Charlotte et Enzo Lo Bue et leurs enfants Andreas et Nina.

A chaque pays ses traditions

Irremplaçable dinde à l’anglaise, porc croustillant à la norvégienne ou pain porte-bonheur bulgare: trois familles établies dans notre pays nous racontent leur fête. Une bonne occasion aussi de partager de savoureuses recettes venues d’ailleurs.

Norvège: famille Lo Bue

Dans la famille Lo Bue, à Collonge-Bellerive (GE), la préparation des fêtes de Noël est le domaine de Charlotte. «Quand j’ai connu mon mari, d’origine italienne, il n’aimait pas  Noël. Je lui ai redonné l’envie de fêter, surtout depuis que nous sommes parents.» Nina (6 ans et demi), et Andreas (3 ans et demi) approuvent.
De la Norvège, pays qu’elle a quitté à l’âge de 20 ans, Charlotte Lo Bue a gardé les rites qui marquent la fête de Noël. «C’est très famille en Norvège. Les 24, 25 et 26 décembre lui sont entièrement réservés. On va les uns chez les autres pour partager de bons moments.»
Le 23 au soir, la famille décore le sapin. «Nina aime bien décorer le sapin. Moi, je me souviens du silence qui régnait à la maison lorsque ma mère ouvrait les cartons. On redécouvrait tous ces objets et on admirait le sapin. En Norvège, les sapins arborent également des mini-chaînes de drapeaux norvégiens. Je respecte cette tradition qui marque l’attachement des Norvégiens à leur pays, qui n’a acquis sa pleine indépendance qu’en 1905.»
La jeune femme apprécie de pouvoir partager ces traditions avec son mari et leurs enfants. «Toute ma famille reste en Norvège et j’ai réinventé un peu tout cela. Même si je suis ici depuis pas mal de temps, je tiens à certaines traditions et Noël en est une. Cela fait partie des valeurs que j’ai envie de transmettre à mes enfants.» Comme on le fait dans son pays, le 24, Charlotte Lo Bue servira le riz au lait. «C’est un plat traditionnel que l’on mange en famille le 24 à midi. On cache une amande dans le riz. Celui qui la trouve a le droit d’ouvrir un cadeau déjà placé sous le sapin. Dans mon pays, les gens se rendent à l’église l’après-midi, avant de rentrer à la maison pour le repas.» Pas de foie gras ni de chapon au menu, mais le Svineribbe, une spécialité à base de poitrine de porc. «Ce porc, cuit au four, est accompagné de quartiers de pommes et de pruneaux. Le Saint-Graal du plat, c’est le croustillant. Il faut constamment surveiller durant la phase de gril, histoire d’éviter toute mauvaise surprise.»
Avec cela, on boit de plus en plus de vin. «Autrefois, on accompagnait ce plat de bière et d’aquavit, une eau de vie de pomme de terre qui tire à 40° C, que l’on boit bien fraîche par petites gorgées. C’est un digestif que l’on prend en cours de repas et, pour Noël, les Norvégiens restent très attachés à cette tradition.»
A l’heure du dessert, on fait revenir des plaquebières, fruits d’une ronce vivace poussant dans tout l’hémisphère Nord, avec un peu de sucre. On les mange accompagnées de crème fouettée. «Ces baies au goût particulier sont le dessert typique d’un repas de Noël norvégien. On sert aussi le gâteau de Noël et sept sortes de biscuits. La tradition veut que l’on ne doit manquer de rien à Noël…»

Poitrine de porc «Svineribbe»

Ingrédients
Pour 4 personnes

Entre 1,5 et 2 kg de lard de poitrine de porc avec la couenne (à commander au moins trois jours à l’avance). La viande rétrécit pendant la cuisson. Les restes peuvent être réchauffés ou mangés froids.

Préparation

Un ou deux jours avant la cuissson, entailler le côté gras en losanges, en prenant soin de ne pas couper la viande. Bien frotter la viande de sel et de poivre, l’emballer dans une feuille d’alu et la mettre dans le réfrigérateur. Le jour J, préchauffer le four à 230° C. Mettre la viande sur la plaque de cuisson, côté gras en haut, en prenant soin de glisser une petite assiette entre le centre du morceau de viande et la plaque. Cela permettra à la graisse de couler dans la plaque.
Verser 2-3 dl d’eau dans la plaque et couvrir avec du papier alu. Enfourner au milieu du four et cuire ainsi pendant 30 min. La viande va gonfler. Enlever l’alu, baisser la température à 200° C et continuer la cuisson au milieu du four pendant 2 h — 2 h30.
Durant les 20 dernières minutes de cuisson, ajouter des quartiers de pommes et des pruneaux dénoyautés qui seront servis avec la viande.
Si, durant la cuisson, la partie grasse du dessus n’est pas devenue croustillante, augmenter la température du four à 250° C ou enclencher le gril, mettre la plaque le plus haut possible dans le four et griller (sous surveillance) quelques minutes afin de «faire lever» et faire croustiller le gras.
Laisser la viande reposer 20 min avant de la couper, (elle garde son jus et est plus facile à couper).
A déguster avec du chou rouge, des choux de Bruxelles ou des brocolis, des quartiers de pommes et des pruneaux.

Un vin pour le Svineribbe

Domaine F. et D. Clair
Santenay AC, 2011

Avec ses arômes de baies où dominent la mûre et le cassis, ce vin rouge accompagne les plats de viande cuisinés, la ratatouille ainsi que les feuilletés au fromage.

Prix: 19 fr. 90/75 cl
Origine: France
Région: Côte de Beaune
Cépage: pinot noir
Maturité: 2013-2018
Disponible: dans les grands points de vente ou sur:

www.coopathome.ch

Riz au lait du 24 décembre

Ingrédients
Pour 6-8 personnes

1 l d’eau
4 dl de riz rond
1,5 l de lait entier
3 dl de crème entière
1 pincée de sel
beurre salé, cannelle moulue, sucre

Préparation

Cuire le riz avec l’eau jusqu’à absorption complète. Rajouter le lait et continuer la cuisson jusqu’à ce que le riz soit tendre ( env. 30 min).
Rajouter la crème, une pincée de sel et cuire 5 min.

Servir avec un peu de beurre salé, saupoudrer de cannelle moulue et d’un peu de sucre.

En Norvège, il est de tradition de cacher une amande dans le riz au lait. Celui qui la trouve a le droit, avant tout le monde, d’ouvrir un premier cadeau qui se trouve déjà sous le sapin.

Angleterre: famille Sorgo

Stephanie Sorgo avec Alexandra (devant) et Katarina, deux de ses trois filles.

Alexandra Sorgo (7 ans) vient de rentrer de l’école et découvre les décorations de Noël que sa mère a posées sur la table du salon. «Oh, maman, regarde, c’est le petit casse-noisette!» Stephanie Sorgo sourit. Chaque décoration de Noël présente sous ses yeux est associée à un souvenir d’enfance. Domiciliés depuis douze ans dans notre pays, Stephanie Sorgo et son mari, banquier, vivent à Thalwil, sur les rives du lac de Zurich, avec leurs trois filles, Natalia (11 ans), Katarina (9 ans) et Alexandra. La famille s’est totalement intégrée, mais ses traditions de Noël restent anglaises. Ainsi, le 24 décembre ne fait pas l’objet de grandes célébrations. Les Sorgo installent le sapin, le décorent et mangent un plat de poisson.

En Angleterre, le Père Noël passe dans la nuit du 24 au 25 décembre. Les enfants accrochent leurs chaussettes de Noël au pied de leur lit le soir du 24. Normalement, il faudrait les mettre au coin du feu, car lorsque le Père Noël vient, il passe par la cheminée. Mais la maison des Sorgo n’a pas de cheminée, c’est la première chose que les enfants ont constatée avec inquiétude lors de l’emménagement. Le Père Noël a malgré tout réussi à trouver les chaussettes ces dernières années.
Pour les enfants, le matin du 25 décembre est le moment le plus palpitant. Les chaussettes sont pleines et ils ont le droit de déballer leurs cadeaux. «Souvent, l’excitation leur fait oublier le petit-déjeuner.»
Stephanie Sorgo se consacre pendant la première moitié de la journée à la confection de plats de Noël typiquement anglais. «De la dinde, du minced pie, des choux de Bruxelles à la pancetta et aux marrons, des pommes de terre bouillies et du panais.» Le moment fort de l’après-midi est le Queen’s speech, l’allocution de Noël de la reine Elisabeth.
Le 26 décembre est consacré aux amis, que l’on invite ou qui nous reçoivent. Stephanie Sorgo nous l’avoue: «Noël est l’un des plus beaux moments de l’année pour moi!»

Dinde à l’anglaise

Ingrédients
pour une dinde de 5,5 kg env.

Saumure
(Un à deux jours à l’avance)

Env. 6 l d’eau
1 grosse orange
60 g de sel
3 cs de grains de poivre noir
1 bouquet garni (persil, thym, laurier)
1 bâton de cannelle
1 cs de cumin
4 clous de girofle
2 cc de piment
4 anis étoilés
2 cs de graines de moutarde claires
200 g de sucre
2 oignons (non pelés,
en quartiers)
gingembre frais (6 cm
coupés en tranches)
4 cs de sirop d’érable
4 cs de miel liquide
1 brin de persil frais

Sauce
75 g de graisse d’oie
(ou de beurre)
3 cs de sirop d’érable

Cuisson au four
Env. 2 ½ heures

Préparation

1. Mettre l’eau dans une grande casserole ou un seau. Presser l’orange, verser le jus dans l’eau, puis y mettre les écorces. Ajouter tous les autres ingrédients, remuer jusqu’à ce que le sel, le sucre, le sirop et le miel soient dissous.
2. Placer la dinde dans cette saumure, le volatile doit être entièrement immergé.
3. La laisser ainsi pendant un à deux jours, à couvert, dans un endroit frais (éventuellement dehors). L’en sortir au moins une à deux heures avant de la cuire et la tamponner avec du papier absorbant.
4. Préchauffer le four à 200° C.
5. Faire chauffer doucement la graisse d’oie (ou le beurre) avec le sirop d’érable à feu doux. Avant de mettre la dinde au four, la badigeonner de sauce.
6. La laisser environ deux heures au four en l’arrosant régulièrement de sauce.
7. Test de cuisson: piquer la chair avec un couteau pointu (là où les pattes se replient sur la poitrine). Si le jus qui en sort est clair, la dinde est prête. S’il est encore rosé, réenfournez la dinde un moment.
8. Sortir ensuite la dinde du four, la couvrir d’un film et la laisser reposer au moins 20 à 40 min.

Un vin pour la dinde

Chardonnay Napa Valley Black
Stallion, 2011

Ce vin accompagne également à merveille fruits de mer et poisson.

Prix: 17 fr. 60* au lieu de 22 fr./75cl
Origine: Etats-Unis
Région: Californie
Cépage: chardonnay
Maturité: 2013-2015
Disponible: dans les grands points de vente ou sur: www.coopathome.ch

*Offre valable jusqu’au 30.12, dans la limite des stocks disponibles.

Bulgarie: famille Jucker-Mircheva

Lyubka Jucker-Mircheva avec son mari Roger et ses filles Marcella et Melida (de gauche à droite).

Une fondue chinoise au réveillon de Noël? Impensable dans la famille Jucker-Mircheva. «En Bulgarie, le 24 décembre est le dernier jour de la période de jeûne, c’est pourquoi nous ne préparons que des plats végétariens», explique Lyubka Mircheva (37 ans). Elle est arrivée en Suisse il y a huit ans avec sa fille Melida (18 ans). Elle vit aujourd’hui avec son mari Roger (54 ans), leur fille Marcella (6 ans) et Melida à Arlesheim.
 
Bien que le réveillon soit végétarien, les Bulgares aiment les repas copieux: de la soupe de haricots, de la sarma (des feuilles de chou aigre farcies de riz), des piments séchés remplis de haricots, du miel avec de l’ail et des noix. «Il est important que le nombre de plats soit impair», nous explique Lyubka Mircheva. Certaines familles vont jusqu’à préparer treize plats, en référence aux douze apôtres et à Jésus lors de la Cène. On boit de la bière, du vin et de l’eau de vie, la plupart du temps un alcool de fruits maison. Le dessert traditionnel est le tikwenik, un gâteau sucré à la citrouille.

On ne range pas la table après le repas. «En Bulgarie, la croyance veut que les défunts de la famille viennent manger durant cette nuit.» La famille perpétue cet usage, même si elle fait de petits écarts à la tradition par ailleurs. Les cadeaux et le sapin n’arrivent qu’au Nouvel An en Bulgarie. Mais chez les Jucker-Mircheva, ils sont là dès Noël. Les petits gâteaux de Noël sont également au programme pendant l’Avent. Et le 6 décembre, Roger Jucker remplit les sacs des enfants.

La grand-mère, qui vit aussi en Suisse, aide en cuisine. Elle prépare la pitka, le pain porte-bonheur traditionnel. Melida l’apprécie particulièrement. Car celui qui trouve dans son morceau de pain la pièce qui a été ajoutée à la pâte avant la cuisson connaîtra bonheur et succès pendant l’année. «C’est moi qui ai eu la pièce l’année dernière, j’espère que je l’aurai encore cette fois!»

Pitka

(pain porte-bonheur bulgare)

Ingrédients

1 kg de farine
2 blancs d’œuf
½ litre de lait
½ cube de levure
1 pincée de sel
1 pincée de sucre
une pièce de monnaie
1 jaune d’œuf
graines de sésame

Préparation

Dissoudre la levure dans le lait. La mélanger avec la farine, les blancs d’œuf, le sel et le sucre. Pétrir jusqu’à obtention d’une pâte souple. Laisser lever pendant une heure environ. Cacher la pièce dans la pâte. Former une miche et la placer sur une plaque de cuisson. Avec une partie de la pâte, faire des décorations et les placer sur la «pitka». Variante: diviser la pâte en trois parts égales et l’abaisser pour former des carrés. Les badigeonner de beurre liquide et les empiler en couches. Les rouler pour former un boudin que vous couperez en tranches. Les répartir sur une plaque ronde, la partie coupée vers le haut. Laisser lever 15 min supplémentaires. Badigeonner de jaune d’œuf battu et parsemer de graines de sésame. Faire cuire 25 min à 200° C.

Vin pour la pitka

Mousseux Jacques
Germanier brut, millésimé 2009

Médaille d’or à Expovina.

Prix: 18 fr 90* au lieu de 21 fr. 90/75 cl
Origine: Suisse
Région: Valais
Cépage: chardonnay
Maturité: 2013-2015
Disponible: dans les grands points de vente ou sur: www.coopathome.ch

*Offre valable jusqu’au 31.12.2013, dans la limite des stocks disponibles

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Textes: Anne-Marie Cuttat, Bettina Ullmann, Nicole Hättenschwiler

Photo:
Heiner H. Schmitt, Christoph Kaminski,  Charly Rappo/Arkive.ch
Publication:
lundi 09.12.2013, 00:00 heure

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