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Nicolas Poinsot
écrit le 19.05.2017


Première crise majeure pour Snapchat

L’Empire a contre-attaqué. Et l’offensive semble avoir fait de sérieux dégâts. Facebook et ses principaux satellites (Instagram, Whatsapp) ont en effet réussi à mettre leur principal concurrent Snapchat en mauvaise posture. L’appli préférée des moins de 35 ans et résistante historique aux velléités de rachat de Mark Zuckerberg a perdu quelque 10 milliards de dollars de capitalisation boursière en l’espace de deux mois.

La valeur de son action a carrément plongé de 23% la semaine dernière après la publication des premiers résultats trimestriels de l’entreprise, jugés très décevants par les investisseurs. La sanction n’a ainsi pas tardé à tomber. Mais comment l’insolente startup, dont la croissance donnait encore récemment des sueurs glaciales aux autres compétiteurs du web, a-t-elle pu à ce point vaciller?

La copie plus forte que l'authentique

Il semble que les ripostes agressives et sans complexes du géant Facebook aient fini par porter leurs fruits. Empoisonnés, les fruits. Le réseau social a en effet massivement copié les fonctionnalités originales qui firent les belles heures de Snapchat: caractère éphémère des publications, et surtout «stories» offrant aux utilisateurs une manière inédite de se mettre en scène sur le web. Résultat? Le nombre de stories quotidiennement créées sur Instagram a, depuis avril, dépassé celui de la plateforme d’Evan Spiegel, première en date à en proposer.

Cette dernière vient toutefois de lancer une salve de nouveautés, histoire de tenter de reprendre de l’avance sur la firme de Menlo Park. On voit donc Snapchat sacrifier son iconique limite de 10 secondes par snap pour une durée qui sera désormais infinie. Par ailleurs, chaque publication pourra être consultée autant de fois qu’on le désire pendant 24 heures, au lieu des deux visionnages maxi jusqu’ici en vigueur. Au-delà, les vidéos seront automatiquement effacées. On remarquera aussi que les snaps sont de plus en plus utilisés par les jeunes comme téléphone: une conversation certes hachée mais qui en wi-fi revient bien moins cher qu'avec une communication classique.

De gros obstacles à franchir

Reste que ces ajustements de taille pourraient s’avérer insuffisants. D’abord parce qu’Instagram vient à nouveau de lorgner sur la copie du voisin en proposant des filtres ressemblant un peu beaucoup à ceux de Snapchat. Ensuite parce que celui-ci est toujours ralenti par deux aspects inhérents à sa conception: une interface peu intuitive qui rebute les adultes non geeks, et une consommation importante de données mobiles freinant son adoption dans les pays moins favorisés du globe.

Depuis l’été 2016, le flot de nouveaux adeptes s’est en outre beaucoup tari. Seuls 8 millions de nouveaux utilisateurs ont été enregistrés depuis le début du mois de mars. Autant dire que Facebook (qui en compte presque 2 milliards) et son neveu Instagram (600 millions) doivent tout à coup retrouver un sourire carnassier face aux toujours modestes 166 millions de Snap.

Liens

Snapchat can’t make its $2.2 billion first-quarter loss disappear fast enough

www.snap.com/fr-FR/news

Toutes les applications de la galaxie Facebook seront bientôt des clones de Snapchat

Ces filtres Instagram font vraiment penser à ceux de Snapchat, non?


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