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Lauriane Gilliéron, de passage en Suisse où elle joue dans «Quartier des banques», un thriller à voir sur la RTS en fin d’année.





«Il faut prendre des risques dans la vie»

Lauriane Gilliéron Pour aller jusqu’au bout de ses rêves, elle est partie à Los Angeles. De passage en Suisse où elle tourne une série, elle se confie.

Devenue Miss Suisse en 2005, arrivée troisième à Miss Univers l’année suivante, la Vaudoise avait décidé de se lancer dans un projet un peu fou: s’installer à Los Angeles pour devenir actrice. Elle avait alors décroché des petits rôles dans des séries et des films américains. La voici actuellement en tournage à Genève pour un thriller de la RTS intitulé «Quartier des banques», qui sera diffusé à la fin de l’année.

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Comment se passe votre rêve hollywoodien, commencé il y a neuf ans et demi?
Il y a des hauts et des bas, comme dans tout. Je ne me dore pas la pilule sur les plages toute la journée. J’ai des castings trois ou quatre fois par semaine, pour le cinéma, la télévision, des publicités ou des photos. Ce que je fais est difficile, la compétition est très forte, plus que dans la plupart des métiers, souvent je ne suis pas choisie et la déception est dure à gérer. Mais il y a quand même cette idée qu’aux États-Unis tout est possible. J’ai parcouru un petit bout de chemin, je suis contente. Cela fait cinq ans que je gagne bien ma vie, beaucoup plus grâce à des pubs qu’à des rôles. Seulement 5% des acteurs à Los Angeles vivent de leur métier et j’en fais partie.

Votre objectif, c’est quand même d’être une star?
Ce n’est pas pour ça que je suis allée là-bas, mais pour faire du cinéma, parce que c’est aux États-Unis que tout se passe. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas l’adulation ni la popularité qu’ont les stars, mais les rôles qui leur sont offerts. Ceux de Marion Cotillard ou de Nicole Kidman me font rêver, car ils sont forts, ils permettent de vivre à d’autres époques et de travailler avec des gens incroyablement talentueux. Ce n’est pas l’argent que je recherche, sinon je ne me serais pas expatriée et j’aurais essayé de vivre confortablement après mon année de Miss Suisse.

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Seulement 5% des acteurs à Los Angeles vivent de leur métier, j’en fais partie»

Les soirées, les rencontres avec des vedettes, cet aspect glamour fait-il partie de votre vie californienne? Bonus web
Au début, je suis allée à pas mal de fêtes, ça fait rêver et on a envie de voir ce que c’est. Aujourd’hui, j’aime le faire quand des gens que j’admire y participent, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus, car c’est très superficiel. Et il y a peu de chance d’être engagée par quelqu’un que l’on rencontre dans une soirée. Pour décrocher des rôles, il faut compter sur le travail, les cours de perfectionnement et les castings.

Vous devez avoir de la force de caractère et une grande volonté pour vous être lancé ce défi? Bonus web
Oui, je les ai depuis toujours, même si je doute beaucoup et que j’ai peu confiance en moi. J’ai dû faire des efforts pour positiver, pour me dire que j’allais réussir. Ce que j’ai entrepris est difficile, pas traditionnel, je n’ai pas la garantie d’arriver à réaliser mes rêves, et j’ai toujours cette petite voix en moi qui me dit que j’aurais peut-être dû choisir une profession plus sûre. Mais, d’un autre côté, je sais que j’ai eu raison de partir à Los Angeles, car jouer, c’est ce que j’aime, ça m’apporte tellement. Il faut prendre des risques dans la vie. Quand on a une passion, il faut y aller à fond. Je n’aurais pas voulu regretter de ne pas avoir essayé.

Si vous n’aviez pas été Miss Suisse, auriez-vous tenté cette aventure? Bonus web
Franchement, je ne sais pas. J’ai toujours rêvé secrètement de ça, mais peut-être que j’aurais continué mes études de droit et que je serais avocate aujourd’hui, ou alors j’aurais bifurqué vers tout autre chose. Ce titre m’a permis de gagner de l’argent que j’ai utilisé pour vivre aux États-Unis pendant trois ans sans travailler, et j’ai eu ma Green Card grâce à ma 3e place à Miss Univers. Ce concours se tenait à Los Angeles, en découvrant cette ville, je me suis dis il qu’il fallait que j’y tente ma chance.

Comment voyez-vous la Suisse depuis les États-Unis?
En vivant dans un pays, on n’en perçoit plus la beauté. Depuis que je me suis installée à Los Angeles, j’aime la Suisse beaucoup plus qu’avant. Elle me manque, surtout ses paysages, sa nature, ses saisons et la pureté de son air. Je la redécouvre. Quand j’y reviens, je suis comme une touriste, je prends des photos. La qualité de vie me manque aussi. Et ma famille plus que tout!

Vous êtes de retour pour tourner la série «Quartier des banques». Parlez-nous de votre personnage.
J’interprète l’épouse d’un banquier joué par Vincent Kucholl. Elle doit faire face, en tant que femme et mère, à un drame qui la fait passer par beaucoup d’émotions, car le scénario est riche en rebondissements. Je trouvais très intéressant qu’une tragédie dans une famille puisse provoquer tout ça et j’aime jouer des situations que je n’ai jamais vécues. Tous les rôles féminins, dont celui de Laura Sepul, l’actrice principale, sont très forts, ce qui n’est malheureusement pas souvent le cas à la télévision et au cinéma. L’histoire a pour cadre les problèmes entre le fisc américain et les banques suisses en 2012. Ils m’ont concernée: à cette époque mes comptes ont été fermés parce que je vivais aux États-Unis et que j’avais une Green Card.

C’est la première fois que vous jouez dans un film ici, en Suisse romande…
J’espère que c’est le début de beaucoup de tournages! En Suisse, il y a davantage de productions théâtrales. Ce n’est pas la voie que j’ai choisie, même si un bon projet m’intéresserait. Les réalisations helvétiques pour la télé et le cinéma sont peu nombreuses, mais souvent très intéressantes et créatives. Je ne reçois pas beaucoup de propositions, peut-être que les professionnels ne savent pas que cela me plairait de revenir dans mon pays pour tourner. J’aimerais jouer n’importe où, pas forcément à Los Angeles, aussi en France, en Italie ou en Angleterre.

Quand vous ne tournez pas et ne passez pas des castings, quels sont vos loisirs?
Je fais du sport quatre ou cinq fois par semaine: de la marche dans les collines, du yoga, du cardio. Je regarde des films. Je dessine aussi, je le fais depuis que je suis toute petite, surtout des animaux. Je suis assez casanière, je n’ai pas besoin de sortir en boîte de nuit, par exemple, pour me sentir en vie.

Nous nous rencontrons dans un restaurant végétarien et végane. La cause animale vous est toujours chère?
Oui, pour moi, c’est comme une religion. Ça me choque que l’on fasse souffrir les animaux, qu’on les considère comme des choses, qu’on les exploite. Je fais du bénévolat tous les samedis soirs dans un refuge pour chats, à 7 ans je suis devenue végétarienne, même si ma famille ne l’est pas, et depuis peu je suis végane. Je ne mange rien d’animal, je ne porte ni cuir ni fourrure et je n’utilise pas de cosmétiques testés sur les bêtes. D’ailleurs, Coop a de très bons aliments et produits de beauté véganes!

Quels plats véganes cuisinez-vous?
Énormément de légumes. Et j’adore en ce moment préparer des champignons de Paris avec du lait de coco et du persil sur de la polenta.
Mon petit ami, Matthew, qui est pilote d’avions, n’est pas végane, mais il mange de moins en moins de viande.

Mère de famille, cela pourrait devenir l’un de vos prochains rôles?
Pas tout de suite. J’ai envie de réaliser mes projets professionnels avant. Beaucoup de femmes font tout en même temps, j’admire cela, mais quand j’aurai des enfants, je voudrais me consacrer à eux à 100%.

Vous pourriez vivre de nouveau en Suisse un jour?
Si la vie m’amène à revenir, bien sûr. Je ne suis pas partie parce que je voulais quitter mon pays, mais parce qu’il n’y avait pas ici les opportunités pour réaliser mes objectifs. L’important, ce n’est pas où je vis, mais ce que je fais et les gens avec qui je suis.

Lauriane Gilliéron à Genève, lors de notre interview.

De Prilly à Los Angeles

Lauriane Gilliéron est née le 25 juillet 1984, son père est syndic de la ville de Prilly. Elle est l’aînée de la famille. Depuis qu’elle s’est installée à Los Angeles, après une formation dans la célèbre école Lee Strasberg Theatre and Film Institute, l’ex-Miss Suisse a eu de nombreux rôles, notamment dans les séries TV à succès «Les experts: Las Vegas», «Castle» et «Top Models». Elle a aussi côtoyé Al Pacino dans le film «Les derniers affranchis». Son apparition dans une publicité pour une marque de café face à George Clooney et Matt Damon a marqué les esprits.

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texte:
Myriam Genier
Photo:
Sedrik Nemeth
Publication:
lundi 15.05.2017, 13:25 heure



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