Sauvons les abeilles

Fongicides, pesticides, insecticides, virus: les abeilles vont de mal en pis. Et elles ont besoin de notre aide. Urgemment.

Difficile d’imaginer des petits matins sans tartines de miel. Et pourtant: «L’année 2011 est marquée par une hécatombe d’abeilles, signale Pascal Crétard, apiculteur passionné. Elles ont commencé à disparaître en octobre. D’ordinaire, on enregistre une perte de 10%. En 2011, on a atteint en moyenne les 35 à 40% en Romandie.»

Les causes sont multiples, allant du varroa (acarien minuscule mais visible à l’œil nu) qui fait des ravages dans les ruches, aux virus, champignons, bactéries, fongicides, pesticides, insecticides, dont certains perturbent le «GPS» intérieur de la brave Maya, qui ne retrouve plus son nid.

«Un arboriculteur applique quatorze traitements aux arbres durant l’année, c’est autant de poison pour les abeilles, explique Pascal Crétard, président de la Société genevoise d’apiculture. Nous demandons aux agriculteurs de traiter le soir quand les abeilles sont rentrées, ou tôt le matin, afin de limiter les dégâts. Et maintenant, nous devons affronter le frelon asiatique, arrivé par bateau du côté de Nice, qui remonte les zones humides.»

Citoyenne de la Terre depuis 100 millions d’années, l’abeille a peu changé au cours des 70 derniers millions d’années, comme en témoignent des incrustations retrouvées dans l’ambre.

Les fleurs ont besoin de cet insecte pollinisateur, comme les hommes, tous embarqués sur le même bateau de la chaîne alimentaire. Manque d’abeilles signifie transport de pollen ralenti, une grève qui pourrait s’avérer fatale aux cultures, dont 70% dépendent de la pollinisation animale (l’abeille n’est pas la seule à réaliser ce boulot), et «ce serait donc grave». La bonne nouvelle, c’est que tout le monde peut participer au sauvetage de notre Maya chère aux enfants: «Si chaque personne traite son jardin sans insecticide, en favorisant les produits naturels, si les communes créent des plates-bandes de fleurs, développant ainsi une vraie diversité, ce sera déjà une victoire.» Lecteurs, à vos fruits, fleurs et légumes… A vos mauvaises herbes, mais arrachées à la main!

Imaginez un paisible hameau du Plateau. Un jour d’été, une habitante ne trouve plus son alliance. A peine plus tard, sa voisine égare une boucle d’oreille sertie d’une émeraude, sa sœur peste contre la femme de ménage qu’elle accuse de lui piquer les cuillères à café. Et l’on signale le stylo-plume du maire, envolé lui aussi. La population se regarde de travers, s’accuse tacitement, l’atmosphère est lourde comme une journée d’orage. Parmi les plus curieuses disparitions, un gant de cuir fin, le tricot d’une vieille dame au parc, une montre sur une table de jardin, une plaquette de médicaments. Mais que fait la police? Elle se moque de ces broutilles, alors que l’ambiance du village dégénère. C’est la môme de l’instit qui élucide le mystère: elle a vu des oiseaux bleu et noir et bleu et blanc entrer dans la villa d’à côté et en ressortir avec des objets dans le bec. Ni une ni deux, des ornithologues partent à la recherche du trésor. Tout est là, dans le nid des pies, le magot est mieux gardé qu’à la banque du coin!

Bernadette Richard

Journaliste, écrivaine et astrologue

Photo:
Prisma
Publication:
lundi 28.05.2012, 12:00 heure

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