1 von 2


Une photo de Greenpeace montrant les conditions de travail dans une teinturerie quelque part en Chine.

Plus propre: une teinturerie en Inde qui traite les textiles de Coop Naturaline.

Vêtements: les teindre sans poisons

Les produits utilisés pour teindre les vêtements sont parfois toxiques. Même si les fabriques de textiles sont loin de chez nous, les chimistes retrouvent ces produits dans notre eau.

Greenpeace ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de dénoncer l’emploi de produits chimiques dans l’industrie textile. Elle balance des images d’ouvriers en bottes de caoutchouc, marchant dans une «sauce» indéfinissable et qui versent le contenu de récipients en plastique dans des bassines. Scène quotidienne d’une teinturerie quelque part en Chine, où les produits toxiques polluent massivement l’environnement. «Plus de 70% des cours d’eau chinois et mexicains sont pollués», alerte l’organisation environnementale.

Mais le problème ne se cantonne plus au niveau local. Les chimistes détectent désormais ces substances dans nos cours d’eau également – alors qu’elles sont interdites en Suisse depuis longtemps…

Le lavage de textiles importés libère entre autres des résidus du groupe chimique toxique NPE (éthoxylates de nonylphénol). Le nonylphénol issu des NPE est un perturbateur endocrinien et serait nocif, déjà à faible concentration, pour les organismes aquatiques. Les vêtements examinés ne porteraient pas atteinte à la santé des consommateurs dans l’immédiat, mais l’effet à long terme est encore très peu connu, écrit Greenpeace sur son site.

Marion Röttges, resp. gestion de qualité chez Remei.

Marion Röttges, resp. gestion de qualité chez Remei.
Marion Röttges, resp. gestion de qualité chez Remei.
«

Nous collaborons avec des entreprises qui sont sur la même longueur d’onde »

Heureusement, on peut faire autrement. L’entreprise zougoise Remei le prouve. Sise à Rotkreuz, elle produit une grande partie des vêtements Naturaline commercialisés par Coop. Avec Remei, Coop peut surveiller toute la chaîne de production, du champ de coton jusqu’à l’arrivée en rayon. «Chez nous, tous les fournisseurs sont liés par le profil d’exigence pour la fabrication textile», souligne Markus Kunz, de Remei. Par «tous», il entend 36 entreprises en Inde, Tanzanie et Lituanie.

Les fabriques sont contrôlées régulièrement par un prestataire indépendant sur mandat de Coop et de Remei. En outre, deux collaborateurs de la gestion de qualité de l’entreprise suisse, Markus Kunz et Marion Röttges, vérifient sur place si les prescriptions de Remei et de Naturaline sont respectées. «Les fabriques, les teintureries en particulier, doivent documenter soigneusement leur production. Elles ne peuvent utiliser que les additifs autorisés et sont tenues de respecter les dispositions environnementales», souligne Marion Röttges. Elle préfère parler de partenaires plutôt que de fournisseurs. «Nous collaborons avec des entreprises qui sont sur la même longueur d’onde. Elles sont convaincues par notre concept et veulent respecter les prescriptions sévères en matière de production et d’environnement.»

Le hic, c’est qu’un quart seulement des textiles commercialisés chez Coop fait partie de la ligne Naturaline. Pourquoi Coop n’applique-t-elle pas ces prescriptions à tout son assortiment? «Pour l’assortiment Naturaline, nous travaillons avec un nombre limité de fournisseurs et de sous-traitants, ce qui rend le contrôle possible, répond Emanuel Büchlin, responsable de l’achat des textiles chez Coop. Pour le reste de l’assortiment, nous sommes en contact direct avec plus de cent fournisseurs. Derrière ce chiffre se cache un nombre incontrôlable de sites de production. Coop est beaucoup trop petite pour faire pression à cette échelle… Mais la pression sur les producteurs est réelle, et elle augmente.»

Coop est donc bien décidée à contribuer – avec d’autres commerçants de détail en Suisse et en Europe – à appliquer des normes internationales pour faire disparaître les éléments toxiques problématiques de la production. Elle s’engage entre autres, dans le cadre de la Foreign Trade Association, dans l’élaboration d’un programme environnemental global à titre volontaire, qui impliquerait toute la chaîne de livraison.

Suivre le parcours d’un t-shirt Naturaline à la trace

Simona Matt, responsable de Naturaline chez Coop.

Simona Matt, responsable de Naturaline chez Coop.
Simona Matt, responsable de Naturaline chez Coop.

Les produits Naturaline sont biologiques et écologiques. Pour le vérifier, la transparence de la chaîne de production est primordiale.

Le papier souffre tout et ne rougit de rien», dit le proverbe à propos de promesses écrites considérées comme peu fiables. Il est vrai que, bombardé de publicité, on a tendance à se montrer particulièrement critique envers ce qu’on voit et ce qu’on lit. De ce fait, la crédibilité des commerçants de produits fiables et de qualité peut en pâtir.

C’est pourquoi Coop et l’entreprise Remei, qui fournit le coton bio des produits Naturaline, contrôlent toute la chaîne de production. A l’aide d’un numéro de traçabilité, on peut refaire le parcours du produit tout au long de la chaîne de production, jusqu’au paysan. «Nous désirons offrir à nos clients la possibilité de suivre eux-mêmes le processus de fabrication, depuis la culture écologique du coton en Inde et en Tanzanie jusqu’à la fabrique de confection», déclare Simona Matt, responsable de Naturaline chez Coop. Dès ce printemps, une partie de la collection Naturaline pourra être suivie en ligne grâce à un numéro de traçabilité.

www.pronatura.ch/decouvrir-des-reserves-naturelles

Tendance, écologique, équitable

Coop est le plus grand distributeur au monde de textiles équitables en coton bio. Quelque 8000 agriculteurs biologiques participent à la production du coton, transformé dans le respect de normes sociales et écologiques strictes. Les avantages de Naturaline:

  • du coton produit sans engrais chimiques, ni agents défoliants, ni produits phytosanitaires de synthèse;
  • des cultures exemptes de semences génétiquement modifiées;
  • des projets sociaux et des centres de formation pour les agriculteurs bio en Inde et en Tanzanie;
  • des normes sociales strictes à tous les niveaux de production;
  • une utilisation économe de l’eau;
  • des colorants exempts de métaux lourds toxiques;
  • des textiles blanchis sans chlore.
Coop Naturaline
Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Qiu Bo/Greenpeace, Georgios Kefalas, SP
Publication:
lundi 21.01.2013, 10:55 heure

Publicité