Il existe en Suisse quelque huitante exploitations de biogaz.

Biogaz: toute la force du lisier

Le paysan ne fait pas que produire des denrées alimentaires. Aujourd’hui, il propose des vacances, entretient les paysages et produit de l’électricité.

Le fumier est l’un des moyens d’alimenter la station de biogaz.

Le fumier est l’un des moyens d’alimenter la station de biogaz.
Le fumier est l’un des moyens d’alimenter la station de biogaz.

L'un possède un élevage en plein air de 2200 poules pondeuses, l’autre un élevage de porcs Coop Naturaplan avec 800 places d’engraissement. Manfred Näf et Alois Amsler sont des paysans tout à fait normaux. Ils élèvent aussi des vaches pour la production de Natura Beef. Mais voilà, les poules, les cochons, les vaches et leurs veaux produisent du fumier et du lisier. Nos deux éleveurs sont ingénieux: ils vendent ce sous-produit agricole sous forme de courant électrique. Avec l’aide du Fonds Coop pour le développement durable, ils ont en effet investi 1,4 million de francs dans une installation de biogaz. Elle est alimentée en lisier, en fumier et en déchets de céréales et de légumes, appelés substrats. Avec près de 6000 tonnes de déchets, l’installation produit chaque année 850 000 kilowattheures (kWh), soit la consommation de 180 foyers.

A la base de ce projet, il n’y a pas seulement l’ingéniosité de deux paysans. «L’idée m’a séduit», avoue Manfred Näf. Elle est tout bonnement fascinante. Il suffit de laisser fermenter du lisier et des déchets de production agricole pour obtenir du biogaz. Il permettra de faire tourner un moteur, qui entraînera une génératrice qui, à son tour, produira du courant. De plus, la chaleur émise par le moteur est utilisée pour porter la masse en fermentation à 42° C, température nécessaire pour optimiser le processus de fermentation. La fermentation du lisier a aussi l’avantage d’améliorer le fertilisant. En y ajoutant des sub-strats, on l’enrichit encore en éléments nutritifs. Une réussite économique sur toute la ligne? «En principe oui, nous dit Manfred Näf. Je m’étais imaginé que ce serait moins compliqué.» En fait, l’installation, très sophistiquée, est réglementée par de nombreux textes et a dû être avalisée par toute une série d’organismes officiels.

«Il faut beaucoup de savoir-faire. Ça n’a plus grand chose à voir avec l’agriculture», déclare Alois Amsler, qui exploite et entretient l’installation. Chaque jour, il se rend sur place pour effectuer un contrôle et, depuis chez lui, jette un coup d’œil trois à quatre fois par jour sur l’ordinateur pour contrôler toutes les données. «Notre moteur doit toujours tourner à plein régime», explique-t-il. Il doit veiller à ce que la biologie dans le digesteur soit comme il faut et qu’il y ait toujours assez de carburant, c’est-à-dire de gaz. La sévérité des critères et des directives renchérit le coût de l’installation. Cela augmente le prix de ce type de courant. Les deux agriculteurs produisant du courant écologique, ils peuvent le vendre à 40 centimes par kWh et ainsi rentabiliser leur installation. Aujourd’hui, les consommateurs qui veulent de l’éco-courant sont prêts à payer ce surcoût.

A l’heure actuelle, il existe en Suisse quelque huitante installations de biogaz exploitées par des agriculteurs. Coop en a partiellement financé onze, qui sont implantées chez des producteurs labellisés Coop Naturafarm ou bio. Ces onze installations produisent à elles seules 6,4 millions de kWh, qui couvrent les besoins de presque 2000 foyers. En même temps, elles permettent le recyclage judicieux de déchets organiques issus de la production de denrées alimentaires. Manfred Näf et Alois Amsler ont déjà un nouveau projet en tête. En récupérant le méthane contenu dans le lisier, ils font une bonne action, ce gaz étant un gaz à effet de serre 25 fois plus néfaste que le CO2. «Etant donné que nous réduisons les émissions de gaz à effet de serre, nous pourrions donc vendre des certificats de CO2», se disent-ils. Pour l’instant, ils n’en sont qu’au stade de la réflexion.

Cuisson au feu de bois et électricité solaire

Installation des panneaux photovoltaïques à Gossau.

Installation des panneaux photovoltaïques à Gossau.
Installation des panneaux photovoltaïques à Gossau.

Coop encourage les énergies renouvelables. La boulangerie industrielle de Gossau (SG) chauffe ses fours avec du bois et produit de l’électricité solaire.

Coop continue de travailler à son objectif ambitieux qui est d’arriver à un résultat neutre en CO2 d’ici à 2023 dans tous les domaines directement influençables. Une étape importante a été franchie récemment à Gossau (SG).

Pour la première fois, Coop a recours à des fours à bois dans une boulangerie industrielle. Trente mètres cube de bois déchiqueté de la région y sont brûlés chaque jour. La réduction des émissions de CO2 est impressionnante. L’installation de chauffage au bois déchiqueté permet de réduire ces émissions de près de 70%!

De plus, Coop a mis en service la plus vaste installation photovoltaïque de Suisse orientale, soit 4500 m², sur la toiture de la centrale de distribution de Gossau. Coop a ainsi installé 15 000 m² de panneaux photovoltaïques en tout, soit l’équivalent de septante terrains de tennis, sur les toits de son parc immobilier. Les installations photovoltaïques produisent 1,9 million de kWh en courant solaire par année, soit la consommation d’environ 575 foyers.


Réduction de CO2

Aidez Coop à aller de l’avant!

Coop s’engage en faveur du climat et veut atteindre la neutralité carbone d’ici fin 2023. Elle établit ainsi de nouvelles références en matière de politique climatique. Concrètement: d’ici 2023, Coop réduira de plus de 50% ses émissions de CO2 et compensera le reste. De plus, Coop compte réduire sa consommation d’énergie de près de 20%. Enfin, à l’avenir, l’intégralité du courant électrique proviendra de sources renouvelables. Pour savoir comment vous pouvez contribuer vous aussi à la lutte contre le réchauffement climatique, cliquez sur:

www.coop.ch/durabilite
www.suisseenergie.ch
Thomas Compagno

Rédacteur

Publication:
lundi 02.01.2012, 14:37 heure