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Vincent Veillon lance un sujet sur les vacances scolaires dans «26 minutes».

Vincent Kucholl chauffe le public en paysan bourru.

Vincent Veillon présente l’émission «26 Minutes» chaque semaine.

Les deux Vincent sont parfois pris d’un fou rire.

Une petite touche de maquillage.

Le réalisateur Fernand Melgar (à droite) face à un jeune UDC virulent (Vincent Kucholl).

Vincent Veillon (à gauche) et Vincent Kucholl au milieu des costumes.

26 minutes… voire beaucoup plus!

Télévision Comment réussir à intéresser les jeunes à l’heure des smartphones et de Youtube? Reportage dans les coulisses de «26 minutes», émission de la RTS qui cartonne, analyse et témoignages.

Découvrez l'avis de nos lecteurs lausannois sur la télévision. Un nombre surprenant de personnes ne la regarde plus!

La TV au salon, très peu pour les jeunes! Ils préfèrent regarder des vidéos Youtube sur leur smartphone ou surfer sur le web avec leur tablette pour s’informer et se divertir. Les digital natives communiquent sur Facebook et Whatsapp. Cela ne veut pas dire qu’ils ne regardent plus la TV. Loin de là! Selon l’étude James 2014 de Swisscom, sur les jeunes et les médias numériques, leur activité préférée en solitaire reste… la télévision! Ainsi, 97% des 12–19 ans la regardent, dont 34% tous les jours et 44% plusieurs fois par semaine. Les 15–29 ans regardent la TV en moyenne 74 minutes par jour, deux fois moins que la population dans son ensemble avec 147 minutes (étude Mediapulse 2015).

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Une émission de la RTS cartonne auprès des jeunes, à témoin ses 87 000 «like» sur Facebook: 26 minutes avec Vincent Veillon et Vincent Kucholl qui croquent l’actualité avec humour. Comme chaque vendredi soir, le public se presse pour assister à son enregistrement au club Chauderon 18, à Lausanne. «Je suis déjà venue plusieurs fois. Il y a une ambiance différente sur le plateau par rapport à la télévision. C’est chouette de pouvoir assister à l’émission gratuitement», salue Mélanie Ganz (27 ans), de Gilly (VD). «26 minutes est un bon moyen de s’informer en se marrant. Je suis au courant de l’actualité grâce à ça. Je ne suis pas trop branchée politique… Je regarde l’émission en replay sur la TV.» Son amie Sarina Gnecchi (27 ans), de Rolle (VD), écoutait déjà les deux Vincent lorsque l’émission s’appelait encore 120 secondes et passait sur Couleur 3. «J’ai plus croché depuis que c’est à la télévision, c’est plus dynamique! C’était génial de les voir à Paléo. Que du rire! J’adore le personnage de Gilles Surchat. Kucholl en femme avec Bastian Baker était incroyable…»

Les jeunes se pressent sur le tournage de l’émission chaque vendredi soir, à Lausanne.

Kucholl débarque sur le plateau dans le rôle du paysan bourru: «Ça va?» «Ouiiii!» répond le public. «Quelle ambiance de merde!» lance le comédien. «Je constate qu’il y a plus de jeunes ici qu’en réalité derrière la TV. Qui regarde l’émission le samedi soir à 20 h 10? Les résidents des EMS qui mangent leur birchermüesli à la paille!» «C’est quoi ce bordel? Les coupes commencent… On a viré une camérawoman et engagé une stagiaire.» Allusion à la suppression de 250 postes annoncée par la SSR dans le cadre de mesures d’économie.

Passage réussi de la radio à la TV

Un reportage parle de l’occupation des élèves pendant les vacances: ils restent scotchés à leur smartphone. En visite au musée, le prof demande: «Y a-t-il des questions?» Réponse: «Monsieur, c’est quoi le code wifi?»
Suivent une étude sur la fortune des Suisses avec un spécialiste détestable et une parodie de chasse explosive en Valais. Le réalisateur Fernand Melgar est l’invité cette semaine-là. Il a fort à faire face au jeune UDC Jason Zwygart (Vincent Kucholl): «Les étrangers naturalisés ferment leur gueule!» «Quand la Suisse gagne, c’est la Suisse qui gagne. Quand elle perd, c’est Shaqiri et ses copains albanais!» rétorque l’auteur du film Vol spécial, lequel dénonce les conditions de renvoi des requérants d’asile déboutés.

«

Ce jeune public consomme énormément de vidéos»

Gilles Marchand, directeur de la RTS

Gilles Marchand, directeur de la RTS

Les 26 minutes passent à une vitesse folle. Après leur show, les deux Vincent peuvent enfin souffler. «C’est intense toute la semaine et ça va crescendo jusqu’au vendredi soir», commente Veillon. «La question était de savoir si le public allait suivre de la radio à la TV.
Depuis le passage à la télévision, on a élargi le public.» «Les jeunes ne sont pas les seuls à venir nous voir. Ma mère vient souvent. Elle a 73 ans!» ajoute son compère Kucholl. «On voit qu’il y a un fort impact sur les réseaux sociaux.»
L’émission compte ainsi presque autant d’audience dans la communauté web/réseaux qu’à l’antenne TV. En septembre, elle a totalisé 2 millions de vues sur Facebook, plus de 150 000 sur Youtube et plus de 200 000 sur le site et l’appli de la RTS. En moyenne, 186 000 téléspectateurs regardent 26 minutes, pour une part de marché de 36,9%. Chez les 15–
29 ans, ils sont 14 000 à la regarder (pdm 38%). Mais les moins de 30 ans regardent aussi le TJ classique à 19 h 30: leur part de marché s’élève à 37% contre 60% pour la population globale.

«On se fend la poire!»

Les deux animateurs soulignent que «l’ADN de l’émission est toujours le même». «À la radio, on était un duo. Maintenant on est une équipe et on doit tenir compte de plein de paramètres. Mais ça se passe bien. On fait comme on est. On a cette chance. Et on se fend la poire!» commente Vincent Kucholl. «On a carte blanche et on veut garder cette liberté», souligne Vincent Veillon.
Gilles Marchand, directeur de la RTS, se réjouit de l’audience réalisée:
«26 minutes rencontre un énorme succès, particulièrement auprès des jeunes.» Selon lui, «il faut être nuancé lorsqu’on parle de la consommation audiovisuelle des jeunes. C’est un public assez volatil, mobile et il ne se laisse pas facilement ranger dans des catégories classiques de comportement. Ce jeune public consomme énormément de vidéos, dont celles produites par la télévision. Simplement, il les regarde à la carte, de manière séquencée et sur des écrans mobiles et interactifs.»
Il ajoute que les jeunes «n’ont pas de problème avec les contenus de la télévision mais avec la consommation linéaire classique, sur les postes de TV fixes».
Pour atteindre ce public, la RTS travaille sur trois axes: distribution, programmation et création. Les supports ont beaucoup évolué d’où l’importance pour les télévisions de proposer des contenus adaptés. Vidéos, applications et streaming se multiplient. La RTS propose depuis 2001 déjà toutes ses émissions sur le web. «Le découpage des séquences d’émissions facilite cette consommation à la carte. Nous avons été une des premières télévisions d’Europe à s’engager aussi massivement dans cette direction. Quinze ans après, je constate que nous avons bien installé notre marque. Les jeunes utilisent abondamment nos plateformes pour y voir nos programmes», commente Gilles Marchand. Parmi ses créations visant les jeunes, la RTS propose deux émissions de fiction au ton
décalé traitant des relations sentimentales: Break-ups et La vie sur Vénus. Dans T’as vu l’actu? des ados commentent l’actualité. Émission appréciée des digital natives, Nouvo suit le développement de la société numérique. Des productions multilingues de la SSR visent à intéresser ce public cible à la politique: le jeu Tabula Rasa et l’émission et jeu (avec application) Politbox pour les élections fédérales.

Les séries TV cartonnent

Programmes dont raffolent particulièrement les moins de 30 ans: les séries TV. Ainsi, 61% des 15–29 ans en regardent. Les Romands sont 56% à suivre entre une et trois séries contre 42% des Alémaniques (sondage Link 2015). Les trois séries préférées des 12–19 ans sont How I met your mother, The Big Bang Theory et Les Simpson (James 2014).
La RTS diffuse plusieurs séries, souvent regardées en différé (replay). D’ailleurs, plus de 15% de sa consommation globale se fait aujourd’hui de cette manière. «Nous avons diffusé Game of Thrones, en anglais sous-titré français, 24 heures seulement après sa sortie sur le marché américain», souligne Gilles Marchand. «Nous savons que ce genre de proposition a beaucoup d’impact chez les jeunes!»

Le site de 26 Minutes
Le site de Au Taquet!

Quels appareils possèdent les 12–19 ans? Le téléphone portable est roi

Source: étude James 2014, infographie: Coopération

Projet Millénium pour l’actu

Bernard Rappaz, rédacteur en chef de l’actualité à la RTS.

Bernard Rappaz, rédacteur en chef de l’actualité à la RTS.
Bernard Rappaz, rédacteur en chef de l’actualité à la RTS.

La RTS vient de lancer le projet Millénium. Une équipe pluridisciplinaire va produire des vidéos d’actualité dédiées aux 20–35 ans. Elles seront diffusées en priorité sur les réseaux sociaux. «Le but de Millénium est de raconter l’actu en utilisant les nouvelles formes narratives des réseaux sociaux», explique Bernard Rappaz, rédacteur en chef de l’actualité à la RTS. «Le langage audiovisuel est en train d’évoluer avec ces nouveaux écrans et supports. Il manquait une réflexion sur ces nouvelles formes narratives: un langage 2015 qui corresponde aux usages des jeunes. Nous voulons préparer le futur des journaux télévisés en travaillant sur le contenu des infos.» Les codes de ce langage 2.0? Acteurs au premier plan, langage direct, images souvent brutes et musique sont quelques éléments récurrents.
Cartographie et infographie viennent enrichir les propos. «Il y a une soif de comprendre chez les jeunes. Ils aiment et consultent les news», constate Bernard Rappaz. «Il est crucial que le service public reste en contact avec cette génération!» 

«L’ordi est plus pratique que la TV»

La télévision peut-elle encore attirer les jeunes? L’analyse d’un étudiant qui anime une émission télé pour ce public cible.


Romain Carrupt (21 ans) anime depuis fin 2014 l’émission Au Taquet! sur Canal9, en Valais. Cette production est réalisée par une dizaine de bénévoles âgés en moyenne de 20 ans et cible les jeunes. «On présente des personnalités hors du commun. Qui sont au taquet!» Ainsi, une rappeuse et un humoriste ont été invités. L’étudiant en droit à Neuchâtel a été repéré lorsqu’il animait des débats politiques sur la chaîne locale Télé-Saxon. «L’ancien rédacteur en chef de Canal9 souhaitait développer ce public jeune car une critique revenait souvent: c’est une TV trop pour des vieux.» Au Taquet! est diffusée quatre fois par an et dure 26 minutes. Comme l’émission culte de la RTS. Le Valaisan la regarde en différé (comme un tiers des jeunes) le dimanche matin sur son portable. «C’est un petit rituel. L’ordinateur permet de faire deux choses en même temps, c’est plus pratique que la TV! Je trouve 26 minutes drôle et instructif. On apprend des choses et il y a d’excellentes analyses. C’est de l’info-entertainment! 26 minutes est très regardé mais je ne suis pas sûr que tout le monde perçoive la véracité de l’émission.» Il apprécie également Ma parole!, avec des journalistes qui vont rencontrer la population. Romain Carrupt regarde la RTS et Canal9. Il écoute aussi la radio: «Je regarde très peu les chaînes françaises mais je ne suis pas forcément représentatif des jeunes de mon âge!» Le jeune homme, qui se verrait bien journaliste, estime que la redevance payée par les ménages suisses est justifiée: «Je trouve que Canal9 et la RTS offrent de très bonnes émissions. L’offre de la RTS est pléthorique et excellente pour le prix de la redevance.»

«La télévision est déjà presque morte»

Cette fan de séries a choisi de regarder ce qui l’intéresse sur son ordinateur portable.

«Cela fait des années que je ne regarde plus la télé», avoue Larissa Scheffler (22 ans). Elle ne regarde pas non plus les informations: «Le monde ne tourne vraiment pas rond, on le sait bien. Je n’ai pas besoin que la télévision me le rappelle.» En revanche, la Bâloise a une passion pour les séries. Elle les regarde sur son ordinateur portable, sur des plateformes comme Kinox, dont l’utilisation est encore légale en Suisse. Pour éviter la publicité, elle utilise un logiciel de blocage. «J’aime les histoires qui durent plus longtemps, avec plein d’intrigues – et c’est encore mieux s’il y a une touche de philosophie. L’important pour moi, c’est que le scénario soit captivant et qu’il me donne envie de suivre la série.»
Actuellement, elle regarde surtout Grey’s Anatomy et Doctor Who.  Parfois, Larissa  Scheffler visionne de petites vidéos: «Je cible mes recherches pour trouver des contenus spécifiques comme des conseils de maquillage ou des recettes de cuisine, mais aussi des vidéos amusantes.»
Les programmes télé classiques ne lui plaisent pas: «Pour moi, la télé est déjà presque morte. Nous les jeunes, nous ne voulons pas qu’on nous dise quoi regarder ni à quel moment.» La jeune femme veut pouvoir faire des choix. «Dès lors, je ne vois pas pourquoi des gens comme moi doivent s’acquitter de la redevance Billag. Ce n’est pas ma faute si mon ordinateur portable ou mon smartphone me permettent d’avoir accès à la radio et à la TV. Je ne la regarde pas pour autant!»

Sarina Gnecchi (27 ans), Rolle (VD)

"Je regarde les infos le soir, par exemple le téléjournal. J’apprécie les émissions TTC et Specimen. Je regarde des séries sur Netflix. J’ai un abonnement. Il y a beaucoup de choix et c’est pas trop cher. En général, je regarde la télévision sur mon poste au salon. Je regarde parfois une série sur l’iPhone.”

Sarina Gnecchi, à g., et Mélanie Ganz, toutes deux 27 ans, sont de grandes fans de «26 minutes».

Mélanie Ganz (27 ans), Gilly (VD)

“Je regarde la TV tous les jours, surtout le soir. J’ai une télévision dans ma chambre. J’aime bien les émissions de la RTS comme 36°9, Temps présent et Specimen. Je regarde plusieurs séries. J’ai adoré Monk et Docteur House. J’apprécie aussi les divertissements sur M6, sur le relooking ou la cuisine. En moyenne, je regarde 3 à 4 heures de télévision par jour.”

L'émission 26 Minutes suivie en direct:

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Basile Weber

Rédacteur

Photo:
Darrin Vanselow, RTS, Sabine Papilloud, Stefan Bohrer
Publication:
lundi 16.11.2015, 15:04 heure



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