«Je ne vais pas m’arrêter là!» 

Révélation La Vaudoise Lea Sprunger vient de terminer une saison de feu sur les pistes d’athlétisme. Rencontre avant qu’elle ne reparte en préparation.

La Ginginoise Lea Sprunger a déjà le regard fixé sur l’année 2018. 

C’est au stade de la Pontaise que Lea Sprunger (27 ans) nous accueille, au terme d’une brillante saison, la meilleure de sa carrière. Récente 5e des Mondiaux de Londres sur le 400 m haies, elle participera au Super10-Kampf de l’Aide sportive le 3 novembre, juste avant de s’envoler pour l’Afrique du Sud et un camp d’entraînement. «Les conditions y sont parfaites, avec du soleil et sans décalage horaire. C’est nécessaire pour concurrencer les Jamaïcaines qui ont ces conditions toute l’année», confie-t-elle, impatiente d’y passer la plus grande partie de son hiver. Interview.

Vous avez deux tatouages. Une ancre sur la cuisse et les anneaux olympiques au pied. Quelle est leur signification?
L’ancre n’a aucune signification. J’ai toujours voulu me faire tatouer à cet endroit et je cherchais un signe qui me plaisait. Les anneaux ont été faits juste après les Jeux olympiques de Rio et avec mon groupe d’entraînement.

Les Jeux de Rio 2016 ne sont pourtant pas un très bon souvenir…
Non, en effet. C’était peut-être involontairement pour moi le moyen de rendre Rio plus joli, de garder ce souvenir de la vie en équipe. Même si cela ne s’est pas bien passé, ça reste des Jeux et l’objectif de qualification a été atteint.

Suite à ces Jeux, vous avez fait appel à une coach mentale.
Ça a été un échec mental plutôt que physique. Il m’a donc fallu une pause mentalement, pour essayer de comprendre. Jusque-là, j’avais réussi à m’en sortir seule, mais j’ai clairement vu qu’il y avait un manque à quelque part.

Ce coaching a-t-il été bénéfique?
Aux Mondiaux de Londres, sur la piste, j’étais une autre athlète. Rio m’a permis de relativiser et de voir le sport différemment. De mettre plus d’éléments dans mon panier pour devenir la sportive que je suis devenue. Et cette coach mentale m’a beaucoup aidé à relativiser et à avoir une autre vision du sport.

Deux mois après votre 5e place en finale des Mondiaux, vous y repensez souvent?
Plutôt aux Mondiaux de manière globale et aux trois courses que j’ai montrées. Je suis très fière de ma 5e place. Je ne me rends pas encore vraiment compte de la performance, ça viendra sûrement plus tard, lors de ma retraite. Là, j’ai encore la tête dans le guidon et j’en veux beaucoup plus. Je ne vais pas m’arrêter là! Après Londres, j’ai très vite pensé à la suite, à m’améliorer lors des prochaines compétitions. Mais ce sont de très bons souvenirs qui vont me nourrir.

Vous rêviez de disputer la finale d’une grande compétition. Et maintenant?
J’ai d’autres rêves. J’ai fait 3e aux Européens, je rêve maintenant d’un titre de championne d’Europe et d’une médaille mondiale. Quand j’ai atteint le niveau actuel, les objectifs sont forcément plus élevés.

Qu’est-ce qui a changé suite à cette performance mondiale?
J’ai clairement plus de notoriété lorsque je me balade dans les rues de Lausanne, de Nyon ou sur des événements sportifs. Mon statut a changé et beaucoup plus de gens me connaissent. Il y a aussi plus de sollicitations pour remettre des prix, je reçois des invitations et c’est quelque chose que je vais devoir apprendre à gérer. À Londres, j’ai eu la mauvaise idée de lire tout ce qui s’écrivait sur moi et ça m’a mis de la pression. Les réseaux sociaux, c’est positif mais ça peut aussi devenir néfaste. Pour les sportifs, c’est un avantage pour la communication, le moyen de se faire voir, mais c’est aussi une sorte de prostitution car il faut toujours se mettre en image et se vendre. Il faut faire attention de ne pas tomber dans l’excès.

«

Il ne faut pas tomber dans l’excès avec les réseaux sociaux»

Votre sœur Ellen vient de prendre sa retraite sportive. Quelle est son influence sur votre carrière?
Elle a eu une très grande influence, j’ai suivi ses traces en tant que petite sœur et c’est grâce à elle que je suis tombée dans la marmite de l’athlétisme. Elle a été un point de repère. À Rio, c’est la première personne avec laquelle j’ai pu partager ma déception. Elle va me manquer sur les compétitions et c’était pratique pour mes parents, qui ne faisaient pas le déplacement pour rien (rires).

Quel rôle joue votre famille?
La famille est la pièce maîtresse de ma vie. Elle est toujours derrière moi. Mes proches me permettent aussi de relativiser et quand on se voit en famille, on ne parle pas d’athlétisme. C’est un équilibre très important. Je retourne très souvent dans la maison familiale, c’est là-bas que j’arrive le mieux à me reposer et à me vider l’esprit.

Comment décririez-vous votre enfance à Gingins (VD)?
C’est grâce à mon éducation que j’ai percé dans le sport. On était quatre enfants et c’était très ludique. On habitait à la lisière de la forêt, alors on était toujours dehors à construire des cabanes ou à jouer dans l’eau.
L’athlétisme est un sport solitaire, mais dans lequel on est parfois en équipe, avec notamment le relais qui vous a apporté beaucoup d’émotions.
J’aimais beaucoup le relais, car nous sommes en équipe mais de manière très courte dans la durée. L’entraînement en groupe me convient car c’est court, mais les camps d’entraînements où l’on vit 24 h/24 ensemble sont plus difficiles. Je suis quelqu’un de très solitaire, j’aime ma tranquillité, lire mon livre, penser, écouter de la musique toute seule. Cela se passe très bien, même si après un mois on est contents de rentrer à la maison.

Vous travaillez à 30% dans le management du sport. Pourquoi ce choix?
J’avais surtout envie de me changer l’esprit, d’avoir quelque chose à côté du sport et de voir d’autres gens.
J’organise une course, avec l’avantage d’être ma propre cheffe. Ça me permet aussi de promouvoir ma discipline et ma belle région.

Et si vous n’étiez pas devenue athlète professionnelle?
J’adore les fleurs, donc je me verrais bien fleuriste, même si je n’y connais rien (rires). J’aime beaucoup ce qu’on peut faire avec des fleurs, leur signification et le fait qu’on les offre toujours pour une occasion spéciale. J’adore recevoir des bouquets pendant les compétitions, même si je les offre la plupart du temps car je suis rarement chez moi.

Vous aimez cuisiner?
J’aime énormément la pâtisserie. Ça prend du temps et surtout ça ne rentre pas du tout dans mon régime alimentaire (rires). Mais, lorsque je suis invitée, j’amène des crumbles aux pommes, des tartes de Linz et toutes sortes de pâtisseries, notamment celles au chocolat que j’aime beaucoup.

Lea Sprunger se confie sur «sa» piste de la Pontaise à Lausanne.

La soirée des stars du sport

Le vendredi 3 novembre, le Super10Kampf de l’Aide sportive vous fera vivre une soirée divertissante, placée sous le signe du Far West. Chaque année, ce sont 18 stars du sport suisse qui s’affrontent lors de duels amusants et originaux au Hallenstadion de Zurich et qui s’engagent en faveur des talents sportifs suisses. Cette année, Lea Sprunger défiera notamment Nino Schurter, Timea Bacsinszky ou encore Didier Défago. Les billets sont en vente sur: www.super10kampf.ch avec une réduction de 20% pour les détenteurs de la Supercard.

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Sylvain Bolt

Rédacteur

Photo:
Darrin Vanselow
videos:
Sylvain Bolt
Publication:
lundi 16.10.2017, 13:50 heure



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