Les mers se vidant, les Européens pillent les eaux étrangères. Ici, un chalutier géant néerlandais observé par un activiste de Greenpeace au large de la Mauritanie (Afrique de l’Ouest).

Flotte européenne: elle doit être réduite

L’UE dispose encore d’une flotte de pêche surdimensionnée. Apparemment, la réforme de la politique commune de la pêche n’y change pas grand-chose.

Début mai, le gouvernement sénégalais a retiré les licences de pêche à 29 grands chalutiers étrangers avec effet immédiat. Cette mesure doit répondre au mécontentement grandissant des petits pêcheurs locaux. Ceux-ci ne peuvent rivaliser avec ces bateaux-usines qui pillent leur ressource halieutique. En outre, dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, l’attribution de ces licences de pêche est souvent le résultat d’actes de corruption.

L’interdiction immédiate de pêcher s’est également appliquée à des chalutiers lituaniens qui font partie de la flotte de l’Union européenne (UE). Dans le même temps, l’organisation écologiste Greenpeace a rapporté qu’elle avait compté, en patrouillant au large des côtes sénégalaises et mauritaniennes entre le 15 février et le 15 avril 2012, 71 bateaux de pêche étrangers. Un tiers de ces bateaux battait pavillon de l’UE et de nombreux autres appartenaient à des entreprises européennes.

On peut se demander pourquoi les Européens pêchent au large des côtes d’Afrique de l’Ouest. Tout simplement parce qu’ils ne trouvent plus de poisson dans les mers européennes. En effet, selon les services de l’UE, à l’heure actuelle, les trois quarts des stocks (82% en Méditerranée et 63% en Atlantique Nord) sont surexploités. L’UE elle-même ne s’en cache pas: cette situation est due principalement au fait que pendant longtemps, la flotte de pêche a été trop importante et trop performante. Des études menées par l’UE ont montré qu’en bien des endroits, la capacité de pêche de la flotte européenne était deux à trois fois supérieure à ce qu’une pêche écologiquement durable peut supporter.

Certes, le nombre de bateaux de pêche de l’UE est en constante diminution (106 729 en 1995 et 83 014 en septembre 2011). La taille et la puissance moyennes des navires décroissent aussi continuellement, mais lentement (tout juste 2% par an). Insuffisant. Les prises continuent de diminuer et de nombreuses petites entreprises doivent fermer ou luttent pour leur survie. Pour résoudre ce problème, l’UE a engagé une réforme de la politique commune de la pêche. Le but est de pérenniser la pêche sur les plans écologique, économique et social. La Commission européenne a donc élaboré un train de mesures. Par exemple, elle veut interdire le rejet par-dessus bord des captures indésirables, mieux aider la pêche artisanale côtière et encourager l’aquaculture durable.

Il manque toutefois un point sur la liste, à savoir la réduction rapide et drastique de la flotte. Le sujet est abordé du bout des lèvres. Quand on en discute ouvertement, comme fin avril lors de la rencontre des ministres de la Pêche à Luxembourg, les parties n’arrivent pas à se mettre accord. Ce qui peut se comprendre quand on sait qu’en Europe, 260 000 personnes travaillent dans le secteur de la pêche et de l’industrie de transformation. Nombre d’entre elles perdraient leur emploi en cas de réduction de la flotte. C’est de toute façon ce qui finira par arriver quand la ressource halieutique aura été épuisée, mais beaucoup d’hommes politiques ne semblent pas l’avoir encore compris.

Une lueur d’espoir cependant: l’UE entend soutenir une flotte de pêche composée de bateaux plus petits et plus respectueux de l’environnement. Ces bateaux ont l’avantage d’offrir un plus grand nombre d’emplois par tonne pêchée. Plus d’emplois tout en réduisant les prises, cela sonne bien. Reste à espérer que ce projet se réalise et que la mise en œuvre de la réforme de la politique commune de la pêche, qui doit intervenir dès 2013, ne tombe pas à l’eau.

Il y a boîtes et boîtes

Désormais, les boîtes de thon, de maquereau et de hareng en vente chez Coop seront toutes de provenance écologique.

Capturé en douceur, le poisson n’en est que meilleur. Même en conserve.

Capturé en douceur, le poisson n’en est que meilleur. Même en conserve.
Capturé en douceur, le poisson n’en est que meilleur. Même en conserve.

D’ici à la fin de l’année, toutes les conserves de poisson de marque Coop proviendront de pêcheries pratiquant une pêche durable et arboreront le label MSC. Ça a commencé en 2010 avec les sardines en saumure de Weight Watchers, puis avec les sardines et le thon blanc à l’huile. D’autres produits suivront. Con-cernant les produits de marque, Coop fait pression sur les fournisseurs pour que leurs conserves soient issues de la pêche durable.

En 2008, l’entreprise du commerce de détail a lancé les premières boîtes de conserve de thon blanc et de filets de maquereau de marque Connétable certifiées MSC. Les harengs de Norda arborent aussi le label bleu marine. Les marques Rio Mare et Saupiquet ont choisi une autre option et font certifier leurs produits par la fondation internationale pour une pêche durable (ISSF). Depuis douze ans, Coop joue un rôle pionnier en Suisse en matière de label MSC, et pas seulement pour le poisson en boîte. En effet, plus de 56% du poisson sauvage, frais et congelé, répond aux standards MSC.

Pêche: qu’est-ce que le label MSC?

Environ 80% des espèces marines sont surpêchées ou en passe de l’être. Si nous voulons continuer à manger du poisson, nous devons privilégier les labels de pêche durable. Coop est membre fondateur du WWF Seafood Group et s’engage depuis 2007 pour une pêche responsable.

Les produits de la mer certifiés MSC (Marine Stewardship Council) sont issus d’une exploitation durable des ressources halieutiques. Concrètement, la quantité pêchée ne doit pas être supérieure aux capacités des espèces à se renouveler. De plus, les pêcheries certifiées veillent à garder intacts les habitats marins et protègent les espèces menacées.

www.msc.org
Carte de recyclage de la Suisse