Joël Dicker: «Une de mes plus grandes joies est la joie de mes lecteurs.»

«La fête de Noël me fascine»

Deux livres, une sélection dans le dernier carré du Prix Goncourt, trois prix littéraires… et en librairie, l’effet d’une bombe. Depuis, Joël Dicker se réjouit de retrouver le calme. En commençant par Noël.

Coopération. Alors, heureux?
Joël Dicker. (Il rit) Très, très… Pas tellement pour l’aventure en elle-même, mais pour la joie des gens et le fait d’avoir représenté mon pays. Je sors d’une séance de signature: de voir tous ces gens de tout bord, jeunes, moins jeunes, ça fait chaud au cœur.

Comment se présente ce Noël pour vous? Est-il très différent du précédent?
Celui-ci est très calme. Du moins je l’espère. Je n’ai pas eu de week-end à moi depuis… (il réfléchit) je crois, septembre. Ça fait longtemps que je n’ai pas vraiment dormi. Je suis en décalage horaire. Quand on enchaîne les rendez-vous, quand on vit dans les trains, on perd les repères. Je me réjouis de cette coupure de Noël pour reprendre le cours de ma vie, de la retrouver en quelque sorte.

Et pour retrouver votre compagne aussi? Votre emploi du temps a dû être difficile pour elle.
Je ne parle pas de ma famille, ni de ma vie de couple. Excusez-moi, mais je dois me protéger un peu. (Il rit, gêné)

Cette époque autour du solstice d’hiver et des Fêtes, est-elle une période d’introspection pour vous?
(Silence) Hum… Elle va l’être, obligatoirement. Mais c’est une période qui me fascine. On est quand même dans un monde réglé par la montre, les rendez-vous, les choses à faire. On se plaint toujours que le temps passe tellement vite… et là, pendant quelques jours, c’est le contraire qui arrive. Je trouve ça assez magique, ce monde qui s’arrête de tourner pendant quelques jours, et qui entre dans une sorte de trêve.

Etes-vous sérieux? Moi, je constate un monde qui perd la boule.
Si le temps se suspend, c’est grâce à nous-mêmes. Et c’est aussi la preuve que nous en sommes capables. Si nous n’y arrivons pas, peut-être faudrait-il changer la méthode? (Rires)

Que vous est-il resté des Noëls de votre enfance?
Il m’est resté un profond sentiment de joie. J’ai gardé ce plaisir que j’éprouvais enfant, en constatant l’effervescence chez les gens, les repas, le partage, les cadeaux, les sourires, cette coupure avec l’hystérie du quotidien, et cela même chez ceux qui ne fêtent pas vraiment Noël.

Que regrettez-vous en 2012? Qu’avez-vous fait faux?
Vous me prenez un peu de court, parce qu’il y a certainement des choses que je regrette. En réfléchissant bien, je trouverais certainement matière à regret. Qui ne trouverait pas? (Silence) Mais vous savez, je n’aime pas tellement les regrets. Je les trouve assez inutiles. Par contre, ce qui me plaît dans l’introspection, c’est de prendre conscience de ce que l’on pourrait faire mieux, et ainsi de ne pas
répéter des erreurs qu’on aurait commises. Le but d’une introspection n’est pas de se blâmer en se traitant d’imbécile, mais de faire le point. Ce qui est important, c’est de se dire: arrange-toi pour faire mieux la prochaine fois! Ce qui compte, ce n’est pas la capacité de se blâmer, mais de se remettre en question afin d’avancer dans le bon sens de la vie.

Vous êtes normalement très souriant sur les photos. Et soudain, en automne, des regards plutôt ténébreux…
(Coupe) J’ai été mitraillé de photos. Les agences ont mis sur le marché beaucoup de photos de moi qui n’étaient pas posées, ce qui était le cas avant toute cette aventure. Certains photographes ont insisté, ils m’ont demandé d’agir comme ci, comme ça, d’avoir une expression neutre, et je me suis volontiers prêté au jeu. Mais je vous rassure, tout ceci ne m’a pas rendu «sérieux». Non, je reste toujours aussi souriant et reconnaissant envers la vie, qui me veut du bien.

Quelles sont vos perspectives pour 2013? En septembre, vous disiez vouloir vous tourner vers l’Amérique.
Aujourd’hui, je ne sais pas. Je sors d’une période de promotion harassante. J’ai vraiment dû me concentrer sur ce que je faisais, j’ai eu très peu de temps pour penser à la suite et dresser des plans. Cela dit, je vais me remettre au travail. Je vais écrire un autre livre. Peut-être que ce sera l’occasion d’aller ailleurs, d’explorer d’autres horizons? Je n’en sais rien.

C’est bientôt la fin de l’année. Carte blanche, dites ce que vous avez envie de dire.
Alors je profite de ce moment pour remercier le magazine Coopération, et votre soutien dès le début, dès le premier livre, en janvier passé.

www.joeldicker.com

Identité. Né le 16 juin 1985 à Genève, Joël Dicker est juriste de formation. Une sœur et un frère. Célibataire, il réside à Troinex (GE).

Parcours.
Maturité cantonale, puis formation d’art dramatique au Cours Florent, à Paris. Parallèlement, formation à l’Institut national des langues et civilisations orientales de Paris. Bachelor en droit à l’Unige en 2008, suivi du Master.

Premier roman.
Et premier prix littéraire: le Prix des écrivains genevois, pour «Le dernier jour de nos pères», roman historique (Ed. de Fallois/L’Age d’Homme).

Deuxième roman. «La vérité sur l’affaire Harry Quebert», publié en septembre 2012, fait partie de la sélection finale pour le Prix Goncourt. Obtient finalement le Prix du roman de l’Académie française et le Prix Goncourt des lycéens.

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Pablo Davila
Photo:
Keystone
Publication:
lundi 24.12.2012, 11:43 heure

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