Abandons d’été

L’été est là, soleil, plages, réjouissances pour les humains. Pour les animaux de compagnie, la saison est souvent maudite, car synonyme d’abandons.

En France, la lutte contre ce fléau est un vrai combat pour les amis des animaux et la Société protectrice des animaux, qui mène des campagnes de sensibilisation. En Suisse, la question divise. Au refuge de Sainte-Catherine à Lausanne, Stéphane Crausaz relève: «Nous constatons que la plus forte augmentation d’abandons des grandes vacances concerne les rongeurs, lapins, cobayes, hamsters.»

A la SPA de Fribourg, Silvie Schmid regrette les abandons qui s’éparpillent sur toute l’année, pas spécialement en été. Pas moins de 500 chats transitent par ce refuge, «mais attention, souligne-t-elle, nous accueillons aussi des animaux trouvés qui semblent n’appartenir à personne». A Neuchâtel, le son de cloche résonne comme un tocsin. Très impliquée personnellement dans le secours aux animaux (elle abrite chez elle 80 chats, dont certains sauvageons ne supportent même pas le regard humain), Chantal Yerli s’occupe de la SPAN de Neuchâtel: «Bien sûr que l’été apporte son lot d’abandons de chats et de chiens. Le mois de juin est dramatique: soudainement, les propriétaires se découvrent des allergies et se séparent de leur compagnon.» Révoltée, elle ne peut que constater et prendre soin des malheureux que les humains considèrent de plus en plus comme de vulgaires objets de consommation, en somme des kleenex sur pattes.

Au niveau faîtier, la Protection suisse des animaux (PSA), les fluctuations mensuelles des abandons ne sont pas recensées, mais les chiffres sont éloquents: en 2010, 27 500 animaux ont été abandonnés dans les 70 sections des SPA de Suisse et du Liechten-stein (12 350 chats, 3850 chiens, 3300 rongeurs, 8000 autres représentants de diverses espèces); 18 500 de ces malheureux ont retrouvé un foyer. En 2009, 24 000 animaux ont été abandonnés; en 2008, 21 040; en 2007, 18 800. Les abandons sont donc en augmentation. Pointe de l’iceberg? Car il y a ceux qui sont jetés incognito. Alors, à quand des lois beaucoup plus strictes?

Avec Cambouis: vacances cauchemar

Nathalie a demandé à ses parents s’ils voulaient bien s’installer chez elle durant ses vacances, une quinzaine aux Canaries. Papa maman ont dit oui d’une seule voix: avec le grand balcon qui bée sur le lac, le logement de la petite est fort accueillant. Non qu’elle craigne les voleurs; elle a adopté dans un refuge un vieux chat gris au regard d’ambre dont personne ne voulait, et pour lequel une cat-sitter s’impose. Avec ses 8 kg, «Cambouis est adorable, a précisé Nathalie. Juste un peu sauvage…» Les parents se sont installés… dans une seule pièce, et pas celle du balcon, squattée par le fauve. C’est que Cambouis les a pris tout de suite en grippe, feulant d’entrée, griffant, sautant sur papa et arrachant les cheveux de maman. Traumatisés par le monstre gris, ils ne sont plus sortis de leur pièce que pour aller à la salle de bains ou à la cuisine, afin de se sustenter et de nourrir la bête.

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Bernadette Richard

Journaliste, écrivaine et astrologue

Photo:
Getty images
Publication:
lundi 16.07.2012, 15:40 heure

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