Lapins: achetés à Pâques «pour les enfants», puis jetés sur des trottoirs en période de Noël. Quel courage.

Le scandale des abandons

Abandonner un animal, c’est illégal, et moralement scandaleux. Des solutions existent pour éviter cela.

Dans le canton de Neuchâtel, un acte particulièrement odieux vient de bouleverser les amis des
animaux. Yasmine Ponnampalam, qui travaille au zoo du Bois du Petit-Château à La Chaux-de-Fonds, croise un lapin sur la route d’Engollon, en bordure de forêt. Il s’agit d’un très beau spécimen de Bélier noir (cf. image). Elle comprend que c’est un abandon… non pas un, mais cinq, de deux portées, d’après l’âge. A peine plus loin, il y a encore des restes de litière.

Incompréhension. A trois kilomètres de là, le refuge de La colline aux lapins aurait pourtant trouvé une solution. Yasmine l’appelle d’ailleurs aussitôt. La directrice, Elena Grisafi, a installé en urgence un coin chaud pour les quatre malheureux, qu’elle a accueillis, Yasmine adoptant le dernier. «Mon refuge est archiplein, souligne Elena. L’hiver, je dois tous les installer à l’intérieur, je manque de place, tant il y a d’abandons.» Et de préciser que les lapins Bélier ont une ouïe limitée à cause de leurs oreilles tombantes. C’est un lourd handicap pour fuir les prédateurs. Ils ont été manipulés par l’humain afin d’être des animaux de compagnie; la nature n’est plus leur biotope. Et si par hasard ils survivaient, la reproduction sauvage causerait des dommages aux cultures. «J’ai déposé plainte contre inconnu; le lendemain il y a eu une tempête, ils étaient condamnés par la météo. C’est cruel.»

Elena Grisafi a été contactée à Genève, où les abandons au Bois-de-la-Bâtie sont légion. «C’est pareil dans les jardins publics à Lausanne et même dans les ronds-points, les gens y jettent leurs lapins comme de vieux mégots.»
Les petits rescapés neuchâtelois n’ont pas un an d’âge, ce qui signe «les abandons de la période de Pâques»: à Pâques, on achète des petites bêtes pour les enfants, on en a marre quand ils grandissent, alors on s’en débarrasse. Comme des objets. Comme on le fait d’habitude, dans cette société de consommation. Inconscience et insensibilité. Et manque de savoir-vivre. Triste? Evidemment. Et de plus en plus courant.

Sept minutes chrono

Elle, c’est Bulot, bouledogue français, noir corbeau. Inconscience absolue? Courageuse et téméraire? Aucun chien, si énorme soit-il, ne lui fait peur! Quant aux jouets dont elle est très friande, ses maîtres doivent se lever tôt pour lui trouver des objets de qualité qui résistent à ses dents d’acier. Las de les voir mis en pièces, les maîtres se sont rendus dans un magasin pour animaux, où des jouets particulièrement solides sont vendus sous le label «Indestructible». La patronne est catégorique: «Votre Bulot en a pour une vie à jouer avec ce hochet-là. Il est increvable.» Vendu. Les maîtres s’en reviennent, gazouillant de joie! Enfin un objet digne de leur petite chérie. Ravie, la chérie en question se jette sur l’increvable. Les maîtres applaudissent la danse effrénée… Sept minutes plus tard, l’indestructible gît aux pattes de Bulot, totalement démantibulé, transformé en confettis. In-des-truc-ti-ble, oui.

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Bernadette Richard

Journaliste, écrivaine et astrologue

Photo:
Fotolia, darrin vanselow
Publication:
lundi 19.11.2012, 13:00 heure

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