Les chats errants des zones industrielles ne sont pas heureux. Et ils ne sont pas très appréciés.

Chats: attention à la prolifération

Chaque année, la Protection suisse des animaux (PSA) capture 10'000 chats et les fait castrer. Cette mesure entre dans le cadre de la protection animale.

Les chats font partie de la ferme, comme les vaches. Les uns et les autres sont des animaux utiles dans leur domaine. La vache donne du lait et le chat capture les petits rongeurs, contribuant ainsi à stabiliser leurs populations.

L’inconvénient, c’est que les chats se reproduisent vite. Et outre des souris, ils attrapent aussi des oiseaux et peuvent donc devenir une menace pour ceux-ci. Les paysans en sont conscients et régulent depuis longtemps le nombre de chats, employant, si nécessaire, la manière forte!

Depuis des années, la Protection suisse des animaux (PSA) intervient dans ce domaine. Elle dépense chaque année 400'000 fr. pour castrer 10'000 félins. Des bénévoles les capturent dans les fermes avec des pièges, puis les apportent chez le vétérinaire. Cette action ne se limite pas aux chats des exploitations agricoles. «On prend aussi des chats errants ou des harets (ndlr: chats domestiques retournés à l’état sauvage) dans des zones industrielles», explique Michèle Vogelsanger. Cette environnementaliste de la section de Winterthour est chargée de soigner les animaux. «Ces chats sont examinés, castrés et marqués par un vétérinaire, puis relâchés, si possible au même endroit.»

Ce n’est possible que si quelqu’un peut garder un œil sur eux et les nourrir de temps en temps. Certains chats sont capables de vivre de la chasse aux rongeurs, mais ce n’est pas toujours le cas. La PSA paie 40 fr. par castration. L’opération est plus chère pour les femelles. «Les sections locales de la PSA travaillent main dans la main avec des vétérinaires qui pratiquent des tarifs spéciaux, afin que cette forme de protection animale soit financièrement réalisable», précise la bénévole. Son groupe amène chaque année entre 100 et 120 chats chez le vétérinaire.

«A l’avenir, le Conseil fédéral a l’intention de laisser aux cantons le soin d’autoriser le tir des chats errants», précise le président de la PSA, Heinz Lienhard. «Or, tout chat se trouvant en dehors d’un certain périmètre peut en être victime. C’est pourquoi le contrôle des naissances est si important pour nous.»

Le fonds de castration est l’un des projets les plus récents de la PSA, qui fête son 150e anniversaire cette année. Bien des choses ont changé depuis sa création. En 1893, les Suisses ont approuvé une initiative de la PSA sur l’abattage des animaux.

En 1981, le Conseil fédéral a promulgué la nouvelle loi sur la protection des animaux qui interdit l’élevage des poules en batterie, cas unique au monde. La limitation à six heures du transport d’animaux n’existe dans aucun autre pays. Depuis 2010, la castration sans anesthésie des porcelets est interdite.

Des animaux activement protégés

Les six points forts de la Protection suisse des animaux. Pour que les hommes et les animaux vivent en harmonie.

1. Animaux de rente. Dans la lutte pour les droits des animaux de rente, la PSA a obtenu de nombreux résultats: interdiction de l’élevage des poules en batterie, du blocage de la truie et de la castration sans anesthésie, limitation de la durée du transport d’animaux de boucherie à six heures.

2. Animaux sauvages. Une nature intacte et variée est la condition sine qua non de la survie des animaux sauvages. La PSA se bat pour interdire les pratiques de chasse particulièrement cruelles et s’engage en faveur d’un traitement respectueux des poissons.

Les animaux sauvages ont besoin d’endroits à eux.

3. Animaux de laboratoire. La PSA exige le respect de la dignité et des droits des animaux de laboratoire. Aux expériences sur les animaux doivent se substituer d’autres méthodes, pour éviter de faire souffrir des animaux. Un exemple: on a réussi à mettre un terme aux expériences sur les singes.

4. Animaux de compagnie. La cruauté envers les animaux commence généralement de façon insignifiante et par manque de connaissances. C’est pourquoi la PSA fournit des informations de spécialistes sur une garde conforme des animaux de compagnie.

Les animaux de laboratoire ont droit à la dignité.

5. Contrôle des labels. De nombreux consommateurs attachent de l’importance aux produits issus d’un élevage respectueux des animaux. Depuis 1996, la PSA est accréditée en tant qu’organisme de contrôle. Elle surveille les exploitations fournissant des produits portant un label respectueux des animaux, comme Naturaplan de Coop pour le compte de distributeurs.

6. Enseignement. Les connaissances en matière de besoins des animaux et de traitement respectueux de ceux-ci doivent être acquises dès le plus jeune âge. C’est pourquoi la PSA a mis au point un programme scolaire axé sur la protection des animaux. Ce programme appelé «Krax», qui s’adresse aux jeunes de 6 à 15 ans, est soutenu financièrement par Coop. Infos sur: www.krax.ch

Coop et la PSA

Bien-être des animaux

La viande et les œufs Naturafarm sont d’origine suisse garantie. Parcours et élevage en plein air, stabulations respectueuses des animaux et alimentation contrôlée sans OGM font partie des exigences minimales. Si l’on excepte la production biologique, Naturafarm est de loin le programme le plus conséquent en matière de détention des porcs, bovins et volailles. La

PSA vérifie que les règles sont respectées, dans les fermes ainsi que lors du transport et de l’abattage des animaux, en faisant des contrôles inopinés. On est ainsi assuré que les directives de Coop, qui sont plus sévères que la réglementation officielle, sont bien appliquées.

Liens sur le sujet

Coop Naturafarm
Protection des animaux
Les besoins des animaux pour les jeunes
Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Alamy
Publication:
mercredi 31.08.2011, 11:37 heure

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