Chaque année, trente mille animaux sont abandonnés en Suisse… dont des lapins.

Des jouets d’un instant?

Ils sont mignons, tout doux, et ils ressemblent à des peluches. Hélas, achetés au printemps, les lapins sont souvent abandonnés en automne.

Ç a y est, Pâques est passé par là. Les lapins en chocolat ont pointé leurs grandes oreilles afin de satisfaire les papilles gustatives des petits et des grands. Mais les fêtes ne se bornent pas à la consommation de chocolat: bon nombre de nos petits consommateurs en herbe ont réclamé un lapin… vivant. Et c’est ici que la SPA, refuges et amis des animaux lancent une fois encore un cri d’alarme. L’expérience le prouve: qui dit achat de lapin en mars annonce les vagues d’abandons en automne quand les gosses se seront lassés de leur caprice qui n’est pas en peluche, mais bien vivant, exigeant des soins quotidiens, le nettoyage de la cage, les balades à surveiller, la nourriture à préparer. S’occuper de son rongeur au pelage de soie est un engagement qui peut durer dix ans.

Si les animaleries se frottent les mains à la période de Pâques et se les lavent une fois l’argent encaissé, les refuges s’apprêtent à accueillir des dizaines de malheureux, largués sans états d’âme, et souvent maltraités par ignorance. Les associations SOS Lapins dans le canton de Vaud et La Colline aux Lapins en terre neuchâteloise recueillent à elles seules deux cents lapins par an. Rappelons que ce sont près de trente mille animaux qui sont laissés pour compte chaque année, uniquement en Suisse, sans parler des dizaines d’animaux à demi sauvages, lâchement jetés dehors sous de fallacieux prétextes et tenus à bout de bras ici et là par de bonnes âmes. Et ce ne sont pas les animaleries qui sponsorisent les lapins dont on s’est débarrassé tels des kleenex usagés, mais le plus souvent les dons privés, les parrains et marraines. Un combat quotidien pour des bénévoles, rarement soutenus par les deniers publics, qui se mettent au service de ces jouets d’un instant.
On est d’accord? Vous avez voulu un mangeur de carottes, alors prenez vos responsabilités. Vous le regardez grandir, se développer, et vous l’accompagnez avec amour jusque dans son grand âge…

L'écureuil

et le perroquet

Picasso, le perroquet, avait déjà enterré deux chats et un chien quand Graphite l’écureuil de Corée pointa son museau dans la famille. Pour ce grand romantique rouge-vertbleu-jaune, chaque deuil était une réelle épreuve: appelant son compère à quatre pattes, il refusait de manger des jours durant, puis reprenait son babillage. C’est sûr: il y laissait des plumes. A peine entrevit-il la rongeuse assise sur son derrière, queue en point d’interrogation, tête pointée vers lui, il suspendit son aria, leva une patte, sidéré par la grâce de cette nouvelle venue. Le coup de foudre fut instantané et réciproque. Ravis de voir Picasso intéressé par la jeune femelle, ses maîtres les observèrent, muets, mais décidés à intervenir en cas de bagarre. Il n’en fut rien. Graphite s’approcha, poussa un drôle de petit cri, tendit la patte.
Picasso répondit par un curieux gloussement. Dès cet instant, inséparables, ils se contèrent fleurette durant six ans, chacun à sa manière, le perroquet posant parfois délicatement ses serres sur le dos de sa compagne. Sans doute un geste d’amour.

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Bernadette Richard

Journaliste, écrivaine et astrologue

Photo:
Keystone
Publication:
lundi 08.04.2013, 00:00 heure

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