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Le pangasius fait partie des cinq poissons les plus consommés en Suisse. Sa chair est tendre et délicate et il a peu d’arêtes.

Les poissons sont élevés dans de grands enclos directement dans le Mékong.

La pisciculture au Vietnam est pénible, car une grande partie du travail est fait à la force des bras.

Pangasius bio: un vrai poisson du Vietnam

Le premier et le seul élevage bio de pangasius au monde, un modèle écologique et social.

Neuf kilos: c’est à peu près la quantité de poisson que chaque Suisse consomme par an. Selon le WWF Suisse, le pangasius est un poisson qu’on trouve de plus en plus souvent dans nos assiettes. Chez nous comme en Allemagne, c’est l’un des cinq poissons les plus consommés, ce qui est remarquable quand on pense qu’il était inconnu il y a encore une vingtaine d’années.
Pourquoi cet engouement? «La chair du pangasius est blanche et tendre; sa saveur douce et il a peu d’arêtes», répond Gerhard Zurlutter, responsable des achats de poissons chez Coop. Mais son principal atout, c’est son prix. Il est bon marché, pour ne pas dire, trop bon marché. «A l’heure actuelle, le marché européen est littéralement submergé de poissons à bas prix», remarque le responsable. Or, on a tendance à oublier que les poissons très bon marché proviennent souvent de piscicultures aux méthodes d’élevage intensif discutables d’un point de vue écologique. «En revanche, un produit authentique provenant d’élevages responsables, souligne Ger-hard Zurlutter, coûte plus cher mais vaut son prix.»

Le meilleur exemple de produit authentique est le pangasius bio distribué par Coop. Il provient de la province vietnamienne d’An Giang où la société allemande Binca Seafoods a créé la première ferme d’élevage bio de pangasius en 2004. Actuellement, c’est la seule au monde. «On y applique les directives sévères du Bourgeon de Bio Suisse.»

Les poissons sont élevés dans de grands enclos fermés par des filets et placés dans le Mékong. Dans les bassins voisins, on élève de jeunes poissons. «La densité maximum par mètre cube d’eau est d’environ 12 poissons, soit 10 kilos, indique l’acheteur de Coop. Dans les fermes aquacoles d’élevage intensif, il peut y en avoir jusqu’à 100!»
La nourriture est composée uniquement de produits bio (les organismes génétiquement modifiés sont exclus) à base de céréales bio et de farine/huile de poisson issue de sous-produits de l’industrie de transformation piscicole.
Les médicaments, les hormones de croissance et les additifs sont prohibés.

Le qualificatif de bio doit être aussi un gage de bonne qualité de l’eau. Un point qui est souvent la cible des critiques. La réponse de Ger-hard Zurlutter: «L’élevage de pangasius bio est situé dans la partie nord du delta du Mékong, c’est-à-dire en amont de la plupart des piscicultures conventionnelles et des centres industriels et urbains.» En outre, le Mékong est l’un des plus grands fleuves du monde, au débit relativement élevé, ce qui assure un renouvellement constant de l’eau. Sa qualité est notamment contrôlée chaque semaine par l’Université Can Tho, «une des meilleures d’Asie dans le domaine de l’aquaculture».

Un «produit authentique» n’est pas seulement une marchandise issue d’un élevage écologiquement durable. La production doit être assurée par des personnes rémunérées équitablement et correctement traitées. «Sur ce point,
Binca Seafoods fait un travail exemplaire, assure Ger-hard Zurlutter. Les pisciculteurs vendent leurs pangasius bio à un prix équitable, fixé par contrat.»
Les employés reçoivent des salaires corrects et bénéficient de prestations sociales, comme l’assurance maladie et l’assurance retraite. «Les gens sont plus sereins, on le voit sur leur visage.»
Les conditions écosociales ont un coût, répercuté sur le prix du produit. En fin de compte, c’est le consommateur qui décide s’il veut, ou peut, débourser plus. Il serait souhaitable que oui, car plus la demande de pangasius bio est grande, plus le prix de la marchandise baisse – et plus les gens, les animaux et l’environnement en bénéficient.

Coop mise dorénavant sur le nouveau label ASC attribué aux poissons de piscicultures conventionnelles, et donc sur des normes écosociales minimales.

Au Sud-Est asiatique, la protection de l’environnement, le bien-être des animaux et les conditions de travail ne sont pas toujours les préoccupations principales. L’organisme Aquaculture Stewardship Council (ASC), qui a été créé en 2009 par le WWF et l’Initiative pour le développement commercial (IDH), voudrait changer cet état de choses.
Le nouveau label ASC est décerné aux piscicultures conventionnelles appliquant des méthodes responsables en élevage de poissons et de fruits de mer. Elles ne doivent pas nuire à l’écosystème qui les entoure ni lui porter atteinte durablement. La densité de poissons est réglementée et l’administration de médicaments à titre préventif interdite.
Les salaires doivent être équitables et la législation du travail en vigueur respectée. Ces mesures ainsi que de nombreuses autres visent à faire disparaître à long terme les piscicultures intensives problématiques. En automne, Coop commercialisera ses premiers tilapias et pangasius certifiés ASC.

www.asc-aqua.org
René Schulte

Rédacteur

Publication:
lundi 30.07.2012, 09:00 heure

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