Haïti: un espoir au milieu du chaos

A Léogâne, à une trentaine de kilomètres de Port-au- Prince, Médecins sans frontières a construit un hôpital devenu le pôle médical de référence de la ville. Nous avons visité cette structure.

La route qui relie Port-au-Prince à Léogâne a été partiellement endommagée par le séisme qui a frappé l’île il y a un an et demi. Des bus bondés y doublent les autres véhicules à une vitesse folle. On a des frissons en regardant des adolescents compressés les uns contre les autres sur les marches du bus. «Ils sont habitués à cette situation», lance le chauffeur, en se voulant rassurant.

Difficile à croire… «Un accident de bus s’est produit il y a quelques semaines: on a reçu 70 patients d’un seul coup», nous raconte Gérard Bedock, chef de projet chez Médecins sans frontières (MSF) à l’hôpital de Chatuley, à Léogâne. Cette ville est la plus proche de l’épicentre du violent séisme du 12 janvier 2010. Elle a été détruite à 90% par le tremblement de terre.
L’organisation MSF était alors intervenue rapidement sur les lieux, en installant un hôpital de campagne pour soigner les blessés. Ce qui était au début un centre médical provisoire pour secourir les victimes de la catastrophe s’est transformé en un véritable hôpital: une structure composée de 100 containers, disposés en fer à cheval, qui fournit l’assistance médicale nécessaire à la population.

Inauguré l’automne dernier en présence des autorités haïtiennes, cette structure vient remplacer l’hôpital national dont les soins étaient payants mais qui a fait faillite en 2008. Compte tenu de la situation, il a été décidé de construire un nouveau pôle médical de référence pour les habitants de la ville. «Nous ne voulons pas nous substituer à l’Etat, mais fournir une assistance médicale dans les zones dépourvues de structures sanitaires. De plus, notre hôpital offre des soins gratuits, possède les équipements nécessaires et dispose de nombreux lits», commente Gérard Bedock.
La majeure partie du personnel soignant ainsi que les responsables des différents services sont originaires d’Haïti. Dans les zones qui souffrent d’une pénurie de personnel qualifié, MSF développe des projets de formation. A long terme, l’ONG envisage de remettre l’hôpital à l’Etat haïtien; les négociations sont en cours mais il faudra du temps…

La bureaucratie peut attendre, mais pas les urgences médicales. L’équipe de MSF travaille à l’hôpital 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Environ 4500 à 5000 consultations sont effectuées chaque mois, alors que la maternité accueille 1200 femmes dans le même laps de temps. 

Le calme qui règne à l’intérieur de la structure contraste singulièrement avec le chaos du trafic dans les rues. «Nous avons dû fixer des horaires précis pour les visites et restreindre le nombre de visiteurs. Il n’est pas toujours simple de dire aux familles que les visites aux patients doivent être limitées», confie le Dr Silas Adamou, directeur de l’hôpital.


La structure fournit des services allant de la médecine d’urgence aux soins gynécologiques et obstétriques. L’hôpital prend aussi en charge les victimes de violences sexuelles et dispose d’un service de planning familial. Les prestations offertes comprennent également les soins prénatals et pédiatriques, sans oublier la physiothérapie et l’assistance psychologique. 
Pour éviter la contagion, les cas de choléra sont traités dans une section un peu isolée de l’hôpital. «Nous avons soigné beaucoup de patients atteints de cette maladie, mais ce sont les cas avec complications et les accouchements qui constituent le cœur des activités de l’hôpital. Il faut, en effet, accorder une attention particulière aux femmes enceintes car elles risquent de perdre leur bébé ou de mettre au monde un enfant mort-né», déclare le Dr Silas Adamou.

Un camp de tentes est installé à côté de l’hôpital au cœur d’une ville qui n’est encore qu’un tas de décombres. Les habitants de Léogâne ont cependant repris le cours de la vie.
MSF s’occupe principalement des interventions de chirurgie orthopédique et des accouchements. «Trois cents à quatre cents enfants naissent chaque mois dans cette structure. Cette nuit, une femme a mis au monde des triplés, ce qui est un cas exceptionnel. Les bébés sont nés avant terme, mais tous sont en bonne santé», souligne Gérard Bedock, en proie à l’émotion.
Dans leur chambre, les mères qui viennent d’accoucher sont euphoriques malgré la fatigue. Probablement qu’elles rêvent, comme tout un chacun, d’un avenir meilleur pour leurs enfants.


L’aide de Coop: un million pour Haïti

En Suisse, Coop soutient de nombreux projets à vocation sociale, comme «Table couvre-toi», «Table Suisse» ou le Parrainage Coop pour les régions de montagne. Coop apporte également son soutien financier aux victimes des catastrophes internationales. En 2010, Coop a versé un million de francs pour aider la population d’Haïti très fortement touchée par un violent séisme. Une partie de la somme (400 000 francs) a été affectée à l’organisation Médecins sans frontières (MSF), la plus grande organisation médicale humanitaire au monde, fondée en France voici quarante ans.

Liens sur le sujet

Médecins sans frontières
Coop et le développement durable
Raffaela Brignoni

Rédactrice

Publication:
mardi 26.07.2011, 16:17 heure

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