L’attirance des garçons pour les jeux de combat reste valable d’une génération à l’autre. Le regard que l’on porte sur les jeux de guerre serait plus critique aujourd’hui qu’au début du siècle dernier.

Les jeux de guerre ont encore la cote

Les filles jouent à la poupée pendant que les garçons combattent. Un scénario cliché? Pas tant que ça selon l’ethnologue Julie Delalande. Elle constate que les évolutions sont lentes. Etant donné que les garçons vaillants sont valorisés, ils s’affairent à le devenir.

Comme tous les enfants, Julie Delalande est passée par la case cour de récréation. Cette ethnologue française y est restée attachée puisqu’elle a consacré sa thèse de doctorat à ce sujet, puis un livre, La récré expliquée aux parents (paru aux Editions Audibert).
Les jeux collectifs passionnent cette chercheuse. Elle explique qu’ils apprennent notamment aux enfants à se mettre d’accord sur des règles et à gagner une place dans le groupe. Elle nous donne son opinion sur les jeux de guerre, qui font vibrer la plupart des garçons.

Coopération. Pourquoi de nombreux enfants sont-ils attirés par les jeux de guerre?
Beaucoup de cultures construisent la masculinité des garçons sur le développement d’une certaine vaillance au combat. C’est pour cela que les jeux de guerre sont souvent pratiqués par les garçons. Ne pas avoir peur et pouvoir attaquer: cela fait partie de l’identité masculine valorisée. Les enfants, membres compétents d’une société, observent et constatent que la combativité est valorisée. Ils se l’approprient donc à travers les jeux.

Des jeux de fille, d’autres de garçon. En est-il encore ainsi?
Oui. Les évolutions sont très lentes. Je pense qu’il est plus facile pour une fille d’emprunter des stéréotypes de garçon que le contraire. Une fille qui va savoir se battre, c’est un plus. Elle ne va pas pour autant perdre
sa féminité. C’est plus problématique pour un garçon qui ne sait pas se battre, car le sexe masculin est traditionnellement le sexe fort.

En quoi est-ce positif ou négatif que les garçons jouent à la guerre?
C’est positif dans le sens où s’ils sont courageux au combat imaginaire ou à la bagarre, c’est apprécié des autres.

Vous ne voyez donc pas de dangers liés aux jeux de guerre.
Les bagarres peuvent déraper. Tant que l’on est dans le jeu inventif, sans objet dangereux, dans un cadre surveillé et avec des enfants volontaires, je dirais qu’il
n’y a pas de danger. A condition que les enseignants remplissent leur fonction avec un regard bienveillant sur les enfants. Si le jeu est mal vécu par un ou plusieurs participants, il y a problème.

Et quand des objets apparaissent?
A chaque parent son éthique. Il faut faire la différence entre un pistolet en plastique et un couteau.

Quelle est votre opinion sur les jeux vidéo qui utilisent les jeux de guerre?
Certains devraient être interdits même aux adultes! Mon opinion personnelle: ce ne sont pas les jeux que je préfère! Aux parents de prendre leurs responsabilités par rapport aux valeurs qu’ils souhaitent transmettre à leurs enfants.

Davantage de jeux de combat signifieraient plus de fascination et donc un danger plus grand de violence?
Je ne voudrais pas faire de la psychanalyse de bas étage mais la fascination est liée à l’interdit. Il y a peut-être un danger dans le sens où, d’un côté, il y a une sorte de banalisation de la violence et de l’autre, une violence qui est d’autant plus mal perçue. De manière générale, la société était moins violente dans la première moitié du XXe siècle qu’aujourd’hui mais le fait d’être vaillant était peut-être plus valorisé.

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Publication:
lundi 06.06.2011, 14:58 heure


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