Le magnifique triton alpestre: pas seulement victime de la route, mais aussi des irresponsables qui l’enferment dans des bocaux.

Macadam batraciens

Parmi les victimes de la route, grenouilles et crapauds tiennent le haut du pavé. Mais on peut aisément l’éviter, comme le démontre un groupe de Chaux-de-Fonniers.

En 2001, alors que toutes les espèces de batraciens – exception faite de la salamandre noire – étaient menacées, la Confédération recensait quasi 900 sites de reproduction qui devaient être protégés. Or préserver des espèces passe le plus souvent par un travail de bénévolat, tel que l’applique, entre autres, le Groupe de protection des batraciens des Grandes-Crosettes de La Chaux-de-Fonds, emmené par Marcel Jacquat, ex-conservateur du Musée d’histoire naturelle, aujourd’hui retraité hyper-actif. Entre mars et juin, quelques fidèles amoureux de la nature retroussent leurs manches matin et soir afin de transporter les bestioles sauvées dans leur biotope de prédilection, les étangs, où se déroule la magie des naissances.

Aux Grandes-Crosettes, à l’entrée de la métropole horlogère, des milliers de batraciens étaient écrabouillés par les voitures. «Depuis 2008, nous posons des toiles de protection au bord de la route, quand les batraciens se hâtent vers l’eau. Nous les retirons en juin, quand la période de reproduction est terminée», explique Marcel Jacquat. Un crapauduc (image ci-dessous) permet aux bestioles à sang froid de passer sous la route. Celles qui ne trouvent pas le crapauduc suivent les bandes de protection et plongent dans un seau qu’il faut emmener dans la gouille de leurs amours, de l’autre côté du macadam assassin. Les bénévoles les récupèrent deux fois par jour.

«Si 463 cadavres de tritons alpestres ont été dénombrés sur l’asphalte, 3538 d’entre eux ont été transférés à l’étang», poursuit le biologiste. Côté crapauds communs, seuls 70 ont été transférés, de même que 74 grenouilles rousses, un chiffre très bas dû au crapauduc. Alors, plus malins, les crapauds et les grenouilles?

Tout en retirant les toiles de protection en compagnie des bénévoles, Marcel Jacquat découvre un triton au ventre orange à demi endormi dans la terre. Alors qu’il prend la petite femelle aux pattes aussi fines qu’une dentelle dans sa main, elle se réchauffe et retrouve sa vigueur. «Depuis 2008, nous avons noté une augmentation de naissances et beaucoup moins de cadavres.» C’est donc simple de préserver la faune: un petit coup de pouce régulier.

Un crapauduc!

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Bernadette Richard

Journaliste, écrivaine et astrologue

Photo:
Getty images
Publication:
lundi 18.06.2012, 10:04 heure

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