Mignon, mais vorace

Considéré comme nuisible en Syrie, le hamster doré est pourtant un charmant petit compagnon… que l’on prend trop souvent pour un jouet en peluche.

Une drôle de bestiole, le hamster, qui double quasiment de volume après avoir fait ses courses, sans caddie, tout dans les abajoues! Ses rapports avec l’homme débutent sérieusement dans les années 1930, quand des chercheurs de l’Université de Jérusalem capturent, près d’Alep, une femelle et sa descendance. La famille se reproduit si bien que l’institution propose de fournir en hamsters des laboratoires de Grande-Bretagne. Le petit rongeur enchanta les Anglais, qui l’adoptèrent comme animal de compagnie.

Adorable, mais le hamster est un… oiseau de nuit. Il se repose durant la journée. Que les enfants en soient avertis. Pourtant, tout à coup, il se déchaîne dans sa roue, son fitness à lui. Il en a besoin, c’est un boulimique actif, qui creuse des terriers dans la nature, parcourant jusqu’à plus de dix kilomètres en une nuit pour ramener sa subsistance. Solitaire devant l’Eternel, hormis à la période des amours – les femelles peuvent avoir dix portées par an, de cinq à dix rejetons –, notre grignoteur déteste la vie à deux. D’ailleurs, le père n’hésite pas à dévorer sa progéniture. La mère aussi, du reste, comme l’a observé la jeune Emma à Lausanne, qui a vu maman hamster mettre bas et manger comme une tartine un des bébés! Le gros chagrin de la fillette mérite une explication: la mère souffrait peut-être de carence alimentaire, notamment en protéines (nous y reviendrons). Elle compense en avalant un des petits. Ou alors, elle craignait de ne pouvoir les nourrir tous. Pragmatique, notre hamster!

Pour jouer avec lui, en fin de journée, l’attraper par l’abdomen entre le pouce et l’index, en douceur, et le déposer au sol ou sur ses genoux. Il apprécie les balades dans une pièce… mais gare au chat et aux recoins! Pour son bonheur, offrez-lui une grande cage, un épais tapis de copeaux de bois, une maisonnette, de l’ouate dans laquelle il s’enroule. Il aime les branches d’arbre. Eau et nourriture variée, qu’il s’empressera d’enterrer dans son nid. Et la fameuse roue. Le must? Une excellente hygiène: changer la cage deux fois par semaine.

Fin tragique

Avec son allure chaloupée, son insolente élégance, les moustaches blanches en éventail, se détachant du corps tout noir, «Aramis» arpentait le jardin en roulant les mécaniques, manière grand fauve sur le sentier de la chasse. Pourtant, point de chasse: malgré ses six kilos de muscles, d’os, de poil sombre et d’yeux plus verts que l’émeraude, «Aramis» n’aimait que gambader et dormir au soleil.

Enhardis par un comportement aussi zen, les enfants ouvrirent la cage du hamster «Caramel». Quelques reniflements, et le miracle: le félin s’endormait en léchant le rongeur. Le manège dura des mois: ces deux-là s’aimaient à la folie. Mais un après-midi, alors que le hamster roupillait contre le ventre de son pote, celui-ci ressentit brusquement l’appel de la vie sauvage. Il se dressa sur ses quatre pattes, léchouilla le rongeur puis, d’un coup de dents, il l’attrapa par le cou, le tua net et le dévora tout cru.

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Bernadette Richard

Journaliste, écrivaine et astrologue

Photo:
Prisma
Publication:
mardi 15.05.2012, 14:51 heure

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