Neige et glaciers fournissent de l’eau même dans les périodes sèches, mais d’après les climatologues, les étés seront de plus en plus secs et les glaciers sont menacés de disparition.

Réchauffement: ses effets sur l’eau

Des scientifiques étudient les effets du changement climatique sur les nappes phréatiques en Suisse.

Berne et ses environs sont alimentés en eau potable par la région du Haut-Emmental, entre Signau et Eggiwil (BE). Mais pendant la canicule de 2003, le cours supérieur de l’Emme, qui alimente les points de captage, était pratiquement à sec; en automne 2011, la rivière était réduite à un filet d’eau. Berne risque-t-elle de manquer d’eau? «En principe il y en a assez», tempère Daniel Hunkeler, professeur d’hydrogéologie à l’Université de Neuchâtel. Le scientifique étudie l’influence du changement climatique sur l’état des nappes phréatiques dans diverses régions de Suisse. «L’assèchement de l’Emme a surtout nui aux poissons. C’est un problème d’ordre écologique, car la couche aquifère contenait encore assez d’eau.»

Près de la moitié de l’eau potable consommée en Suisse provient des vallées fluviales. Pas directement des rivières, mais des couches de gravier et de sable qui forment le sous-sol de ces vallées. «Ces couches peuvent atteindre 300 m d’épaisseur», souligne le professeur. Elles constituent d’excellents réservoirs pour l’eau d’infiltration, de pluie ou de rivière. Certaines de ces vallées fluviales ont des bassins versants étendus, comprenant parfois des glaciers qui fournissent de l’eau de fonte pendant une bonne partie de l’été. Elles réagissent donc lentement aux changements et contiennent assez d’eau, même après de longues périodes de sécheresse.

D’autres vallées fluviales ont un bassin versant plutôt restreint, comme l’Emmental, et réagissent plus vite. Mais même dans ce cas, il faudrait une période de sécheresse assez longue avant que l’eau vienne à manquer. La plupart de ces vallées fluviales, avec leurs grands réservoirs d’eau souterraine, se trouvent sur le Plateau. Dans certaines régions, il y a cependant de petites rivières dépourvues de réservoirs profonds. S’il ne pleut pas durant une longue période, il y a risque de pénurie d’eau. La situation est encore différente en montagne. Là aussi, il n’y a pas souvent de réservoirs souterrains. L’eau s’écoule alors rapidement sur les versants abrupts.

La neige et les glaciers continueront à fournir de l’eau, mais d’après les climatologues, les étés seront de plus en plus secs et les précipitations hivernales se feront plus souvent sous forme de pluie. Par ailleurs, les glaciers sont en voie de disparition.

«

Les lacs de barrages pourraient ne pas servir qu'à produire de l'électricité mais aussi constituer des réservoirs d'eau potable à l'avenir.»

Daniel Hunkeler, professeur d'hydrogéologie à l'Université de Neuchâtel

Les lacs de barrages sont utilisés aujourd’hui pour la production d’électricité. Daniel Hunkeler imagine qu’ils pourraient servir de réservoirs d’eau potable à l’avenir. Globalement, la Suisse a suffisamment d’eau, mais pas toujours au bon endroit au bon moment. Les systèmes coordonnés prendront donc plus d’importance avec le changement climatique. Cependant, même sur le Plateau les captages d’eau impliquent la mise en place de zones de protection avec des prescriptions sévères. Or, les endroits disposant de nappes aquifères abondantes sont la plupart du temps les plus peuplés. D’où des exigences élevées pour les autorités et les acteurs concernés: service des eaux, agriculture, protection de l’environnement, aménagement du territoire, pêche.

Selon Daniel Hunkeler, il est rare qu’il n’y ait qu’un seul secteur touché. «L’expérience a montré que lorsque tous les acteurs concernés ont été impliqués assez tôt dans la planification, il a été plus facile de trouver des solutions durables.»

Les études menées par Daniel Hunkeler font partie du Programme national de recherche «Gestion durable de l’eau». Infos sur:

www.nfp61.ch

Un système d’irrigation simple peut aider les producteurs de café d’Amérique centrale à traverser des périodes difficiles.

Des gouttelettes contre la faim

Un système simple qui facilite la vie des cultivateurs de café.


Pour de nombreux producteurs de café d’Amérique centrale,
les mois maigres, ou meses flacos, vont bientôt commencer. La récolte de café est terminée, et le produit de la vente déjà dépensé. Sur leur table, il n’y a désormais plus que de la nourriture bon marché. Beaucoup de familles doivent même s’endetter pour surmonter cette période, car le produit de la récolte ne suffit souvent pas pour toute l’année.

Le Fonds Coop pour le développement durable soutient un projet qui offre des possibilités de revenu supplémentaire aux producteurs de café des coopératives de commerce équitable: un système d’irrigation simple et économe en eau. Le plus petit kit se compose d’un sac qui fait office de réservoir et de quatre fois cinq mètres de tuyau qui amènent l’eau au compte-gouttes jusqu’aux plantes. Il suffit à irriguer 20 mètres carrés. Les paysans peuvent ainsi produire des fruits et des légumes pour le marché local. Cela signifie des recettes supplémentaires pour de nombreuses familles.

www.coop.ch/fonds

Eau: à la source de la coopération

Il y a vingt ans, l’ONU a instauré la Journée mondiale de l’eau. Depuis, elle a lieu tous les ans le 22 mars. Cette année, cette Journée a pour thème «l’eau et la sécurité alimentaire». La coopération est importante à tous les niveaux, particulièrement là où l’eau traverse les frontières. Les fleuves, en effet, et leurs bassins versants arrosent souvent plus d’un pays. Cette situation peut entraîner des conflits entre Etats, mais l’eau est aussi souvent une raison pour s’unir. Ce qui peut même influencer la coopération dans d’autres domaines, souligne l’ONU.

www.unwater.org
Antoinette Schwab

Rédactrice

Photo:
Prisma, Urs Heierli
Publication:
lundi 18.03.2013, 11:02 heure

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