This presentation requires the Adobe Flash Player. Get Flash!

«Toujours plus suisse»

Erika Stucky a vécu son enfance entre San Francisco et le Haut-Valais. Elle souhaite aux Suisses des youtses et des jodels qui les fassent pleurer.

Erika Stucky: «J'ai donné de sacrés concerts dans le Welschland!»

Erika Stucky: «J'ai donné de sacrés concerts dans le Welschland!»
Erika Stucky: «J'ai donné de sacrés concerts dans le Welschland!»

Coopération. Erika Stucky, où s’arrête votre univers musical?
Erika Stucky. Mon univers n’a pas de frontières. Peu importe que je chante du Jimi Hendrix ou du jodel, je reste la même âme. Je n’ai pas encore réussi à savoir pourquoi j’arrive à créer des genres complètement différents les uns des autres, que ce soit sur le plan philosophique, musical, rythmique ou harmonique. Peut-être que mes deux nationalités, suisse et américaine, y sont pour quelque chose. La youtse n’a rien à voir avec Eminem. Pourtant, je peux chanter Eminem, reprendre mon souffle et passer sans transition au jodel.

Sans mélanger les genres?
Je me sens presque un peu insultée quand les gens disent que je suis la fille qui mixe Jimi Hendrix avec le jodel. C’est comme si on associait des spaghetti bolognese et des sushis. Je fais d’excellents spaghetti bolognese et je fais aussi d’excellents sushis, mais je n’ai aucune envie d’accompagner mes sushis de sauce bolognese. Moi, j’aime bien quand les trucs sont purs.

Qu’attend votre public?
Auparavant, mon public venait voir une jodleuse ou une chanteuse de jazz. Aujourd’hui, j’ai trouvé ma langue musicale. Ne me demandez pas ce que je vais exactement faire sur scène. Détruire les attentes des gens a été pour moi quelque chose de libérateur. Ce que je veux, c’est surprendre mon public. Qui n’est pas très différent au Texas ou à Plan-les-Ouates.

Deux nationalités, ça veut dire deux cultures.
C’est bien d’avoir deux cultures. Outre-Atlantique, on nous encourage. On nous dit que ce qu’on fait est
super, fantastique. Ici, les Suisses nous font remarquer que notre bagage est insuffisant. J’apprécie d’avoir connu le côté américain d’abord. Quand on est petit, on ne veut pas savoir ce qui ne marche pas. On veut avoir la certitude que de toute façon on va être aimé. En Suisse, on nous dit plutôt le contraire. L’âge venant, je me sens de plus en plus suisse.

C’est-à-dire…
Il m’arrive de détester l’attitude de certains Américains lorsqu’ils occupent tout l’espace. Je vais jusqu’à me boucher les oreilles. Je suis devenue tellement européenne que ça me fait peur. Nous les Suisses, qu’est-ce qu’on est discret! Mais j’aime ça.

Quel souvenir gardez-vous de San Francisco?
Mon père avait quitté le Haut-Valais pour San Francisco. Là-bas, il a rencontré et épousé une Suissesse du Toggenburg (SG) qui est devenue ma mère. A la maison, mes parents nous parlaient en suisse allemand. Nous répondions systématiquement en anglais. J’avais 9 ans quand la famille a décidé de rentrer au pays.

En Valais?
On a d’abord fait un crochet par le Toggenburg. Mes parents ont repris l’hôtel garni de mon grand-père, le père adoptif de ma mère. Mon père a essayé de changer le décor. Il a installé des petits singes en peluche un peu partout et voulait servir des Irish Coffee. Je suis sûre qu’il avait dû voir cela à Disneyland. Mon grand-père, officier à l’armée, n’a pas du tout apprécié. Si bien qu’après neuf ou dix mois d’hôtellerie, toute la famille a pris la direction du Haut-Valais, avec l’intention de retourner plus tard à San Francisco. Les enfants, nous avons tant adoré la région que la famille y est restée. Le Toggenburg m’a quand même permis de chanter pour la première fois en public.

C’était où?
Dans un hôtel du village. Un orchestre anglais venait jouer le soir pour les skieurs. Moi j’étais accoudée au bord de la scène. Ils m’ont invitée à monter sur scène et j’ai interprété Jingle Bells et Yellow Submarine. Avant de chanter, j’avais pris soin de me présenter: «Hello, my name is Erika Stucky and I am going to sing for you...» Je n’avais pas réalisé qu’en Suisse on n’a pas besoin de dire son nom. Tout le monde le connaît déjà...

Etait-il facile de s’intégrer quand on arrivait des USA?
En Valais, les adultes m’ont tout de suite reconnue comme une des leurs. J’étais la fille et la petite-fille de Stucky. Ça a été différent à l’école. Je tutoyais tous les profs et les enfants de mon âge ont plutôt vu débarquer une Américaine. Je me souviens que les filles trouvaient que je bougeais trop mon popotin quand je marchais. J’ai vite appris à rentrer dans le rang. Ça a été un bon exercice.

Où serez-vous le 1er Août?
A Berlin pour un concert. On m’engage souvent pour le 1er Août car on veut quelque chose de suisse, mais pas trop suisse. L’année dernière, j’étais au Parc des Bastions à Genève.

Vous arrive-t-il d’en avoir marre des tournées?
Qui n’en a pas marre de son job? Ça fait quand même un quart de siècle que je tourne. J’en ai parfois marre de faire huit heures de train ou d’avoir un agenda trop rempli. Mais quand je suis en route et que je vois tous ces businessmen ou ces
businesswomen tapoter sur leur PC portable ou téléphoner, je me dis que j’ai
vraiment une vie superbe. Une profession fantastique! A dream job!

 

Portrait

Naissance. En 1962 à San Francisco, en plein Flower Power californien. Fille de Bruno et de Ruthli, elle a un frère et une sœur.

Haut-Valais. A Mörel, Erika Stucky entre au Trachtenverein (ensemble folklorique) local. Cela ne l’empêche pas de continuer à écouter Bob Dylan, Janis Joplin et Frank Zappa.

Scène. Elle quitte la Suisse pour Paris. Le matin, elle apprend la comédie; le soir, elle suit des cours de jazz. Elle vit en communauté et fait la serveuse pour joindre les deux bouts.

Fille. Sa fille Maxine a 17 ans. Elle va commencer en août un apprentissage d’employée de commerce chez le Chocolatier Lindt & Sprüngli.

Concerts. Après avoir donné jusqu’à 250 concerts par an, elle s’est un peu calmée aujourd’hui. Elle continue cependant de parcourir le monde, l’Europe et l’Afrique surtout.


Le site d'Erika Stucky

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Anne-Marie Cuttat

Rédactrice

Publication:
lundi 18.07.2011, 17:23 heure

Partager cet article



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?