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Les intoxications par des produits chimiques ménagers peuvent être évitées si on prête attention aux symboles de danger.

Centre suisse d’information toxicologique, plus connu sous le nom de «Tox».

La centrale d’urgence du Tox, à Zurich, où travaillent professionnels de la santé et vétérinaires.

Les cas d’intoxication graves sont discutés en équipe: le directeur du Tox, Hugo Kupferschmidt (à g.), avec ses collaborateurs.



Le dosage fait le poison

Du sirop lave-vaisselle au petit pétard dans l’estomac du chien: le «Tox» de Zurich reçoit plus de 30 000 appels au secours par an venant de toute la Suisse.

Un cadeau empoisonné? Non, un gâteau empoisonné! Qui eût cru, en voyant cette pâtisserie appétissante, que les cerises noires allaient s’avérer extrêmement indigestes? Les baies étaient en fait celles de la belladone – ou Atropa belladonna dans le jargon botanique –, une plante toxique appelée ainsi en l’honneur de la déesse grecque de la destinée, Atropos. C’est elle qui coupe le fil de la vie.

Dans le cas présent, les personnes intoxiquées ont eu de la chance. Quand elles ont commencé à avoir des nausées, elles ont tout de suite composé le numéro d’urgence 145, celui du Centre suisse d’information toxicologique, plus connu sous le nom de «Tox». «Nous les avons immédiatement envoyées à l’hôpital où elles ont d’ailleurs séjourné quelques jours», se souvient Hugo Kupferschmidt, médecin-chef et directeur du Tox. Il n’ose pas en dire plus, protection des données oblige.

La ligne téléphonique permanente 24 heures sur 24 du Tox, à Zurich, reçoit chaque année plus de 30 000 appels au secours en raison d’intoxication ou de suspicion d’empoisonnement. Près de la moitié de ces appels concerne des enfants en âge préscolaire. L’absorption de produits ménagers est le plus classique des accidents. «Depuis 1995, nous avons, pour ne citer qu’un exemple, enregistré quelque 13 000 cas où des enfants en bas âge ont bu du liquide vaisselle croyant que c’était du sirop ou une autre boisson.» De tels produits devraient toujours être conservés dans un endroit sûr, inaccessible aux enfants. Idem pour les médicaments: «Ne jamais les laisser traîner, avertit Hugo Kupferschmidt. Pour les petits, ils ont l’apparence de bonbons. Comment y résisteraient-ils?»

Les adultes ne sont pas à l’abri de ce genre de confusions: «Chaque jour ou presque, nous avons affaire à des personnes qui ont avalé du détartrant», raconte le directeur du Tox. Et de citer un exemple, qui aujourd’hui fait sourire mais qui aurait pu être plus grave: «Une fois, quelqu’un s’est fait couler un café de l’automate. La boisson avait un goût infect mais la personne l’a quand même bue. Plus tard, elle a dit qu’elle était sûre que c’était du «café américain» et qu’il n’y avait donc rien d’étonnant à ce qu’il ait un goût de jus de chaussette!»

Les dangers sont multiples. Les personnes qui veulent imprégner leurs chaussures devraient toujours le faire à l’air libre. «Dans certains cas, ces produits peuvent engendrer des difficultés respiratoires et/ou des accès de toux», relève Hugo Kupferschmidt. Quant à ceux qui utilisent des produits chimiques au jardin, ils devraient faire attention à ne pas les vaporiser contre le vent, de manière à ce que ces produits n’entrent pas dans les poumons ou les yeux. Et bien entendu toujours veiller à la sécurité d’autres personnes ou animaux présents: «Nous enregistrons environ 1500 appels par an au sujet d’animaux empoisonnés, précise le médecin. Cela va du chien qui a avalé un pétard au cheval qui a mangé des colchiques.»

A propos de colchique: cette plante vénéneuse constitue aussi un danger potentiel pour les êtres humains. Surtout si on la confond avec l’ail des ours. En 2003, elle a été la cause de trois décès en Suisse. Actuellement, ce sont les cas d’intoxication aux champignons qui sont les plus fréquents. Constat étonnant: des 350 à 450 questions adressées chaque année au Tox à ce sujet, beaucoup viennent de cueilleurs expérimentés. D’où le conseil d’Hugo Kupferschmidt: «Faites toujours contrôler vos champignons.»

Malheureusement, il n’exis-te pas de service officiel de ce genre pour contrôler les baies. Et si la consommation de baies rouges mûres (jusqu’à cinq) n’est en général pas dangereuse – bien que cela puisse tout de même occasionner des désagréments tels que nausées, vomissements –, il en va autrement pour les baies noires ou foncées: parmi elles, il y en a de très toxiques.

«En fin de compte, c’est toujours la dose qui détermine la toxicité, souligne Hugo Kupferschmidt. Plus elle est importante, plus cela pose des problèmes.» Donc, dans le doute, il vaut toujours mieux s’abstenir de manger quelque chose que l’on ne connaît pas. L’issue pourrait être fatale.

Nous ne pensons pas à mal lorsque nous achetons un produit de nettoyage. Ou un pot de peinture. Ou des tabs pour lave-vaisselle, du détartrant, de l’eau de Javel, une bouteille de gaz. Nous savons comment utiliser ces produits. Ou du moins le croyons-nous. Trop souvent, en effet, nous oublions qu’il s’agit de produits chimiques qui représentent un potentiel de danger.

Or les symboles de danger et les indications sur les emballages sont là pour nous le rappeler. Ils sont désormais uniformisés au plan mondial. La Suisse s’est mise au diapason, comme l’a indiqué récemment l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) au cours d’une conférence de presse. Les symboles de danger orange existants vont progressivement disparaître d’ici à 2017 pour être remplacés par des symboles blancs à bord rouge. Les classes de toxicité ont déjà été abolies en 2005.

Au milieu de la présente édition de Coopération, vous trouverez un aide-mémoire gratuit avec tous les symboles de danger existants et des conseils pratiques. Coopération a réalisé cet encart en étroite collaboration avec l’OFSP.

Cliquez ICI pour télécharger l'aide-mémoire en format PDF

Plus d’infos sur la campagne de l’OFSP pour une utilisation responsable au quotidien de produits chimiques sur: www.infochim.ch

Composez le 145

En cas de suspicion d’empoisonnement, appelez immédiatement le 145. C’est le numéro d’urgence du Tox qui répond 24 h/24. Les conseils y sont prodigués par des spécialistes – médecins, pharmaciens, professionnels de la santé et vétérinaires. Soyez toujours prêts à donner les informations suivantes:

  • Qui? Age, poids, sexe de la personne concernée, numéro de téléphone pour rappel.
  • Quoi? Tout ce que vous pouvez dire au sujet du produit, de la substance ou plante en question.
  • Combien? Essayez d’évaluer au mieux la quantité maximale absorbée.
  • Quand? Essayez d’évaluer le temps écoulé depuis l’incident.
  • Quoi d’autre? Premiers symptômes observés? Premières mesures prises?
www.toxi.ch

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René Schulte

Rédacteur

Photo:
Heiner H. Schmitt
Publication:
lundi 03.09.2012, 11:35 heure

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