La nanotechnologie englobe les structures minuscules, épaisses de 5 à 100 nanomètres. Cinq nanomètres représentent un 10 000e d’un cheveu féminin.

Nanotechnologies: pas de panique!

Elles sont infiniment petites, mais quel grand sujet de conversation: les nanoparticules. De quoi sont-elles capables? Quels problèmes peuvent-elles poser? Petit tour de la question.

Les nanotechnologies, qu’est-ce que c’est?
Ce sont les technologies intervenant à très petite échelle (un nanomètre = un millionième de millimètre). Par exemple la production de nanomatériaux, qui sont composés de particules d’une taille infime, environ un 5000e du diamètre d’un cheveu humain. De taille inférieure à la longueur d’onde de la lumière, ces nanoparticules sont incapables de réfléchir la lumière visi­ble, elles sont donc invisibles.
Les nanoparticules de synthèse – il en existe aussi à l’état naturel – peuvent être composées de plusieurs matériaux et assemblées pour donner des ensembles plus complexes leur conférant des propriétés complètement nouvelles.

A quoi servent les nanotechnologies?
Leur potentiel d’applications est énorme et encore en cours de développement. Mais un grand nombre de produits contenant des nanomatériaux sont déjà sur le marché. Les nanofiltres, par exemple, permettent d’optimiser les procédés de production d’eau potable et de traitement des eaux usées. On les utilise aussi pour le dessalement.
En médecine, des nanoparticules sont utilisées pour permettre aux médicaments de passer la barrière hémato-encéphalique. Depuis quatre-vingts ans, l’adjonction de nanoparticules renforce les pneus des véhicules et réduit leur résistance au roulement. Grâce à de nouveaux matériaux, on peut augmenter l’efficacité des accumulateurs, rendre les éoliennes à la fois plus légères et plus stables, et rendre des surfaces autonettoyantes.

Quels sont les risques des nanotechnologies?
La plus grande incertitude tient à l’insuffisance des connaissances. La stabilité et la durée de vie de ces particules dans l’environnement ne sont pas encore exactement connues. On ne sait pas non plus si elles sont dégradées et comment leurs propriétés peuvent se modifier; ni si elles s’échappent des matériaux composites.
Grâce à leur petite taille, elles peuvent pénétrer dans des cellules vivantes. Leur effet global sur le plan écologique est peu étudié. Un projet de recherche du Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) vise à développer des tests pour mettre en évidence les dangers des nanoparticules.
Dans bon nombre de pays et notamment en Suisse, de nombreux projets qui apportent une nette amélioration des connaissances ont été financés au cours de ces dix dernières années.
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Dans quels autres domaines les nanotechnologies sont-elles déjà appliquées?
Les nanomatériaux inorganiques à base d’oxydes de métaux se retrouvent dans l’électronique, la médecine, la chimie et la cosmétique, comme additifs pour optimiser la combustion des carburants, dans les catalyseurs de pots d’échappement ou comme protection anti-UV dans les produits de protection solaire. Les filtres de protection solaire actuels ont été contrôlés et déclarés sûrs par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).
Le nano-argent est largement utilisé pour fabriquer des chiffons de nettoyage, des bas et des chemises. Les matériaux organiques peuvent augmenter l’efficacité des principes actifs de produits cosmétiques, d’agents phytosanitaires ou de constituants alimentaires. Mais ce n’est qu’un aperçu des possibilités.

Quid des nanoparticules dans les denrées alimentaires ou les emballages?
Les nanomatériaux à base de dioxyde de silicium sont de plus en plus employés dans les emballages de produits alimentaires, pour protéger les boissons et autres aliments de l’oxydation ou pour empêcher la fuite du gaz carbonique. Mais il n’existe pas sur le marché suisse et européen de denrées alimentaires contenant elles-mêmes des nanoparticules de synthèse. En effet, l’adjonction de celles-ci est interdite.
Quelques additifs alimentaires autorisés sont toutefois évoqués en rapport avec les nanomatériaux: l’acide silicique, le dioxyde de titane (dans les crèmes de protection solaire) ou l’argent (en confiserie). En général, les denrées alimentaires et leurs additifs sont fortement contrôlés et leur usage est très réglementé.

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«Nous avons l’expérience de cent ans de chimie»

Harald Krug est nanotoxicologue à l’Empa, à Saint-Gall.

Harald Krug est nanotoxicologue à l’Empa, à Saint-Gall.
Harald Krug est nanotoxicologue à l’Empa, à Saint-Gall.

Les nanotechnologies, toujours plus présentes dans les médias, soulèvent des incertitudes. L’éclairage d’un spécialiste.

Coopération. On sait très peu de chose sur les nanotechnologies, en particulier sur leurs risques. Ne nous aventurons-nous pas ici sur un terrain incontrôlable?
Harald Krug. Non. Il serait incontrôlable si nous ne savions rien. Mais nous disposons de l’expérience de cent ans de chimie. De plus, les risques des nanotechnologies sont depuis plus de dix ans au cœur de divers projets.

Faut-il avoir peur des nanotechnologies?
Non, il n’y a pas lieu d’avoir peur. Personne n’a peur de s’arrêter à une station-service et de mettre dans son réservoir quelque chose d’aussi inflammable et toxique que l’essence! Si l’on se tient au mode d’emploi, il n’y a pas de danger.

Comment savoir si un produit que j’achète fait intervenir les nanotechnologies?
C’est le point le plus délicat. Si le fabricant en fait un atout publicitaire, c’est que c’est probablement le cas. Mais il n’y a pas encore d’obligation de le déclarer. Elle viendra en 2013 pour les cosmétiques. Les crèmes solaires ne porteront dès lors plus seulement la mention oxyde de titane, mais aussi nano. D’autres domaines de produits suivront certainement.

Nanotechnologies: Coop vous informe

La demande d’information sur les produits relevant des nanotechnologies est grande, alors que les réglementations légales sont quasi inexistantes. C’est pourquoi, avec d’autres détaillants de Suisse, Coop s’est dotée d’un code de conduite: le Code of Conduct de la Communauté d’intérêt du commerce de détail suisse (CI CDS). Elle s’engage à ne commercialiser que des produits sûrs en l’état actuel des connaissances et pour un usage prévisible. Coop vend actuellement une quarantaine de produits ayant recours aux nanotechnologies. Il s’agit de produits lustrants et d’entretien, développant ce qu’on appelle l’effet nano, ou «effet lotus», ainsi que de quelques produits cosmétiques. Liste exacte des produits et informations sur les nanotechnologies sur:

www.coop.ch/nanotechnologies

Publication:
lundi 12.03.2012, 10:44 heure