C’est dans les régions à forte croissance démographique que l’eau est le plus rare.

L'eau, une ressource limitée

Journée mondiale de l’eau le 22 mars. Le thème de cette année est la sécurité alimentaire. Car si l’eau apaise la soif, elle rassasie aussi.

Rolf Weingartner, professeur d’hydrologie à l’Université de Berne: «D’une manière globale, il y a assez d’eau».

Rolf Weingartner, professeur d’hydrologie à l’Université de Berne: «D’une manière globale, il y a assez d’eau».
Rolf Weingartner, professeur d’hydrologie à l’Université de Berne: «D’une manière globale, il y a assez d’eau».

Sans eau, point d’agriculture. Sans eau, point de nourriture. Le réchauffement climatique, la progression de la sécheresse et la croissance démographique sont plus que jamais d’actualité. Il semble par conséquent légitime de craindre que, bientôt, le monde n’aura plus assez d’eau pour produire la nourriture dont ses habitants ont besoin. «Sur le plan régional, cette crainte est parfois justifiée, mais d’un point de vue mondial, nous avons en fait assez d’eau», répond Rolf Wein-gartner, professeur d’hydrologie à l’Université de Berne.

L’eau n’est pas toujours disponible au bon endroit, au bon moment et en qualité suffisante. «Le problème n’est toutefois pas la quantité, assure Rolf Weingartner, c’est une question de gestion et de solidarité.» Des infrastructures vétustes, un manque de volonté politique, un accès limité aux technologies et au savoir ainsi que l’absence de réseaux sont des facteurs tout aussi déterminants que la disponibilité de l’eau en tant que telle.

Pour produire des denrées agricoles, il faut de l’eau, beaucoup d’eau: 900 litres pour un kilo de pommes de terre ou de maïs, 1300 litres pour un kilo de blé et même 3400 litres pour un kilo de riz. Ainsi, la production de blé représente 12% de l’eau utilisée dans le monde pour la production de denrées végétales, et celle de riz, 20%. Cependant, l’élevage est encore bien plus gourmand, puisque la production d’un kilo de viande requiert, selon l’espèce, 3900 litres pour la volaille, 4800 litres pour le porc, et non moins de 15 500 litres pour le bœuf.

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 30% des denrées alimentaires produites ne sont jamais consommées. Elles se détériorent par manque d’entrepôts adaptés ou ne parviennent pas à destination en raison de problèmes de transport. Ou elles sont tout bonnement jetées… Dans les pays riches, on gaspille ainsi chaque année autant d’aliments que l’Afrique subsaharienne en produit. Ce faisant, on gaspille aussi l’eau nécessaire à leur production.

La Journée mondiale de l’eau, ce 22 mars 2012, veut attirer l’attention sur les liens entre l’eau et la sécurité alimentaire. L’eau est une denrée limitée. On ne peut pas non plus la multiplier. Sa quantité reste constante. Ainsi, à mesure que la population mondiale augmente, la quantité disponible par personne diminue. Et c’est justement dans les régions où l’eau est le plus rare que la croissance démographique est la plus marquée. Par ailleurs, la consommation d’eau y progresse encore plus vite que la population, car la consommation d’aliments gourmands en eau, comme la viande, augmente à mesure que la situation économique s’améliore.

Les scientifiques parlent d’eau bleue et d’eau verte. L’eau bleue est celle qu’on trouve dans les cours d’eau, les lacs et les nappes souterraines. Cette eau est activement utilisée pour irriguer les sols. L’eau verte est l’eau de pluie emmagasinée dans les sols et disponible pour les plantes, donc aussi pour les cultures.

A l’échelle mondiale, environ 20% des surfaces agricoles sont irriguées avec de l’eau bleue. Il y a à peine dix ans, on misait encore sur une augmentation des cultures irriguées, alors qu’aujourd’hui, on privilégie une meilleure utilisation de l’eau verte. Il s’agit de récupérer l’eau et de la stocker, de sélectionner des variétés moins gourmandes en eau et, bien entendu, de mieux gérer l’irrigation. «Même si la surface agricole est limitée, on peut néanmoins en augmenter son efficacité», souligne le professeur Rolf Weingartner.     Antoinette Schwab

Journée mondiale de l'eau

L'eau «virtuelle», c'est quoi?

Il faut environ 140 litres d’eau pour une tasse de café.

Il faut environ 140 litres d’eau pour une tasse de café.
Il faut environ 140 litres d’eau pour une tasse de café.

La Suisse importe beaucoup de denrées agricoles, consommant ainsi de l’eau d’autres pays: on parle alors d’«eau virtuelle».

La consommation d’eau potable en Suisse a diminué ces dernières années. L’eau potable n’est toutefois qu’une petite partie de l’eau effectivement consommée. A ces 200 litres par jour s’ajoute l’eau virtuelle, soit l’eau employée pour la production de nourriture et de biens industriels.

Tout bien considéré, un Suisse consomme donc en moyenne près de 5000 litres d’eau par jour! Comme de nombreux produits sont importés, plus de 80% de l’eau virtuelle est consommée à l’étranger, dont plus de la moitié pour des denrées agricoles. Le cacao est en tête du palmarès, suivi par le café, le sucre, les oléagineux, les noix, le blé et le riz. A lui seul, le café représente 6% des flux mondiaux d’eau virtuelle. Pour une tasse de café, il faut environ 140 litres d’eau, contre «seulement» 30 litres pour une tasse de thé.
Cela semble peut-être paradoxal, mais pour économiser l’eau, il n’y a donc rien de tel que de boire de l’eau.

Calculez votre empreinte en eau (le site est en anglais; attention, indications en m3 par année): www.waterfootprint.org

Coop économise l'eau. Faites de même!

L’eau propre est un bien de plus en plus rare. Le groupe Coop a donc équipé les robinets de toutes ses filiales, ses bâtiments administratifs, ses centres logistiques et ses entreprises de production d’économiseurs d’eau. L’installation de 7500 dispositifs permet à Coop d’économiser 50 000 m3 par an, ce qui correspond au volume d’eau qui passe en deux minutes dans les chutes du Rhin près de Schaffhouse. Coop participe en outre à des projets d’économies d’eau un peu partout dans le monde: par exemple pour de l’eau potable propre au Vietnam ou pour des systèmes de micro-irrigation en Inde et au Honduras. Economisez vous aussi: vous pouvez remplacer votre vieux pommeau de douche par un pommeau plus économique en vente chez Coop brico+loisirs. (Voir en page 63 de l'édition N° 12).

www.coop.ch/developpementdurable

Publication:
lundi 19.03.2012, 12:09 heure