On le dit chipoteur en matière de nourriture et pas très porté sur la reproduction. Même s’il a été popularisé par le WWF, le panda reste un animal très menacé.

Le panda n'est pas fait pour la captivité

Depuis les années 1980, les Penan de Bornéo se battent pour préserver leurs terres, menacées par la déforestation et la culture de palmiers à huile. Mais avec peu de succès, comme l’explique le chasseur penan Pisang.

Matthias Diemer, responsable des projets internationaux du WWF

Matthias Diemer, responsable des projets internationaux du WWF
Matthias Diemer, responsable des projets internationaux du WWF

Le gardien chinois de la réserve de Longxi observe le paysage d’un air maussade depuis des heures. Ce n’est pas que la pluie le dérange; il a l’habitude, car dans la province du Sichuan, au sud-ouest de la Chine, il pleut 300 jours par an, le soleil est rare. Ce qui l’agace, en fait, c’est que les recherches de sa patrouille sont vaines: pas de panda, ni même de traces.
Il faut dire que cet ursidé vit caché, et même les gardiens du parc ont peu de chances de le voir. Soudain, la patrouille s’arrête net, le visage du garde s’éclaire. Il sourit en découvrant des fèces de panda, encore chaudes. Il est rare de voir quelqu’un se réjouir autant pour des crottes.

La joie du ranger va naturellement au-delà de cette trouvaille. Matthias Diemer, responsable des projets internationaux du WWF Suisse, nous explique que la population de pandas en liberté a légèrement augmenté ces dix dernières années. Le panda reste toutefois l’une des espèces animales les plus menacées. Les spécimens en liberté ne sont que 1600 environ.

Les derniers refuges des pandas en liberté sont en Chine centrale, dans les provinces du Sichuan, de Gansu et de Shanxi. Si 57% de la superficie de cette région est sous protection, les zones protégées sont isolées les unes des autres. Elles ne forment pas un bloc compact et sont traversées par des routes. Les pandas n’ont pas besoin d’énormes superficies. Ce sont des animaux solitaires. Chacun occupe un territoire d’environ 6 km2. «Un objectif prioritaire du WWF est donc de mieux mettre ces zones de protection en réseau», précise Matthias Diemer. Un autre but est de réduire la pression humaine sur les régions forestières (voir ci-contre).

Et pourtant, le panda est chanceux. Contrairement au tigre, chassé sans pitié pour finir comme aphrodisiaque dans la pharmacopée chinoise, le panda est protégé par sa réputation de
chasteté. L’époque où il était chassé pour sa belle fourrure est révolue. Mais cet animal timide, qui n’aime pas être dérangé, reste très menacé. Les gens qui vont chercher du bois en forêt ou ramasser des plantes font intrusion dans son territoire. Conséquence: le panda se retire. Dans les régions traversées par des routes, il faut s’en éloigner d’au moins 5 km pour trouver les premières traces.

Le panda, dit-on, est très sélectif en matière d’alimentation et pas très enclin à se reproduire. Une réputation qu’il doit surtout à ses congénères en captivité.
En principe et comme tous les ursidés, le panda est omnivore. Il a cependant une préférence marquée pour le bambou. Et quelques rares autres plantes.

Il mange aussi, en faible quantité, des chenilles et des petits mammifères. Comme son intestin court digère difficilement les fibres, le panda doit beaucoup manger, de 10 à 20 kg de bambou par jour. Ses muscles masticatoires sont donc très développés, d’où sa tête bien ronde. On suppose que les taches noires qui entourent ses yeux sont destinées à effrayer. Car il y a un truc qu’il aime par-dessus tout: qu’on le laisse tranquille.

Dans la nature, cet animal se reproduit très bien et sa population a légèrement augmenté ces dernières années. Ce n’est qu’en captivité que les résultats d’élevage sont décevants; et s’il y en a, ils sont surtout dus à l’insémination artificielle.

Jusqu’ici, les pandas sont parvenus à faire échouer toutes les tentatives d’accouplement en captivité.
Matthias Diemer suppose que ce refus de s’accoupler est dû à des conditions de détention inadaptées: «Ces animaux ont un comportement solitaire très marqué; ils s’évitent et ne se retrouvent que pour l’accouplement. En captivité, ils sont constamment en groupe.»

Des fourneaux pour aider à sauver les pandas

Le principal ennemi du panda est et reste l’homme. La construction de routes et la collecte de bois menacent ses derniers refuges

La recherche du bois de feu perturbe le milieu naturel des pandas.

Les dernières régions où vivent des pandas sont aussi habitées par des êtres humains, qui ont besoin de bois de feu. En allant le chercher, ils font pression sur ce milieu naturel. C’est pourquoi le WWF a lancé un projet dans les territoires protégés de Chine méridionale. De nouveaux fourneaux consommant moitié moins de bois remplaceront les anciens. Ces fourneaux très efficaces améliorent en outre la qualité de l’air dans les maisons. Un tel fourneau coûte 220 francs.

On prévoit d’en distribuer 1600 à la population locale l’année prochaine, nous explique Bella Roscher, du WWF Suisse. L’argent provient de paiements de compensation des émissions de CO2 versés volontairement par certaines sociétés responsables de ces rejets, dont Coop fait partie. Ces 1600 fourneaux permettront d’éviter l’émission de 16 000 tonnes de CO2 par année. Le projet répond ainsi à la norme Gold Standard, la plus haute norme de qualité du WWF.
Pour rappel, 16 000 tonnes de CO2 correspondent aux rejets annuels de 1300 ménages suisses.

Réduction du CO2: Coop veut la transparence

Les transports aériens provoquent des émissions de CO2 considérables. Coop s’attaque précisément à ce point et s’efforce d’éviter, ou tout au moins de réduire et de compenser les émissions de CO2 issues des transports aériens. Aujourd’hui déjà, les marchandises sont transportées par bateau ou sur terre ferme dans la mesure du possible. Lorsqu’un transport aérien est inévitable, Coop compense les rejets de CO2 occasionnés par le vol. Cela concerne notamment les fruits et légumes exotiques suivants: ananas baby, bananes baby, mangues Fine Food, figues fraîches, granadillas, caramboles, papayes, fruits de la passion, fraises, tous les minilégumes, chanterelles, physalis Max Havelaar et autres. Tous les rejets de CO2 causés sont compensés et les produits correspondants sont signalés par le label «by air».

Didier Nieto

Rédacteur

Publication:
lundi 05.12.2011, 14:03 heure