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Après avoir été opérée, la petite Salma, 4 ans, a retrouvé la santé et la joie de vivre.

L’année dernière, la vente d’oranges a rapporté un million de francs.

Terre des hommes: Salma a le sourire

Les oranges de Terre des hommes rendent le sourire et la santé aux enfants. Leur vente se déroulera dans toute la Suisse les 9 et 10 mars.

Philippe Gex, directeur de la Maison de Masson-gex.

Philippe Gex, directeur de la Maison de Masson-gex.
Philippe Gex, directeur de la Maison de Masson-gex.

Nul besoin de canons pour con-quérir le monde; Salma y réussit à tous les coups grâce à son sourire désarmant. Mais que cette fillette de 4 ans rayonne ainsi relève quasiment du miracle. «Quand elle est arrivée en novembre, elle n’avait que la peau sur les os. Ses doigts et ses pieds étaient bleus à cause d’une mauvaise oxygénation du sang. Le simple fait de monter un escalier exigeait d’elle un immense effort», raconte Philippe Gex, directeur de la Maison de Massongex, home de Terre des hommes situé dans le petit village valaisan du même nom.

Une méchante farce de la nature a fait que le cœur de Salma était «mal connecté»: au lieu d’envoyer du sang frais dans le système circulatoire, il déversait du sang déjà utilisé et pauvre en oxygène dans son corps épuisé. C’est pour des enfants comme Salma que la vente d’oranges de Terre des hommes est reconduite cette année encore. Car si Salma a pu être opérée, c’est grâce à cette vente et aux gens qui acceptent de verser 2 francs pour une orange.

A peine entré dans le home, on se retrouve au milieu de 200 Salma. Près de 80% de ces enfants souffrent d’un problème cardiaque; les autres souffrent d’une maladie du tractus digestif, d’une fente palatine ou d’autres problèmes qui ne peuvent souvent pas être traités sur place. Comme le souligne Phi­lippe Gex, «les enfants de Massongex sont parmi les chanceux, car ils sont entrés en contact avec Terre des hommes à un moment ou à un autre et ont donc atterri chez nous. Mais 25 000 à 30 000 enfants meurent chaque année de par le monde, alors qu’ils auraient pu être sauvés par une opération.» Or, dans les pays en développement, une telle opération est au-dessus des moyens de la plupart des parents. C’est le cas, par exemple, du père de Salma, simple journalier dans un village situé à 200 kilomètres de Marrakech.

A Massongex, les enfants sont préparés en vue de leur opération dans les hôpitaux universitaires de Lausanne, Genève et, depuis peu, Berne. Ils retour­nent ensuite dans le home pour leur convalescence. Dès l’année prochaine, ces opérations seront même gratuites. Malgré cela, Philippe Gex est continuellement à la recherche d’argent. Tout est bon pour assurer le budget de Massongex: soirées de loto, lettres de quêtes, soutien de célébrités comme Yannick Noah, et bien sûr la vente des oranges. «Cette action fête sa cinquantième année et c’est un grand succès», se réjouit Philippe Gex. Le week-end prochain, environ 1000 volontaires, des politiciens et des célébrités, seront dans la rue pour vendre les fruits.

Un producteur de Valence fournit les oranges au prix coûtant, Coop et l’entreprise de transport Galliker se chargent de la logistique. Coop offre en outre chaque année près de 10 000 francs. Cette année, le grand distributeur est même le sponsor principal de l’action des oranges, pour un montant encore plus élevé. L’année dernière, la vente des oranges a permis de récolter un million de francs. Il faut qu’elle rapporte au moins autant cette année. L’argent va à la maison de Massongex, mais il est aussi utilisé pour la prise en charge d’enfants par Terre des hommes dans les pays en développement.

«La vente des oranges nous apporte aussi beaucoup de sympathie, souligne Philippe Gex. Quand une entreprise ferme, des places de travail disparaissent. Si nous fermons, ce sont des vies d’enfants qui disparaîtront.» Des vies qui peuvent être sauvées, comme celle de Salma. Ses cicatrices sont guéries, les extrémités bleues et la fatigue ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Salma a pris du poids et déborde de joie de vivre. C’est qu’elle a beaucoup à rattraper et le monde à conquérir!

La maison de Massongex: chaque orange compte

L’action des oranges en faveur du home d’enfants de Terre des hommes a lieu pour la 50e fois. Voulez-vous nous aider?

Terre des hommes, organisation d’aide à l’enfance, a été fondée en 1959 par le journaliste suisse Edmond Kaiser. Ce dernier s’est inspiré du livre d’Antoine de Saint-Exupéry pour baptiser son œuvre. Cette année, c’est la 50e fois que Terre des hommes organise la vente publique d’oranges. Pour accomplir cette mission, elle bénéficie de l’aide de bénévoles. De plus en plus d’entreprises et d’écoles participent à la vente en achetant un ou plusieurs cartons de 60 oranges au prix de 120 fr. Si on veut soutenir la maison de Massongex d’une autre manière, on peut le faire avec un don ou des denrées alimentaires de longue conservation –  pâtes, farine, conserves. On peut aussi offrir une valise. En effet, les enfants arrivent la plupart du temps sans rien. Quand ils repartent, ils reçoivent quelques habits, des jouets ou des livres.

Vous trouverez des informations supplémentaires sur: www.tdh-valais.ch

Vente d’oranges: voulez-vous participer?

La vente d’oranges de cette année se déroule les 9 et 10 mars dans environ 300 endroits de Suisse. Des bénévoles proposent les oranges aux passants au prix de 2 fr. pièce. Terre des hommes cherche encore d’autres vendeurs de rue ou des personnes prêtes à participer à la vente sous d’autres formes.

Informations supplémentaires au numéro 058 611 06 57, et sur: www.tdh.ch

Franz Bamert

Rédacteur

Publication:
lundi 05.03.2012, 11:57 heure