La conseillère fédérale Doris Leuthard voit encore des progrès possibles dans le domaine de l’efficacité énergétique.

Stratégie énergétique 2050

Votation Le 21 mai, la loi sur l’énergie sera soumise au peuple. La conseillère fédérale Doris Leuthard explique ce que le projet signifie pour nous tous.

Les énergies fossiles, telles que le pétrole, ne seront plus disponibles pour très longtemps. Quelles sont les alternatives permettant de couvrir les besoins énergétiques à l’avenir? Le Conseil fédéral entend relever le défi grâce à sa stratégie énergétique 2050.

La loi sur l’énergie vise à baisser la consommation énergétique. Devrons-nous nous serrer la ceinture?
Non, nous pouvons diminuer la consommation énergétique sans perte de confort. Avec la loi sur l’énergie, nous nous engageons dans une com­binaison éprouvée d’incitations financières et de progrès techniques: depuis 2000, la consommation énergétique a diminué de 14,5% par habitant. Et ce, en dépit de la croissance économique et démographique.

Dans quels domaines voyez-vous des progrès possibles?
Il existe encore un gros potentiel d’économies dans les anciennes constructions. Raison pour laquelle nous voulons poursuivre le programme Bâtiments, censé s’arrêter en 2019. Pour les entreprises, il y a des incitations financières permettant de remplacer des installations inefficaces, la loi sur l’énergie mettant davantage d’argent à disposition pour cela.

Jusqu’ici, les énergies renouvelables, à l’exception de l’énergie hydraulique, n’ont pas joué un grand rôle. Qu’est-ce qui doit changer?
Pour nous, l’énergie hydraulique est un atout majeur. D’autres énergies renouvelables, telles que le soleil, le bois, la biomasse, le vent et la géothermie, contribuent également à cet approvisionnement, quand bien même à un faible niveau. Toutefois, elles rattrapent leur retard: la liste d’attente compte plus de 40  000 projets. Des énergies renouvelables indigènes, cela signifie aussi des investissements et des places de travail ainsi que moins de dépendance vis-à-vis de l’étranger. À l’heure actuelle, nous devons encore couvrir les 75% de nos besoins énergétiques par des importations.

Où voyez-vous les meilleures opportunités en matière d’énergies renouvelables?
D’une part, l’industrie du bâtiment profite des assainissements énergétiques et, d’autre part, des systèmes intelligents de stockage et de pilotage – souvent développés par des entreprises suisses – sont utilisés dans de nouveaux bâtiments. Chez nous, le secteur des technologies propres s’est développé plus fortement au cours de ces dernières années que l’économie en général.

En Allemagne, on voit un peu partout des éoliennes. Cette forêt d’acier menace-t-elle aussi notre paysage?
Non car toutes les régions ne s’y prêtent pas et l’acceptation de la population est indispensable.

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La Suisse ne doit pas s’endormir sur ses lauriers»

Votre véhicule de service est une Tesla avec moteur électrique. Devrons-nous importer plus d’électricité si davantage de véhicules de ce type circulent sur nos routes?
Non, parce que selon les pronostics, environ 40% de toutes les voitures circuleront avec un moteur électrique en 2050. Elles utiliseront 4 à 5 térawatt­heures de courant, soit 6 à 8% de la consommation électrique globale actuelle. Le besoin supplémentaire pourra être couvert par des solutions de stockage, d’économies dans d’autres domaines, d’une plus grande efficacité et de production supplémentaire de courant provenant d’énergies renouvelables. Il vaut en outre aujourd’hui déjà la peine de faire le plein de sa voiture électrique avec du courant provenant de son propre toit.

L’électricité et d’autres énergies vont-elles renchérir pour les ménages privés?
Non. Les scénarios catastrophe des opposants sont infondés. Le fait est qu’avec la loi sur l’énergie, le prix pour le renforcement des énergies passera de 1,5 à 2,3 centimes par kilowattheure. Pour une famille de quatre personnes, cela représentera 40 francs en moyenne de plus à payer par an. Cela dit, le montant de la facture électrique peut aussi être influencé à la baisse par des économies et l’efficience. De plus, l’incitation est limitée dans le temps mais n’échoira que dans quelques années. C’est un vrai progrès par rapport à la réglementation actuelle!

Quelle est l’importance des mesures volontaires pour l’économie?
Elles sont très importantes! Le volontariat repose sur la conviction que les mesures valent la peine d’être prises: la facture d’électricité diminue et il faut payer moins pour le carburant ou le chauffage de locaux. Avec sa Vision CO2, Coop est sur le bon chemin. De tels exemples montrent que nous pouvons ménager notre environnement et assurer notre approvisionnement énergétique. Sûr, propre, suisse: c’est sur cela que repose notre politique énergétique.

Notre loi sur l’énergie n’est-elle pas qu’une goutte d’eau dans l’océan compte tenu de la consommation énergétique aux États-Unis ou en Chine?
Lors de la signature de l’accord sur le climat à Paris, plus de 190 États se sont engagés à diminuer leur consommation en énergies fossiles et ainsi à réduire les émissions de CO2. La Suisse a beaucoup fait mais ne doit pas s’endormir sur ses lauriers. Les États-Unis ne sont actuellement, hélas, pas un exemple à suivre mais la Chine est en train de prendre de nombreuses mesures. L’intégration de pays comme la Chine dans le régime climatique international est un succès.

Cette interview a été réalisée par écrit.

Précurseur Coop a décidé en 2008 déjà de s’engager sur la voie d’un avenir énergétique climatiquement neutre. Depuis lors, des mesures sont prises pas à pas pour concrétiser la Vision CO₂ du détaillant.

Coop poursuit un objectif précis

Il y a neuf ans, Coop s’est fixé pour objectif d’être neutre en CO2 d’ici à 2023. Par la réduction de la consommation énergétique et l’utilisation de sources renouvelables, les émissions de CO2 ont pu être réduites de près de 27% jusqu’à l’année dernière.

Transports plus économes

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Dans la mesure du possible, Coop utilise le chemin de fer pour le transport de marchandises: par le biais du Trafic combiné non accompagné (TCNA), la filiale de Coop, Railcare, livre depuis 2013 les 42 supermarchés Coop de Genève à partir des centrales de distribution d’Aclens (VD) et de Wangen près d’Olten (SO). Grâce au transfert de la route au rail, Coop a économisé l’an passé plus de 9,7 millions de kilomètres en camion et réduit de 8400 tonnes les émissions de CO2. De plus, l’enseigne utilise plusieurs camions dotés de systèmes de propulsion alternatifs tels qu’hydrogène et piles à combustible, électriques ou biodiesel.

LED et énergie solaire

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L’éclairage absorbe un quart de la consommation électrique des supermarchés. C’est pourquoi, dans tous les bâtiments neufs ou rénovés, Coop n’utilise plus que la technique LED, ce qui divise par deux la consommation électrique dans le domaine de l’éclairage.
Autre première: depuis 2016, le supermarché Coop de Wein­felden (TG) est approvisionné en courant solaire obtenu par des capteurs placés sur le toit du bâtiment. Ce qui couvre un tiers du courant nécessaire au magasin. Cinq autres installations ont déjà été aménagées en Suisse et d’autres sont prévues en 2017. Coop s’approvisionne en énergie solaire via plus de 25 toits, produisant ainsi quelque 6,1 millions de kilowattheures par an; ceci équivalant à la consommation d’environ 2000 ménages suisses par an.

La contribution du CO₂

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Il faut beaucoup d’énergie pour réfrigérer des produits. C’est pourquoi Coop n’utilise plus que le CO2 comme moyen de réfri­gération pour ses installations fixes. Et cela depuis 2010 dans tous les bâtiments neufs ou rénovés, soit au total 400 jusqu’à l’année dernière. De plus, les rayons réfrigérés ont tous été dotés de portes, ce qui permet de diminuer la consommation électrique de 25%.

Stratégie primée

Jusqu’en 2023, l’émission absolue annuelle de CO2 chez Coop ne devrait plus être que la moitié de celle de 2008. Au-delà de cette date, les émissions restantes seront compensées par le financement de projets de grande valeur. L’année dernière, l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) a récompensé du prix spécial «Watt d’Or» la Vision Coop et son application. Jusqu’en 2023, l’émission absolue annuelle de CO2 chez Coop ne devrait plus être que la moitié de celle de 2008. Au-delà de cette date, les émissions restantes seront compensées par le financement de projets de grande valeur. L’année dernière, l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) a récompensé du prix spécial «Watt d’Or» la Vision Coop et son application.

Plus d’infos concernant l’engagement de Coop

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Martin Winkel
Photo:
Philipp Zinniker, Heiner H. Schmitt, Remo Nägeli, DR
Publication:
lundi 24.04.2017, 12:45 heure



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