A Zurich, il y a proportionnellement plus de renards qu’à la campagne. Mais, de grâce, ne leur donnez pas à manger!

Biodiversité: les villes vivent

Pour de nombreux animaux – renard, abeille sauvage, gros-beccasse-noyaux –, la ville n’est pas un désert de béton, mais un refuge.

Quand la nuit tombe sur Zurich, la ville s’anime. Près de la maison du biologiste Kurt Eichenberger, deux renards sont en pleins ébats amoureux dans les jardins tandis qu’une chauve-souris capture des insectes. Un scénario qui se répète chaque nuit, dans le quartier de Friesenberg, en bordure de la ville. «Ce n’est pas le seul endroit où l’on voit ce genre de choses», précise le spécialiste de la faune sauvage du WWF.

Les renards ont envahi la ville depuis longtemps. On en rencontre au centre-ville et dans les quartiers périphériques. La nourriture y est abondante toute l’année. Les chantiers, parcs et jardins offrent une multitude d’abris, et la chasse est interdite. Il y a d’autres raisons importantes à cette invasion de renards et de blaireaux: l’appauvrissement du paysage, l’intensification de l’agriculture et l’utilisation intensive de produits agrochimiques. «A mesure qu’on a arraché les haies et qu’on a recouvert les ruisseaux dans les campagnes environnantes, les villes ont de plus en plus éprouvé de nostalgie pour la nature», analyse le biologiste.

Ce désir de retour à la nature ne se manifeste pas seulement par l’aménagement de jardins bio autour des maisons. Les villes s’attachent de plus en plus à faire pousser des plantes dans les espaces libres. Cela se limite parfois aux bandes herbeuses en bordure de chaussée; des amphibiens, des oiseaux, des insectes et d’autres bestioles cherchent leur salut en ville.

Pendant qu’il parle, un orvet se glisse subrepticement sous le compost…Seules les fascinantes guêpes ichneumons, semblant tout droit sorties de l’univers surréaliste de Hans Ruedi Giger (le dessinateur qui a conçu le décor des films Alien), ne sont pas encore apparues. Il faut attendre l’été pour les voir sortir du billot placé devant la maison. En attendant, les nombreuses cétoines dorées n’arrêtent pas de virevolter autour de nous. «Ces coléoptères se nourrissent du nectar de fleurs de spirées. Parfois, j’en découvre qui ont passé toute la nuit enfermés dans une fleur», raconte Kurt Eichenberger avec passion.

Le monde animal n’est pas aussi pacifique qu’on pourrait le croire. Les coccinelles, si mignonnes, de son jardin dévorent des quantités de pucerons. Le blaireau se repaît d’une multitude de hannetons. Les orvets font la chasse aux lombrics et aux limaces et les fourmis éliminent les restes du festin. Ce n’est qu’un bref aperçu des drames qui se déroulent dans le jardin. Ce tableau est passionnant, mais encore faut-il le voir. C’est un complexe d’organismes vivants interdépendants, depuis le prédateur, tel le renard, jusqu’à la fourmi, qui se charge de l’élimination des déchets.

Kurt Eichenberger n’est pas le seul à s’y intéresser. Ses quatre enfants observent aussi. Ils savent où se trouve le nid de pies, examinent les abeilles sauvages dans des nichoirs spéciaux et attrapent, à l’occasion, un orvet qu’ils relâchent aussitôt. «Nous avons un zoo naturel dans le jardin, mais pas d’animaux domestiques», déclare Kurt Eichenberger.

Au premier abord, son «zoo» n’a pas l’air bien différent des autres jardins du voisinage. Ses carrés de légumes ont fière allure. Mais en y regardant de plus près, on réalise que ce n’est pas du gazon, mais une prairie où les fleurs peuvent s’épanouir avant que la faux ne passe par là. Il y a aussi quelques tas de branchages. «Ce sont des abris pour protéger les petits animaux des chats», indique le biologiste. Mais est-ce qu’un peu plus d’écologie en ville va sauver la biodiversité? «Non. Les jardins bio et les parcs urbains plantés d’espèces adaptées augmentent la qualité de vie des gens et constituent un refuge pour certaines espèces animales et végétales, sans plus.»

Nos jardins peuvent aussi être des refuges naturels

Puisque les animaux viennent dans nos villes, souhaitons-leur la bienvenue.

Nombreux sont les animaux, petits et grands, à trouver refuge en ville. A la campagne, ils sont menacés par une activité économique trop intense. Ils se sentent à l’aise dans un environnement naturel, c’est-à-dire sous un tas de compost, dans l’herbe haute, dans du bois mort, sous des branchages et surtout là où les produits chimiques n’ont pas droit de cité.

Coop s’y est préparée. «Coop a l’intention de devenir à moyen terme le numéro un des supermarchés du bricolage à caractère durable», déclare Emma Arvidsson, du département développement durable chez Coop. Des plants de salade bio aux clôtures en bois FSC en passant par les herbes aromatiques et les engrais bio, on trouve un grand choix de produits écologiques sous la marque maison Oecoplan.

Les jardiniers qui aiment la nature profitent même d’actions chez Coop brico+loisirs. La vente de fleurs et de plantes ornementales de culture bio a actuellement le vent en poupe. Les collaborateurs de Coop ont été formés et sont compétents pour renseigner les clients.

www.coop.ch/oecoplan

Renards en ville

Informations sur le Net

Des renards dans les jardins des villageset des grandes villes! Depuis quelques années, on signale et on observe de plus en plus les renards à proximité des humains. Certains craignent les nuisances et la dissémination de maladies. Cependant, la présence de Maître Goupil fait plaisir à nombre de gens, qui sont disposés à partager un peu leur territoire avec eux. Le renard enrichit notre faune dans des zones urbaines, au même titre que les merles, les grenouilles et les hérissons. Les renards sont fascinants. Avec un peu de tolérance et un comportement approprié, c’est possible de vivre en paix à proximité des renards. Plus d’informations sur le site de la Protection suisse des animaux:

www.protection-animaux.com
Publication:
mercredi 08.06.2011, 10:33 heure