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Pêcheur solitaire sur lac paisible

Six jours par semaine, Silvano Solcà, pêcheur professionnel, navigue sur le lac de Bienne pour attraper des féras. Un métier qui lui apporte un sentiment d’apaisement. Reportage sur les eaux, à l’aube.

Il est 4 h 30 ce matin. La petite commune de Gerolfingen (BE), qui borde le lac de Bienne, est plongée dans le noir et le calme. Alors que la plupart des villageois dorment encore, Silvano Solcà, pêcheur professionnel, commence sa journée. Il démarre le moteur de sa barque et prend le large, seul. A cette heure-là, il est le premier à troubler la tranquillité des eaux. «Les autres pêcheurs viennent un peu plus tard. Moi j’aime venir tôt.»

Silvano Solcà pêche essentiellement la féra, un poisson d’une trentaine de centimètres à la queue fourchue qui appartient à la famille des truites et des saumons. «En été, les féras sont 95% de ma pêche. Le reste, c’est des sandres, des truites ou encore des brochets.»
Dix pêcheurs professionnels se partagent les eaux du lac de Bienne. Chacun a ses zones de pêche délimitées dans lesquelles il a l’autorisation de déployer ses filets. Silvano Solcà en possède une vingtaine qui, mis bout à bout, représentent une longueur de 2 kilomètres.


Lever du soleil sur le lac de Bienne.

Un flotteur blanc signale l’emplacement du premier filet, placé à une profondeur d’environ 25 m. Après avoir attaché son extrémité au rebord de la barque, Silvano Solcà le remonte à la main, mètre après mètre. La plupart des poissons pris à l’intérieur sont encore vivants. D’un coup sec, il les tue en les frappant sur la coque avant de les jeter dans une caisse. Lorsqu’elle sera pleine, il la recouvrira d’une couche de glace pilée et la protégera avec une bâche. En matière de poissons, on ne plaisante pas avec la fraîcheur.

En été, le pêcheur remonte entre 70 et 100 kg de féras par jour, contre 15 à 30 kg en hiver. «Alors que la quantité de poissons dans les lacs de Suisse a tendance à baisser, c’est le contraire qui se passe ici», explique Silvano Solcà. L’Association des pêcheurs professionnels bernois s’efforce de favoriser le développement de la faune lacustre. Chaque année en hiver, les pêcheurs professionnels déversent dans le lac entre 80 et 100 millions d’œufs de féra issus de l’élevage. Ils font également attention à ce que l’eau n’atteigne pas un certain stade de propreté. Une eau trop propre contient en effet moins de nourriture pour les poissons.

Le soleil qui pointe à l’horizon colore les paysages en rose. Silvano Solcà s’arrête quelques instants. «Etre au milieu du lac, au calme, c’est apaisant. Mais il y a des moments plus difficiles, comme en hiver, quand il fait froid.» Le pêcheur «prend le lac» six jours par semaine. C’est une profession qu’il a toujours voulu exercer, depuis qu’il accompagnait son père et son grand-père, eux-mêmes pêcheurs, au travail. «J’aime ce métier pour la liberté et l’indépendance qu’il me donne. Et le contact avec la nature et les clients est agréable.»

Il est bientôt 8 h. Au loin, on aperçoit quelques barques de pêcheurs. Silvano Solcà, lui, a relevé tous ses filets. Après avoir livré un seau de féras à un restaurant de Twann (Douanne), il prend le chemin du retour. Sa femme Sandra l’attend pour l’aider à découper, nettoyer et emballer le poisson. Vers midi, lorsque tout sera terminé, le pêcheur prendra un moment pour se reposer.

Silvano Solcà (3e depuis la g.), avec sa femme Sandra et ses parents, Aldo et Anita.

Silvano Solcà, l’homme d’un lac

Marié et père de deux garçons de 13 et 11 ans, Silvano Solcà, 49 ans, pêche depuis 1981. Hormis lors de sa formation, il n’a pas connu d’autres eaux que celles du lac de Bienne. Avec sa femme Sandra et un employé, il s’occupe de la Poissonnerie Solcà, que son grand-père a fondée à Gerolfingen (BE) en 1926. Il constate que les gens mangent de plus en plus de poisson, mais qu’il devient difficile de trouver des employés. «Les jeunes ne sont pas intéressés par ce métier.» Son fils aîné ne semble pas en prendre la direction. Le cadet peut-être. Et comment le pêcheur préfère-t-il manger la féra? «Grillée au beurre avec des amandes. Ou alors pochée, fumée ou frite. Il y a tellement de possibilités de la préparer!»

La poissonnerie Solcà

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Didier Nieto

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo/Arkive.ch
videos:
Didier Nieto
Publication:
lundi 18.07.2011, 10:57 heure

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