L’ombre, un poisson bien élevé

Alevins L’eau tempérée qui sort du tunnel de base du Lötschberg fait le bonheur de la Maison tropicale de Frutigen (BE). Notamment pour la pisciculture commerciale d’ombres.

L’élevage d’esturgeons et la production de caviar suisse dans le Kandertal (Oberland bernois) ne sont plus une nouveauté. Mais la pisciculture dirigée par le Dr Paul-Daniel Sindilariu (37 ans) propose d’autres délices culinaires, comme l’ombre, un poisson très apprécié des Suisses. Il s’agit de la première pisciculture commerciale d’ombres en Suisse. «Chez nous, ce type d’élevage ne sert la plupart du temps qu’au repeuplement des cours d’eau naturels et non à des fins commerciales», précise l’éleveur.

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Ces dernières années, sa survie dans son milieu naturel devenait toujours plus difficile. Les cours d’eau d’une certaine importance de la région des Préalpes et du Plateau, qui constituent son biotope préféré, sont trop pollués par les déchets chimiques et trop chauds durant l’été. L’eau qui sort du tunnel de base du Lötschberg est à environ 18ºC, une température idéale pour ce poisson très sensible et difficile à obtenir.

Élevage exigeant

La pisciculture de la Maison tropicale de Frutigen élève déjà sa deuxième population d’ombres. Il s’agit de l’ombre arctique. «Nous avons essayé de trouver des ombres indigènes, mais sans succès», regrette le pisciculteur.
L’offre plus importante d’om-bres arctiques s’explique par le fait qu’il existe plusieurs piscicultures spécialisées. La Maison tropicale de Frutigen se fournit en alevins chez un éleveur autrichien de la région du Vorarlberg. Ce dernier achète les œufs fécondés en Finlande. «Nous ignorons si l’ombre arctique a des avantages sur son cousin indigène en matière d’élevage et inversement, reconnaît Paul-Daniel Sindilariu. Les données expérimentales manquent.»
Les ombres arrivent à Frutigen au stade d’alevin et pèsent entre 1 et 5 g. En une année et demie environ, leur poids est multiplié par cent. À partir de quelque 300 g, ils sont prêts pour la transformation. «C’est amusant de les voir manger et évoluer; on les voit pour ainsi dire grandir», confie Paul-Daniel Sindilariu. Mais ces poissons demandent aussi beaucoup d’attention. Les ombres sont particulièrement sensibles aux maladies, comme la furonculose. Cette infection typique chez les salmonidés rend leur élevage délicat.
À Frutigen, les ombres peup-lent actuellement six bassins de 7 m3 chacun. Ils représentent exactement 1% de la totalité des poissons de la Maison tropicale. Les bassins sont alimentés par un système de circulation d’eau, qui permet de la réutiliser plusieurs fois en la purifiant entre deux. En ce moment, les ombres pèsent environ 200 g. Ils seront prêts pour la transformation en début d’année prochaine et figureront alors au menu du restaurant de la Maison tropicale.
Malheureusement, il n’y aura pas de nouveaux alevins d’ombre en novembre prochain. «Notre fournisseur n’a pas pu en produire cette année.» Comme il n’a pas été possible d’en trouver ailleurs, Paul-Daniel Sindilariu et son équipe devront donc attendre fin 2016 pour en obtenir.

En une année et demie, l’ombre multiplie son poids par cent

Source Maison tropicale de Frutigen

Des actes pour le bien-être de tous

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Noëmi Kern
Photo:
Michel Roggo, SP
Publication:
lundi 26.10.2015, 14:20 heure

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