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Pro Montagna: vachement bien

Dans l’Oberland bernois, on fabrique encore des jouets en bois à la main. Visite de l'entreprise Trauffer à Hoffstetten (BE), près de Brienz.

Sonja Stähli apprécie son travail à domicile.

Sonja Stähli apprécie son travail à domicile.
Sonja Stähli apprécie son travail à domicile.

Quand il neige et que la tempête se déchaîne, Sonja Stähli aime contempler les flocons qui tourbillonnent, soufflés par le vent. Assise au chaud dans son atelier, elle repense parfois à ses débuts et à ses premières vaches. A cette époque, cette assistante d’hôtel, récemment divorcée, venait de s’installer à Hofstetten (BE) avec ses deux enfants encore petits. Dans ce village de 500 âmes, les emplois étaient rares, surtout ceux qui permettent à une mère de passer un maximum de temps avec ses enfants. Elle a donc été frapper à la porte de l’entreprise Trauffer, la fabrique de jouets en bois. «Quand j’y pense, j’ai vraiment trouvé la perle rare», avoue-t-elle.

Cela fait bientôt vingt ans. Depuis, des milliers de jouets en bois de tilleul ont vu le jour: vaches, chiens, chats ou lapins, qu’elle a peints à la main, munis d’une queue, de cornes ou d’accessoires. «Quand je passe dans une Coop qui vend notre assortiment, je repère tout de suite mes figurines», ajoute cette femme qui a choisi d’habiter dans l’Oberland. La société Trauffer emploie 35 personnes qui réalisent des objets uniques, fabriqués entièrement dans l’Oberland bernois.

Représentant de la 3e génération à la tête de l’entreprise Trauffer, Marc A. Trauffer nous confie: «Je pourrais aussi faire venir du bois bon marché et déjà découpé de l’étranger ou de la plaine.» Mais son grand-père se retournerait dans sa tombe. «Si je n’utilisais pas du bois indigène ni n’engageais du personnel sur place, ce serait trahir les régions de montagne», ajoute ce patron responsable. De plus, il lui serait impossible de commercialiser ses produits sous le label Pro Montagna.

Contrairement à d’autres marques de montagne, il ne suffit pas que la matière de base provienne des montagnes suisses: il faut aussi impérativement qu’elle soit traitée et travaillée dans la région; ainsi, la population de montagne continue de bénéficier de la plus-value et des emplois créés (voir article ci-contre). Bien que le travail à domicile soit encore mal vu, Trauffer a reçu récemment 150 candidatures en réponse à sa mise au concours de deux postes d’artisanes prêtes à travailler chez elles. Outre son engagement en faveur de la région, le jeune entrepreneur a une autre raison de mettre l’accent sur la création indigène: «La figurine d’une vache de l’Oberland bernois, qui doit être découpée, dont il faut casser les angles et qu’on doit polir, peindre et décorer, coûte naturellement plus cher qu’un bout de plastique venant de n’importe quel coin de la planète.» Mais un retour à l’authenticité semble se dessiner. «Le succès des produits alimentaires bio de la région, notamment, en est une preuve irréfutable.»

Le crépuscule est tombé dans l’atelier de Sonja Stähli. Elle peint sa dernière vache de la journée. Autrefois, ce travail à domicile était idéal pour cette mère célibataire; elle pouvait faire un saut dans son atelier quand ses enfants n’avaient pas besoin d’elle. Ça fait un bout de temps qu’ils ont quitté le nid. Elle pourrait retravailler dans l’hôtellerie: «J’y ai pensé.» Mais elle apprécie trop le confort qu’offre ce travail qu’elle peut gérer comme elle veut, quand elle veut: «A 3 h du matin, si j’ai envie, j’installe mon matériel et c’est parti!» Et ces petites vaches lui sont devenues trop familières pour les quitter…

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Prescriptions respectées, produits authentiques

Marc A. Trauffer, entrepreneur.

Marc A. Trauffer, entrepreneur.
Marc A. Trauffer, entrepreneur.

Là où il y a Pro Montagna, la montagne n’est pas loin, que ce soit la matière première ou l’artisanat.

Quand le jeune entrepreneur Marc A. Trauffer a pris contact avec Pro Montagna, ce n’était pas le début d’une ère nouvelle, «mais je me suis enfin senti pris au sérieux en tant qu’homme de la montagne et créateur de produits du terroir», explique le patron de la fabrique de jouets en bois de Hofstetten, près de Brienz (BE). «Les gens de Coop s’intéressent vraiment à ce qui se passe chez nous. C’était nouveau pour moi.» Cet intérêt se traduit aussi par l’absence de pression sur les prix.

Cependant, pour avoir droit au label Pro Montagna, Marc A. Trauffer doit respecter des prescriptions. La plus importante, selon lui, est d’utiliser «quasi exclusivement du bois de tilleul. On en voit d’ici, au bout du lac de Brienz, près d’Interlaken, mais pour nous, ils sont tabous!» En effet, le lac de Brienz ne fait pas partie de la zone de montagne telle qu’elle a été définie par la Confédération. Ces prescriptions sont aussi valables pour les producteurs de pâtes du haut de la vallée de Conches (VS), ou pour les boulangers de la vallée de l’Albula (GR), les fromagers des Grisons, etc.: les matières de base qu’ils utilisent doivent provenir de la zone de montagne! Ainsi, les clients de Coop sont sûrs d’acheter des produits authentiques de nos montagnes.

Pour les régions de montagne

Les produits Pro Montagna sont typiques des montagnes suisses. Les matières premières utilisées proviennent des régions de montagne, et elles y sont aussi travaillées. Cela crée de précieux emplois dans ces régions et augmente la valeur ajoutée locale. Les produits Pro Montagna coûtent quelques centimes de plus, par exemple 50 ct. pour les jouets en bois. L’intégralité de ce montant est reversée au Parrainage Coop pour les régions de montagne, qui soutient des projets durables et, par là, les paysans montagnards. En achetant ces produits, le consommateur contribue à la préservation de nos paysages ruraux et soutient les populations de nos montagnes.

www.coop.ch/promontagna
Franz Bamert

Rédacteur

Photo:
Philipp Zinniker
Publication:
lundi 26.11.2012, 14:00 heure

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