A l’avenir, la production de courant – et donc son prix – devrait fluctuer plus fortement.

Energies: le courant au bon moment

L’énergie de l’avenir est éolienne et solaire. Pour que nous en ayons en suffisance, il faudrait que nos appareils ménagers et électroniques puissent fonctionner en alternance selon nos besoins du moment.

Thomas Fischer, responsable de la division Technique des bâtiments, Siemens Suisse: «En principe, la commande automatique ne fait que corriger la négligence humaine».

Thomas Fischer, responsable de la division Technique des bâtiments, Siemens Suisse: «En principe, la commande automatique ne fait que corriger la négligence humaine».
Thomas Fischer, responsable de la division Technique des bâtiments, Siemens Suisse: «En principe, la commande automatique ne fait que corriger la négligence humaine».

Les énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire ont un point faible. En effet, le soleil et le vent sont des fournisseurs peu fiables. Ils produisent beaucoup d’électricité à certains moments, peu ou même pas du tout à d’autres. Et ils produisent rarement la quantité nécessaire quand on en a besoin. Il faudrait donc que la production et la consommation de courant correspondent. Si l’énergie n’est pas utilisée au moment où elle est disponible, qu’elle soit au moins stockée intelligemment. C’est ici qu’interviennent les smart grids, ou «réseaux intelligents».

Jusqu’à présent, le réseau électrique fournissait du courant. Dorénavant, il devra absorber le courant de milliers de petits producteurs d’énergie. Il y a ceux qui ont des panneaux solaires sur le toit, un petit chauffage à gaz qui produit de la chaleur et du courant, une petite centrale hydraulique ou une autre source d’énergie. Le courant de l’avenir ne sera donc plus produit uniquement par un petit nombre de grandes centrales, mais par de nombreux producteurs décentralisés, explique Thomas Fischer, responsable de la division Technique des bâtiments chez Siemens Suisse à Zurich.

Voilà comment les choses pourraient se passer. Admettons que le prix de base du kilowattheure soit de 20 centimes. Le client pourra programmer sa consommation ainsi: tant que le prix reste à 20 ct., le lave-linge peut marcher, pour autant que la cuisinière ne soit pas en service. Si le prix du courant monte à 25 ct., le lave-linge sera débranché. Le soir, si le prix monte à 30 ct., c’est la température du salon qu’il faudra adapter, moins de chauffage ou de climatisation suivant la saison. On économisera ainsi de l’énergie et de l’argent. La voiture électrique sera de préférence rechargée le jour sur le lieu de travail, quand il y a du soleil. Elle ne sera rechargée la nuit qu’en cas d’urgence.

Aujourd’hui, ce genre de régulation automatique n’est pas nécessaire. Pas encore. Les centrales électriques et surtout les centrales nucléaires – qui produisent 40% de l’électricité à elles seules – fournissent beaucoup d’«énergie en ruban». Il s’agit d’une quantité d’énergie relativement élevée à disposition de manière uniforme, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, indépendamment des conditions météorologiques. La stratégie énergétique de la Confédération prévoit de développer les énergies renouvelables. Or ces énergies varieront beaucoup selon les conditions météorologiques et le vent, rappelle l’employé de Siemens. Les prix risqueront donc de fluctuer fortement en peu de temps.

Il existe déjà des systèmes capables de réfléchir et de réguler. Siemens en utilise dans ses bureaux. Des capteurs mesurent la lumière ambiante et fournissent la différence pour obtenir la luminosité désirée. Les lampes ne sont allumées que si nécessaire.

En outre, le capteur détecte si le poste de travail est occupé. Si ce n’est pas le cas, la lampe est éteinte, «comme on avait appris à le faire autrefois», sourit Thomas Fischer. A midi, quand les employés vont manger, le chauffage et l’aération sont baissés. «Le potentiel d’économie d’énergie de ces automatisations est de 20 à 25%, déclare l’employé. En principe, la commande automatique ne fait que corriger la négligence humaine. Le matin, on arrive au bureau, on allume la lumière et on se met au travail. A 9 h, la plupart ne pensent pas à éteindre la lumière. Et à la maison, c’est souvent la même chose.»

La commande automatique du chauffage est aussi intégrée. Une baisse de 1° C du chauffage
diminue la consommation d’énergie de 6%. D’après Thomas Fischer, une telle commande vaut aussi la peine d’être installée dans les logements lorsqu’on les rénove.

Une cabane de montagne à la pointe du progrès

C’est le soleil qui fournit l’énergie de la cabane du Mont-Rose.

C’est le soleil qui fournit l’énergie de la cabane du Mont-Rose.
C’est le soleil qui fournit l’énergie de la cabane du Mont-Rose.

Erigée en 2010, la cabane du Mont-Rose est un exemple à suivre en matière d’efficacité et de gestion énergétiques.

A 2883 m d’altitude, face au Cervin, on a construit une cabane en recourant à une technologie novatrice. L’utilisation d’énergies renouvelables ainsi que le stockage saisonnier et la réutilisation de l’eau permettent un approvisionnement en eau sans faire fondre de neige. Les émissions de CO2 par nuitée ont ainsi pu être réduites des deux tiers par rapport à l’ancienne cabane, qui tirait son énergie du charbon et du diesel.

La nouvelle cabane est quasi autonome en matière d’énergie: 90% des besoins énergétiques (sans compter la cuisine, qui se fait au gaz) sont couverts par l’énergie solaire, les 20% restants sont fournis par une centrale de chauffage qui fonctionne à l’huile de colza.

Si son autarcie énergétique est si élevée, c’est grâce à une régulation intelligente et proactive. Cette gestion se base sur toutes sortes d’informations: conditions climatiques, état de charge des réservoirs d’énergie et d’eau, nombre de visiteurs prévus. La station d’épuration des eaux utilise environ la moitié du courant. Elle ne doit donc fonctionner que lorsqu’il y a assez de courant à disposition et le moins possible d’autres utilisateurs en même temps sur le réseau. Les eaux usées sont donc stockées et épurées uniquement lorsque la cabane a peu de visiteurs. Or le système le sait toujours à l’avance.

Coop va de l’avant, participez!

Coop s’engage à réduire ses émissions de gaz carbonique (C02). Elle pose ainsi de nouveaux jalons en matière de protection du climat. Concrètement, cela signifie que, d’ici à 2023, Coop réduira ses émissions de CO2 en diminuant sa consommation d’énergie et en ayant recours aux énergies renouvelables – à hauteur de 50% de plus qu’en 2008 – le reste des émissions étant compensé. Pour ce concept global et proactif, Coop a été distinguée cette année en recevant l’Award décerné par le EHI Retail Institute, un institut allemand de commerce. Contribuez vous aussi à protéger le climat. Infos sur:

www.coop.ch/durabilite
www.suisseenergie.ch
Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Fotolia, SP
Publication:
lundi 12.11.2012, 10:30 heure

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