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Quoi de plus agréable que de se chauffer devant une bonne flambée? En observant quelques règles
simples, on pollue nettement moins l’atmosphère.

Cheminées: trucs et astuces

Se chauffer au bois la conscience tranquille? Il suffit d’adopter un mode d’allumage correct, qui nuit nettement moins à l’environnement.

Bernhard Walther, maître ramoneur.

Bernhard Walther, maître ramoneur.
Bernhard Walther, maître ramoneur.

Il n’y a pas de fumée sans feu, dit l’adage. L’inverse, en revanche, n’est pas tout à fait vrai: là où il y a du feu, il n’y a pas nécessairement de la fumée. Bien au contraire! Des spécialistes préconisent une nouvelle méthode pour allumer les foyers: si l’on procède correctement, la fumée se dissipe au bout de quelques minutes.

L’élément central de ce nouveau procédé est ce qu’on appelle le mode d’allumage. Cela peut paraître compliqué, mais en réalité, c’est tout simple (voir méthode de la bougie). A la différence de la méthode traditionnelle, on allume par le haut et non par le bas. En effet, le module en question est posé au sommet de la pile de bûches. Comme pour une bougie, le feu brûle lentement du haut vers le bas. «Si l’on allume depuis le bas, tout brûle en une fois et il n’y a pas assez d’air par rapport à la quantité de combustible», explique Bernhard Walther, maître ramoneur et président de l’Association bernoise des maîtres ramoneurs. Résultat: de la fumée, des gaz de combustion, des vitres embuées et des dépôts de suie dans les conduits d’évacuation. Des désagréments dus au fait que le bois ne brûle pas complètement.

«Avec la méthode de la bougie, il y a un équilibre entre le combustible et l’air disponible», continue le maître ramoneur. Bernhard Walther avoue qu’il a été un peu sceptique quand il a entendu parler pour la première fois de cette méthode. Mais après l’avoir essayée, il en a été pleinement satisfait. Depuis quelques années, il essaie même de la promouvoir. La plupart des gens sont tout d’abord surpris, mais un argument de poids réussit à les convaincre très vite: «Quand on ne voit plus de fumée monter dans le conduit après avoir allumé le feu, c’est que la méthode a fonctionné.» Et logiquement, quand on ne voit pas de fumée, c’est qu’il y a moins de polluants.

Le bois est une matière première renouvelable qui affiche un bilan neutre en carbone. Pendant la combustion, il ne dégage que le dioxyde de carbone que l’arbre a absorbé pendant sa croissance. Cependant, les chauffages au bois n’en polluent pas moins l’environnement, notamment à cause des poussières fines qu’ils émettent. Alors qu’ils ne fournissent même pas 10% de l’énergie calorifique totale, ils produisent des quantités de poussières fines largement supérieures à celles des chauffages à mazout et à gaz. Ce qui explique que le mode de combustion est un aspect crucial quand on brûle du bois. Etant donné que près de la moitié des foyers à bois, comme les poêles suédois et les cheminées de salon, se chargent à la main, ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui ont le pouvoir de réduire les émissions de polluants à un minimum.

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«Brûler des déchets, du bois traité et du papier est illégal»»

Bernhard Walther, maître ramoneur.

Les chauffages à mazout et à gaz font déjà, depuis un certain temps, l’objet d’une surveillance officielle. Ces contrôles vont être introduits pour les chauffages à bois aussi. Dans le canton de Berne, les poêles et cheminées à bois sont régulièrement contrôlés par des ramoneurs depuis 2008. L’aspect des cendres leur révèle ce qui a été brûlé.

Les clous, les serrures, les résidus de plastique, l’aluminium fondu n’ont pas leur place dans les cheminées de salon. Pas plus que le papier, du reste. La combustion des déchets, du bois traité et du papier dégage de nombreuses substances nocives. En plus, elle est illégale. Dans les cantons qui effectuent déjà régulièrement des contrôles, les contestations ont diminué depuis leur introduction. Et les atteintes à l’environnement aussi.



www.energie-bois.ch
www.be.ch/air

N’utiliser que du bois sec à l’état naturel. Selon l’espace disponible et les indications du producteur,
empiler les bûches en croix, parallèlement ou debout. Ne pas trop remplir. Ouvrir le clapet de tirage.

Empiler en croix quatre à six bûchettes sèches de sapin d’environ 20 cm de long et de 3,3 cm d’épaisseur. Mettre au centre un allume-feu comme de la laine de bois imbibée de cire ou des bûchettes munies d’une mèche. Allumer. Ces consignes ne sont valables que pour les foyers avec évacuation des gaz de combustion par le haut comme les poêles suédois et les cheminées de salon. Pour les systèmes où le conduit de fumée est à l’arrière, de côté ou à la base, placer le module en conséquence. En cas de doute, demander au ramoneur.

Au bout d’une dizaine de minutes, vous avez une belle flambée et pratiquement pas de fumée. La combustion se fait de haut en bas.

Ne pas remettre de bois sur les flammes, ajouter tout au plus une bûche à la fois sur la braise encore très chaude. N’utiliser les briquettes que pour recharger.

Ne fermer le clapet de tirage que lorsqu’il n’y a plus de braise visible. Jeter la cendre froide avec les ordures.

Produits dans des ateliers protégés

Pour faire du feu sans porter atteinte à l’environnement, on peut utiliser du bois issu de sylviculture durable FSC, des poêles à pellets haut rendement, ou encore les allume-feu Oecoplan de Coop brico+loisirs. Ceux-ci sont produits dans des ateliers protégés pour handicapés à partir de bois et de restes de cire. Concrètement, cela veut dire que ce produit offre à 2000 handicapés de 230 institutions de Suisse une possibilité d’exercer une activité ayant de surcroît une valeur pédagogique. Car pour confectionner un allume-feu, il faut assembler à la main plusieurs éléments formant un tout. schu

Antoinette Schwab

Rédactrice

Photo:
Keystone, office de la protection de l’environnement Zoug, Charly Rappo/Arkive.ch, SP
Publication:
lundi 24.12.2012, 00:04 heure

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