La nourriture naturelle est aussi la préférée des bovins: herbe ou foin.

Bovins: ils préfèrent l’herbe au soja

En matière d’alimentation bovine, les éleveurs de vaches mères renoncent au soja. Pour le plus grand plaisir des vaches et des consommateurs.

Si une vache a le choix entre du soja, du maïs, de la luzerne ou de l’herbe, elle choisit l’herbe, affirme Richard Maurer, paysan à Bolligen, près de Berne. L’année passée, la Suisse a importé près de 300 000 tonnes de tourteau de soja provenant surtout du Brésil. La plus grande partie a servi à nourrir les porcs, la volaille, et les bovins. Et cela, bien que l’appareil digestif des ruminants ne soit pas adapté à ce type d’aliments. La vache est un animal fait pour consommer des fourrages grossiers, donc de l’herbe. Les 5300 détenteurs de vaches allaitantes de Suisse ont totalement renoncé à donner du soja à leurs bêtes destinées aux programmes Natura-Beef et Natura-Veal. «Nous voulons être responsables envers l’environnement, les animaux et les consommateurs», souligne Ivo Wegmann, membre fondateur de Vache mère Suisse.

L’organisation agricole réagit ainsi à l’évolution de ces vingt dernières années, la demande mondiale de soja ayant plus que doublé et se situant actuellement à 230 millions de tonnes par an. En Amérique du Sud, les cultures de soja ont quadruplé entre 1980 et 2009 pour atteindre 31 millions d’hectares, soit plus de sept fois la superficie de la Suisse. Les champs de soja grignotent la forêt tropicale amazonienne et la savane du Cerrado, une région particulièrement riche en espèces végétales et animales. Autre fait indiscutable: étant donné les conditions topographiques et climatiques, 70% de la surface agricole utile de la Suisse – et du monde – est constituée d’herbages. L’homme ne pouvant pas manger l’herbe, celle-ci est «transformée» pour lui en lait et en viande par les moutons, les chèvres et principalement les bovins.

Voici quelques chiffres: alors qu’en 1950, notre planète comptait 2,8 milliards d’êtres humains, nous serons 9 milliards en 2050. Les terres arables diminuent et le rendement des grandes cultures ne va plus beaucoup augmenter. «Si l’on veut produire assez de nourriture avec les ressources limitées de notre planète, il faut utiliser ces surfaces herbagères», estime Urs Weingartner, responsable de la viande labellisée chez Coop. Pour Richard Maurer aussi, certaines choses sont évidentes: il met son troupeau de vaches mères au pré, y compris le taureau Wysamp, pour qu’elles broutent de l’herbe. Les veaux, eux, tètent à discrétion quand ils ne sont pas en train de jouer. En hiver, l’éleveur change le régime alimentaire de ses vaches et passe à l’herbe sous forme de foin ou d’ensilage. Alors qu’une vache laitière de haute performance ne dépasse pas l’âge de 4 ou 5 ans, les animaux de l’éleveur bernois arpentent encore les prés à 12 ans, voire plus. Il n’y a pas de mode de détention plus approprié pour des animaux de rente.

L’engagement des éleveurs de vaches allaitantes est récompensé par le commerce, qui leur verse un supplément de prix de 20%. Car, bien entendu, les vaches et les veaux de Richard Maurer finissent aussi chez le boucher, pour arriver ensuite sous forme de Natura-Beef et de Natura-Veal dans les rayons boucherie de Coop.

A l’heure actuelle, de plus en plus de consommateurs sont sensibilisés à la question du bien-être de l’animal et à l’environnement. Ils veulent une viande excellente d’animaux en bonne santé, détenus correctement et nourris selon les besoins de l’espèce. C’est aussi une des attentes des clients de Coop. Ce qui explique que la consommation de viande Natura-Beef et de Natura-Veal augmente constamment. C’est pourquoi l’Association Vache mère Suisse recherche des membres désireux de passer à l’élevage allaitant.

www.vachemere.ch

Se montrer responsable avec le soja

Urs Weingartner, resp. pour la viande labellisée chez Coop.

Urs Weingartner, resp. pour la viande labellisée chez Coop.
Urs Weingartner, resp. pour la viande labellisée chez Coop.

Coop a été partenaire de Vache mère Suisse dès la première heure. C’est même elle qui a incité les éleveurs à renoncer au soja.

En 2004, Coop et le WWF Suisse ont établi les Critères de Bâle pour une culture du soja responsable. Ces règles exigent notamment que les forêts primaires et les habitats riches en espèces ne soient pas transformés en plantations de soja. En outre, le génie génétique est interdit, les droits des travailleurs doivent être respectés et les droits fonciers garantis. «L’initiative de Coop et du WWF fait effet», se réjouit Urs Weingartner. En effet, d’autres enseignes proposant des produits avec du soja se sont regroupées pour former un «réseau soja». Le but de celui-ci est de veiller à ce que d’ici à 2014, au moins 90% du marché suisse soit couvert avec du soja issu de cultures responsables.

Dans un deuxième temps, Coop a pris l’initiative, avec Vache mère Suisse, de supprimer le soja de l’alimentation des vaches allaitantes. Notons ici que les vaches laitières à qui on ne donne pas d’aliments concentrés ont une meilleure condition physique et des mamelles plus saines, comme le montre l’étude Feed no Food de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), soutenue par Coop. Le recul de la performance laitière est compensé par les économies réalisées sur les aliments concentrés.

www.reseausoja.ch
Franz Bamert

Rédacteur

Photo:
Philipp Zinniker
Publication:
lundi 10.12.2012, 10:50 heure

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