 150 ans de la Croix-Rouge suisse (CRS) débuteront samedi 2 avril par une grande fête sur la Place fédérale à Berne.
La manifestation durera de 15 h 30 à 20 h 45.
Le directeur de la CRS Markus Mader ouvrira les feux. Le programme comprendra aussi les discours de la présidente de la CRS Annemarie Huber-Hotz et celui du président du Conseil des États Raphaël Comte.
À 18 h, la pièce et le timbre commémoratifs seront présentés.
Le divertissement musical sera assuré par la chanteuse Nubya (17 h 15) et le rappeur Greis (19 h 15).
Il y aura bien sûr aussi de quoi se sustenter: dès 17 h, le service traiteur de Marché Restaurants Suisse SA sera sur place.
À partir d’avril, une exposition itinérante fera escale dans trente localités.
Coop accompagne la CRS en tant que partenaire principal au cours de son année anniversaire.

Depuis ses débuts, la CRS n’a jamais cessé de venir en aide aux personnes dans le besoin.

Numéro anniversaire

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Texte: Noëmi Kern, avec la collaboration de Jean Pinesi et de Carmela Correale-Maccia

Photos: Heiner H. Schmitt, Sandro Mahler, SRK/Roland Blattner, Keystone

Infographie: Niki von Almen

Publication:
lundi 28.03.2016, 14:30 heure



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