Avant d’acheter une nouvelle voiture, il faut se demander dans quel but et à quelle fréquence on l’utilisera.

Achat d’une voiture: penser à l’écologie

De nos jours, on a vraiment l’embarras du choix si l’on décide d’acheter une voiture. Herbert Meier, expert en mobilité du TCS, sait comment choisir le véhicule le plus adapté du point de vue écologique.

Herbert Meier. Expert en mobilité du TCS

Herbert Meier. Expert en mobilité du TCS
Herbert Meier. Expert en mobilité du TCS

L institut de sondage gfs.bern établit tous les deux ans, à la demande d’auto-suisse, l’association des importateurs suisses d’automobiles, un «baromètre de la mobilité». Cette enquête dresse un état actuel des opinions et des attentes en termes de mobilité en Suisse. La dernière enquête, réalisée en 2012, montre que 71% des personnes interrogées sont disposées à emprunter les transports publics aussi souvent que possible. A la nuance près, qu’elles ne le feraient que lorsque cela s’avère judicieux, soit surtout pour les déplacements en ville.
Les Suisses ne veulent pas renoncer à leur voiture. Le nombre de véhicules à moteur immatriculés dans le pays le montre clairement: 5,6 millions (chiffres 2012 de l’Office fédéral de la statistique / OFS). L’an dernier, 431 000 nouveaux véhicules à moteur ont été mis en circulation, malgré toutes les prévisions alarmistes concernant l’effondrement de la mobilité.

La tendance actuelle penche en faveur des véhicules écologiques. Les moteurs diesels économiques ont le vent en poupe. En 2012, les voitures hybrides ont progressé de 27,5% par rapport à l’année précédente, les voitures électriques enregistrant quant à elles un bond de 68,4%.
«Avant d’acheter une voiture, il faut se demander quel est le véhicule qui répondra le mieux à ses besoins; dans quel but et à quelle fréquence on l’utilisera», conseille Herbert Meier, expert en mobilité auprès du Touring Club Suisse (TCS). Pour des déplacements quotidiens jusqu’à dix kilomètres, l’acquisition d’une voiture est-elle indispensable? «D’un point de vue écologique, la combinaison des transports publics et d’un vélo électrique ou d’un scooter moderne serait plus judicieuse», répond l’expert. Pour des sorties occasionnelles ou d’autres déplacements, on peut recourir à l’autopartage.»

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Chacun doit se demander dans quel but il utilisera sa prochaine voiture»

Herbert Meier

En fait, la règle est simple: plus les besoins et l’utilisation augmentent, plus l’acquisition d’une voiture est rentable. «Pour des déplacements jusqu’à 50 kilomètres par jour, il peut valoir la peine de réfléchir à un véhicule électrique», estime Herbert Meier. Ces véhicules ont actuellement un rayon d’action de 120 à 220 kilomètres. En hiver, ces performances peuvent toutefois baisser de 40%. «D’un point de vue écologique, l’achat d’une voiture électrique a un sens si l’on produit son courant soi-même, par exemple avec des panneaux photovoltaïques installés sur le toit de la maison», précise Herbert Meier.
Pour des déplacements quotidiens supérieurs à 50 kilomètres, ce dernier recommande l’achat de véhicules efficaces sur le plan énergétique, comme les voitures hybrides. Leur étiquette énergétique fournit tous les renseignements sur leur consommation et leurs émissions de CO2.
«Il faut savoir lire entre les lignes, explique Herbert Meier. Pour la classification en fonction de l’efficacité énergétique, de A à G, on doit tenir compte de la consommation et du poids à vide du véhicule. Ainsi, malgré une consommation relativement élevée, un véhicule lourd peut être très bien classé.»

D’après l’expert, des véhicules utilisant d’autres carburants, comme le gaz naturel ou l’éthanol, peuvent aussi faire sens du point de vue de l’environnement. Dans tous les cas, l’acheteur doit être conscient que les véhicules écologiques (notamment électriques et hybrides), malgré des coûts énergétiques plus faibles, sont souvent plus chers à l’achat.
«Un critère souvent sous-estimé lors de l’achat du véhicule, c’est son poids à vide. Chaque kilo supplémentaire occasionne un supplément de con-sommation, et ce durant toute la vie du véhicule», souligne Herbert Meier.

Rouler ne veut pas forcément dire gaspiller

Cause mineure, effet majeur. Conduire de manière à respecter l’environnement n’a rien de sorcier.

Rouler en économisant du carburant et, par conséquent, en réduisant les émissions de CO2 est tout à fait possible. En appliquant les trucs et conseils simples ci-dessous, vous ferez du bien à votre porte-monnaie et à l’environnement:

  • Passez le rapport supérieur le plus rapidement possible: pour un moteur à essence, vers
    2 500 tours et pour un moteur diesel, vers 1 500 tours.
  • Conduisez en anticipant. À la descente ou pour ralentir, levez le pied. Éteignez le moteur au feu rouge. Un système Start & Stop automatique permet d’économiser beaucoup de carburant.
  • Contrôlez la pression des pneus. Un man-que de pression entraîne une augmentation de la consommation.
  • L’utilisation des feux nocturnes durant la journée peut entraîner une surconsommation de 2%. Les feux de circulation diurne sont plus appropriés.
  • La conduite avec la climatisation enclenchée ou les fenêtres ouvertes peut influer fortement sur la consommation.
  • Ne transportez pas de chargement inutile. Évitez les déplacements superflus. Pour les petits trajets, prenez votre vélo.

Photo:
Prisma, Fotolia, SP
Publication:
mardi 21.05.2013, 00:00 heure