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Dans les vallées alpines, les forêts de protection jouent un rôle important.

La forêt protège, mais il faut l’aider

Sans forêts protectrices, de grandes parties de la Suisse seraient inhabitables. C’est le cas de la vallée de la Tamina (SG).

Raphael Schwitter, ingénieur forestier.

Raphael Schwitter, ingénieur forestier.
Raphael Schwitter, ingénieur forestier.

Dans la forêt protectrice de Tristeli, au-dessus de Pfäfers (SG), se trouve un rocher d’environ trois tonnes. Le chemin qui y mène grimpe en pente raide. D’ailleurs, toute la vallée de la Tamina est escarpée. C’est très probablement un sapin gigantesque qui aura arrêté le bloc rocheux dans sa course folle en direction de la vallée et de deux routes.

«Dans notre vallée, le dénivelé peut atteindre 80%. Il faut donc toujours s’attendre à ce genre d’événement», rappelle Raphael Schwitter. Ingénieur forestier, il connaît la forêt de Tristeli comme sa poche pour l’avoir gérée en tant que responsable du Centre de sylviculture de montagne, organisme intégré au Centre forestier de formation (CEFOR) de Maienfeld. Il travaillait déjà ici lorsqu’il était tout jeune, et c’est ici aussi que le garde forestier qui lui a transmis la passion de la forêt a péri dans une avalanche.

Avalanches, chutes de pierres, éboulements et coulées boueuses sont des évènements avec lesquels cette vallée de quelque  1700 habitants, située au-dessus de Bad Ragaz, doit composer depuis toujours: «Nous avons 3000 hectares de forêt certifiée FSC, dont 80% de forêt de protection», résume Martin Bantli, l’un des trois gardes forestiers de la vallée.

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«Entretenir les forêts protectrices, c’est faire de la prévention»»

Raphael Schwitter, ingénieur forestier.

Une forêt de protection? A quoi la reconnaît-on? Au premier abord, le non-initié n’y voit que des arbres. Au deuxième coup d’œil... aussi! Et c’est là précisément que réside le paradoxe: lorsque les forestiers ont bien fait leur travail, que la forêt remplit sa fonction de protection, personne n’en parle. Ce n’est que lorsque des chutes de rochers ou une avalanche n’ont pas pu être évitées que la forêt et sa fonction protectrice sont tout à coup sous le feu des projecteurs.

La fonction protectrice d’une forêt ne tombe pas du ciel. «Si elle est livrée à elle-même, la forêt devient beaucoup trop dense et il n’y a pas de rajeunissement continu, relève Raphael Schwitter. C’est pourquoi il faut la nettoyer tous les quinze à trente ans.» Ce qui coûte en moyenne quelque 12 000 francs par hectare. Mais l’ingénieur forestier de comparer: «Si la protection doit être assurée avec des moyens techniques, comme les paravalanches et les filets, c’est dix fois plus cher que l’entretien de la forêt.»

Malgré cela, les forêts de protection sont exposées à des mesures périodiques d’économies. Et cela, alors que les prix du bois sont au plus bas! «Entretenir les forêts de protection, c’est faire de la prévention. Malheureusement, il est de plus en plus fréquent que nous ne puissions effectuer que les travaux d’entretien les plus urgents, en laissant le bois sur place», déplore Raphael Schwitter.

Une forêt évolue sur une période beaucoup plus longue que la vie d’un être humain. «L’entretien des forêts de protection est une tâche de tous les instants dont ne profiteront souvent que les enfants de nos enfants», souligne Martin Bantli. «Sans cette forêt qui protège les zones habitées et les routes qui relient des localités comme Valens, Vättis ou Vasön, nous pourrions pratiquement fermer la vallée», ajoute Ferdinand Riederer, président de la commune de Pfäfers.
La forêt ne protège pas que les voies de communication, mais aussi les conduites où l’eau chaude de la vallée de la Tamina est acheminée jusqu’au centre thermal de  Bad Ragaz, ou encore le car postal qui conduit les touristes dans la vallée et les patients aux cliniques de Valens et de Pfäfers.

Chacun compte sur la forêt pour empêcher que le rocher de trois tonnes n’atterrisse sur sa maison, sa voiture ou un promeneur. Car de tels blocs sont très nombreux sur les pentes de la vallée de la Tamina.

Une assurance qui se renouvelle continuellement

Près de la moitié de la forêt suisse a un rôle de protection.

Près de la moitié de la forêt suisse a un rôle de protection.
Près de la moitié de la forêt suisse a un rôle de protection.

La forêt n’est pas qu’un lieu de détente. Elle protège contre toutes sortes de dangers naturels. Même dans le canton de Bâle-Ville.

Une assurance qui se renouvelle continuellement La forêt n’est pas qu’un lieu de détente. Elle protège contre toutes sortes de dangers naturels. Même dans le canton de Bâle-Ville. La forêt suisse s’étend sur quelque 1,2 million d’hectares, dont environ 600 000 ha de forêts de protection. Dans les Alpes, la forêt protège efficacement contre les dangers naturels plus de 7000 ha de zones habitées et industrielles, ainsi que d’innombrables voies de communication situées à plus basse altitude.

Elle freine la chute de pierres et de rochers, réduit l’écoulement des eaux et l’érosion du sol en même temps qu’elle prévient les avalanches. Accessoirement, elle remplit d’autres fonctions: loisirs, biotope, sylviculture. Mais les dangers naturels ne concernent pas que les Alpes: le Plateau et le Jura ne sont pas épargnés par les chutes de rochers et l’érosion. Même le canton de Bâle-Ville compte 20 ha de forêt de protection. Dans son plan financier, la Confédération met à disposition environ 60 millions de francs par an pour les forêts protectrices.

Le Centre de sylviculture de montagne a élaboré une vaste documentation sur le sujet et publie une lettre d’information gratuite:

www.foret-de-protection.ch

Economie forestière: qu’est-ce que le label FSC?

Chaque jour, de vastes surfaces forestières sont détruites. Or les forêts tropicales stockent de grandes quantités d’eau et de CO2. Leur destruction a donc un impact très néfaste sur le climat. Le bois certifié FSC (Forest Stewardship Council) provient d’une exploitation forestière contrôlée, respectueuse de l’environnement et socialement responsable.

Concrètement, on renonce à toute exploitation effrénée, aux coupes rases, aux engrais chimiques, aux pesticides et aux OGM. La biodiversité est préservée et les droits des populations locales sont respectés. Coop est membre du WWF Global Forest & Trade Network et promeut l’utilisation de bois FSC. Ainsi, 75% des articles en bois vendus chez Coop – et 100% des articles Oecoplan – sont certifiés FSC.

www.fsc-suisse.ch
Le FSC et le WWF
Franz Bamert

Rédacteur

Photo:
Annick Andrea
Publication:
lundi 07.01.2013, 10:31 heure

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