Malgré un contexte économique exigeant, le chef de Coop, Joos Sutter, regarde l’année à venir avec confiance.

Coop parée pour l’avenir

Bilan Innovations, grands projets finalisés ou en cours et nouveaux produits, le chef de Coop, Joos Sutter, tire un bilan positif de l’année écoulée et voit l’avenir avec confiance.

Joos Sutter (52 ans)
Joos Sutter est chef de Coop depuis 2011. Après des études en sciences économiques à l’Université de Saint-Gall complétées par une formation postgrade d’expert-comptable, il intègre le groupe Coop en 1996. Il prend la tête d’Interdiscount en 2005 et intègre la Direction générale du groupe Coop en 2010, comme responsable de la Direction Trading. Originaire des Grisons, Joos Sutter est marié et père de trois enfants.

Interview

Joos Sutter, il se dit que vous conduisez une voiture roulant à l’hydrogène, c’est vrai?
Non, mais j’en ai testé une. C’était la première fois que je conduisais une voiture électrique. La technologie sous le capot est fascinante et la voiture parfaite à conduire, sans aucun bruit de moteur.

Coop a récemment fait l’acquisition d’un camion fonctionnant à l’hydrogène. Avez-vous pu faire un tour à bord?
Je sais conduire un camion, mais je me suis contenté de monter dans la cabine. C’était passionnant de pouvoir découvrir cette nouvelle technologie d’aussi près. Je suis très content que nous assumions ici un rôle de pionnier.

Vous y voyez une forme de mobilité du futur?
Il y aura différentes formes de mobilité. La mobilité publique, le train en particulier, jouera un rôle très important. Mais il y aura beaucoup de mobilité électrique en général. Le partage de véhicule va gagner en importance, ainsi que ceux à conduite automatisée. Dans tous les cas, le transport favorable à l’environnement va devenir toujours plus important.

Comment jugez-vous le développement de l’hydrogène comme forme d’énergie?
Le plus important pour le moment est que d’autres participent à ce mouvement. On ne pourra jamais faire avancer une technologie tout seul. Nous avons donné l’impulsion initiale. Il importe maintenant que d’autres grandes entreprises acquièrent aussi de tels véhicules. Le camion que nous avons acheté n’est pas un produit de série, il a été construit expressément pour cette technologie.
Il y a donc encore un pas jusqu’à une production en série. Certains constructeurs automobiles comme Hyundai l’ont déjà franchi. 

Le transport des marchandises par le rail reste donc important pour Coop?
Oui, pour nous, le rail jouera toujours un grand rôle. Il est écologique et a d’énormes avantages. Notre nouvelle centrale de distribution à Schafisheim (AG) va nous permettre d’augmenter encore nos capacités sur le rail. Pour le dernier kilomètre, on a en revanche toujours besoin de camions. C’est ici qu’il s’agit de miser sur les camions à hydrogène.

De plus en plus de gens commandent des marchandises en ligne et vont les chercher en magasin. Est-ce que tout cela s’inscrit dans le flux normal de la livraison des marchandises?
La logistique jouera un rôle toujours plus grand. Le client décidera, en fonction du déroulement de sa journée, où et quand il veut aller chercher la marchandise commandée. Il est donc très important d’avoir une logistique souple. Avec nos quelque 2000 filiales, nous sommes très compétitifs. Il y a de grandes chances pour qu’un point de vente soit sur le chemin du client.
Le défi est maintenant de livrer dans les meilleurs délais les lieux choisis par le client.

À propos de défi, où en est-on avec Cargo sous terrain, ce projet consistant à transporter sur le Plateau la marchandise en sous-sol?
Cargo sous terrain est un projet passionnant et visionnaire. Et nous sommes partenaires depuis le début. Ce qu’il y a de génial dans ce concept, ce n’est pas seulement le fait que le transport soit sous terre, mais surtout le fait que ce soit un transport, certes plus lent, mais permanent. Les enjeux technique, sécuritaire et économique sont donc moins grands qu’avec un projet de transport high-tech et rapide en surface.

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit en repensant à l’année écoulée?
Nous avons été très compétitifs et gagné des parts de marché. Nous avons aussi eu plus de clients en magasins que l’an dernier et nous avons pu faire beaucoup de bonnes acquisitions. Je pense notamment à Transgourmet Autriche, où nous sommes maintenant leader de la livraison en gros, mais aussi chez Bell avec la reprise de Huber, spécialiste de la volaille et Eisberg, actif dans la salade. Enfin, avec le rachat du groupe Aperto, nous renforçons notre position et notre offre en produits convenience.

L’un de vos temps forts aura certainement été l’inauguration de la nouvelle centrale de distribution à Schafisheim?
Oui, une centrale synonyme de beaucoup d’efforts. C’est une étape très importante dans notre stratégie logistique. Les prochaines étapes seront Pratteln (BL) et Aclens, dans le canton de Vaud.

Récemment ont été inaugurés à Zumikon (ZH) et à Altstätten (SG) les deux premiers magasins selon le nouveau concept de Coop. À quel point vous êtes-vous impliqué?
C’est un projet qui me tient très à cœur puisqu’il est question ici du rapport quotidien qu’ont les clients avec Coop. Le groupe de travail a développé ses idées et nous nous sommes aussi inspirés de ce qui se fait à l’étranger. Les clients ont également été étroitement impliqués dans l’élaboration du concept. Il en a résulté un processus très dynamique avec d’intenses discussions. Et surtout, le plus important, un fantastique nouveau concept de magasin.

Y a-t-il eu d’autres temps forts en 2016?
Le taux record de réussite de nos apprentis lors des examens finaux, 99%, m’a fait très plaisir. Plus de 1000 jeunes ont achevé leur formation chez Coop.
Un autre point fort a été les nouveaux concepts de restauration que nous avons développés avec Marché et Betty Bossi: Zopf & Zöpfli (tresses) en gare de Berne ainsi que Marché Express à Zurich et à Oerlikon. Nous avons en outre continué de développer l’offre des Coop to go.

Y en aura-t-il bientôt en Suisse romande?
Oui, nous travaillons sur des emplacements dont l’un devrait se concrétiser fin 2017, début 2018 au plus tard.
Pour la Suisse romande, un investissement majeur cette année aura notamment été l’extension en hypermarché du complexe de Bulle Le Câro.

Joos Sutter avec la conseillère fédérale Doris Leuthard à l’ouverture de la centrale de distribution de Schafisheim (AG).

Comment marche Siroop, la nouvelle plateforme de vente en ligne de Coop et de Swisscom?
Les ventes de Noël ont très bien marché. Nous avons également eu dès le début de nombreuses demandes de petites et moyennes entreprises qui souhaitaient être présentes sur la plateforme.
Actuellement, nous comptons plus de 300 fournisseurs et plus de 450 000 produits sur le site. Et nous continuons d’étoffer l’offre.

Cette année quelques e-shops ont été réaménagés et Coop est très active avec Mondovino et Coop@home. Ne craignez-vous pas de concurrencer ainsi le commerce traditionnel?
Non, car nous voyons dans la combinaison de l’offre en ligne et stationnaire une chance énorme. Les supermarchés et Coop@home sont un bon exemple, idem avec Interdiscount et le shop en ligne, ils forment un tout.
À l’avenir, il n’y aura plus de magasins qui ne disposeront pas aussi, parallèlement, d’un shop en ligne. Car les consommateurs veulent s’informer, savoir s’il vaut la peine de se déplacer et si l’article est encore disponible. Nous disposons aujourd’hui de 24 shops en ligne, qui fonctionnent généralement en tandem avec les points de vente ou de livraison.

C’est bientôt Nouvel An. Vous avez un souhait pour 2017?
J’aimerais avoir davantage de temps pour la famille et les amis.

Et en ce qui concerne Coop?
Je souhaiterais que nos clients soient contents de notre offre et que nous parvenions à maintenir notre force d’in­novation à un niveau élevé. J’espère en outre pouvoir toujours compter sur des collaborateurs aussi bons et motivés qu’actuellement.

Quelles tendances seront importantes pour Coop l’année prochaine?
Dans les supermarchés, le service est un thème fondamental. Il n’existe pas d’autre fournisseur en Suisse qui dispose d’autant de boucheries avec service à la clientèle que dans les supermarchés Coop. Je crois également que l’artisanat jouera de nouveau un rôle important. Et les exigences en matière de fraîcheur et de qualité sont aujourd’hui nettement plus élevées qu’il y a quelques années.
De nos jours, les clients ne se contentent plus d’un sandwich, ils veulent – même s’ils sont pressés – un sandwich préparé à la minute, avec des ingrédients de grande qualité. Nous développons constamment notre offre dans ce sens. Le lien entre les points de vente et le commerce en ligne offre aussi des possibilités nouvelles. Nous investissons également beaucoup dans la formation des collaborateurs.

Coop a beaucoup investi dans les produits végétariens et végétaliens.
Oui, nous avons désormais la marque Veganz dans notre assortiment et élargi considérablement notre offre de marque propre Karma. Nous consolidons ainsi notre position de leader dans la nourriture végétarienne et végétalienne.

Au printemps 2017, certains insectes seront autorisés à être vendus comme aliments. Qu’en pensez-vous?
Les insectes sont aujourd’hui encore un marché de niche. Mais il offre de nouvelles possibilités d’innovations. Nous avons travaillé en étroite colla­boration avec une start-up suisse. Nous serons les premiers à proposer des produits à base d’insectes dans nos supermarchés.

Vous en avez déjà goûté?
Oui, mais je ne vais pas renoncer à mon salami Bell artisanale pour autant!

Les prix restent une préoccupation majeure. En 2015, Coop a adhéré à la coopérative internationale d’achats Alidis. Peut-on déjà constater un effet?
Oui, cela a incontestablement apporté des améliorations. Chaque franc que nous économisons lors des achats est directement répercuté sur le prix de vente, au bénéfice de notre clientèle. Nous avons pu ainsi réaliser de nombreuses réductions de prix cette année.

Êtes-vous satisfait des chiffres de cette année?
En tant que groupe, nous enregistrerons une belle croissance en 2016, notamment grâce aux acquisitions. Nous avons gagné des parts de marché avec les supermarchés et les enseignes spécialisées. Les ventes de produits bio ont à nouveau augmenté significativement, ce qui me réjouit particulièrement.

Dans un point de vente test pour le nouveau concept de magasin.

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Jean Pinesi

Rédacteur

texte:
Nicole Hättenschwiler, Thierry Délèze, Daniele Pini
Photo:
Heiner H. Schmitt
Publication:
lundi 26.12.2016, 13:45 heure



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