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Raisin: des insectes pratiques

Le bio marche bien. Dans le sud de l’Italie, Coop fait un pas de plus. Les méthodes de lutte biologique contre les ravageurs y seront aussi davantage utilisées en culture conventionnelle.

La demande de produits bio reste forte. Ce segment de marché continue à se développer de manière très dynamique.

Antonio Tarulli, producteur de raisin de table dans les Pouilles, au sud de l’Italie, le sait et il en profite. Depuis 1996, il produit du raisin de table biologique. Le climat très ensoleillé du sud a toujours favorisé la région très fertile des Pouilles. C’est de là que viennent notamment les meilleures variétés de raisins de table: Uva Italia, Red Globe, Vittoria pour n’en citer que quelques-unes. Ces variétés produisent de gros grains ronds et savoureux, avec de moins en moins de pépins.

De tous les raisins vendus par Coop en 2011, 7% étaient bio. «Les critères de Coop concernant les produits bio sont sévères et les quantités limitées», souligne Vladimir Cob, responsable du groupe Achat de fruits chez Coop. Il y a une raison. «Le raisin normal est déjà délicat. Le raisin bio est encore plus exigeant au niveau de la culture», remarque de son côté le producteur italien. Il exa­mine donc les ceps régulièrement pour y déceler des signes de maladie ou la présence de ravageurs. S’il en trouve, il enlève les feuilles ou sarments malades à la main. Si l’atteinte est plus importante, il fait appel à des auxiliai­res de manière ciblée ou utilise des leurres ou des pièges.

La lutte bio contre les ravageurs répond à un principe naturel: une espèce se nourrit d’une ou de plusieurs autres. Parfois, il faut corriger le rapport auxiliaires/ravageurs, de manière à ce que les derniers ne constituent plus un danger pour la plante cultivée. «C’est  beaucoup de travail. On utilise des algues, des orties, du thym et de la poudre de roche comme engrais. Les engrais de synthèse sont interdits. Mais en fait, tout ce dont les plantes ont besoin est déjà présent dans le sol», explique Antonio Tarulli.

Autre différence entre le bio et le conventionnel: le rendement, plus élevé en production conven­tion­nelle. Les quatre premières années, un paysan peut récolter jusqu’à 70 tonnes de raisin de table par hectare. Mais ce rendement laisse des traces sur la vigne. Après une dizaine d’années, les quantités diminuent fortement. Il faut remplacer les ceps. En revanche, les ceps bio restent sains et les rendements constants une vingtaine d’années. Comme le risque de pertes de récoltes est plus grand en culture bio, entraînant, le cas échéant, un manque à gagner, les raisins bio sont plus chers.
Toutefois, certaines mesures bio sont tellement efficaces que les producteurs conventionnels peuvent aussi les appliquer. «Dans le cadre d’un projet de production dura­ble, nous souhaitons faire connaître de telles mesures aux producteurs et encourager leur utilisation en culture conven­tion­nelle de raisin de table», annonce Raphael Schilling, chef de projet développement durable chez Coop.

Actuellement, une dizaine de producteurs de raisin de table testent de nouvelles méthodes. Ils parviennent à lutter très efficacement contre les cochenilles en leur opposant des coccinelles. Autre ravageur, la tordeuse de la grappe – un papillon de nuit dont les chenilles attaquent les fleurs et les grains – peut occasionner des dégâts impor­tants. Pour lutter contre ce papillon, les cultivateurs utilisent un produit odorant, qui répand partout l’odeur des femelles et perturbe les mâles. Ils perdent alors le sens de l’orientation et ne trouvent plus les femelles. C’est ce qu’on appelle la lutte par «confusion sexuelle». Elle est très efficace, moins chère et plus écolo dans la mesure où elle permet de diminuer le recours à des pesticides.

«Le potentiel du raisin bio est énorme»

Actuellement, 3% des raisins de table sont issus de la production bio. Mais la demande augmente et Coop veut étoffer son offre.

Vladimir Cob, responsable du groupe Achat de fruits chez Coop.

Vladimir Cob, responsable du groupe Achat de fruits chez Coop.
Vladimir Cob, responsable du groupe Achat de fruits chez Coop.

Coopération. D’où viennent les raisins de table vendus par Coop?
Vladimir Cob. Nos fournisseurs principaux sont l’Italie et la France. Les raisins de table italiens viennent tous des Pouilles et de Sicile. La diversité variétale a énormément augmenté ces dernières années.

Quelle est la proportion de raisins certifiés bio?
La part des raisins de table bio produits en Italie est d’environ 3%, mais elle augmentera ces prochaines années. D’une part, parce que les cultures actuelles agrandiront leur surface et d’autre part parce que les producteurs prêts à oser le bio sont de plus en plus nombreux.

La demande s’est-elle développée?
Elle croît! Et la qualité des raisins bio est meilleure d’une an­née à l’autre. Les améliorations régulièrement apportées au niveau de la production et du conditionnement donnent aujourd’hui de bons résultats. Les raisins de table biologiques  sont toujours plus beaux et plus savoureux.

Réduire la charge des pesticides

Coop participe à un projet de développement durable de la Coopérative d’achat Coopernic avec ses partenaires Rewe (Allemagne), Colruyt (Belgique) et Conad (Italie). Dans ce contexte, il est prévu d’encourager la culture durable du raisin de table dans les Pouilles (Italie).

Le but est de réduire le recours aux pesticides et d’imposer les normes sociales Grasp (Global Risk Assessment on Social Practice). Les entreprises du commerce de détail veulent ainsi contribuer à réduire la charge en pesticides et, à plus long terme, préserver la biodiversité. Grasp veut en outre améliorer les conditions de travail dans les entreprises agricoles ­sous-traitantes.

Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Keystone, Prisma, SP
Publication:
lundi 03.09.2012, 11:20 heure

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