Représentation de l’entrée d’un bolide dans les couches de l’atmosphère et de sa fragmentation suite à son échauffement.

A la poursuite des météorites

L’exposition «Météorites» du Musée d’histoire naturelle de Fribourg convie petits et grands à mieux connaître ce qu’il se passe au-dessus de nos têtes. Reportage.

Pierres de tonnerre jadis, les météorites fascinent l’homme depuis la nuit des temps. Elles voguent à travers l’espace, orphelines d’un astéroïde père ou d’un astre voisin de la Planète bleue, et percent notre atmosphère pour se crasher sur Terre, si elles ne sont pas désintégrées avant. L’imagination collective les rattache à d’énormes rochers exterminateurs. Pourtant elles n’ont souvent pas la taille d’un petit pois, un orgueil suffisant pour sculpter la nuit sous la forme de merveilleuses étoiles filantes. D’où viennent les météorites, quelles tailles ont-elles, comment l’humanité les considérait à travers les siècles? C’est dans cette formidable aventure que nous plonge jusqu’au 31 août l’exposition Météorites du Musée d’histoire naturelle de Fribourg.

«Quand on s’intéresse aux étoiles, les météorites sont un enchaînement logique»,  s’enthousiasme Marc Brodard, commissaire de l’expo. Membre de l’Observatoire d’Ependes (FR), cet enseignant à la retraite est un éternel pédagogue. Son site www.etoile-des-enfants.ch compte plus de 2000 questions-réponses astronomiques et quelque 20 collaborateurs, dont l’astronaute Claude Nicollier. Enfants ou adultes, que connaissons-nous de ces cailloux tombés du ciel? Humblement, pas grand-chose! «Les météorites proviennent essentiellement de la ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter. Dans une moindre proportion, de Mars et de la Lune, et rarement des comètes.» A la suite de collisions, des astéroïdes peuvent changer de trajectoire ou des morceaux se détacher et être éjectés de la ceinture. «Ce sont ceux-là qui viennent dans la région de la Terre. D’autre part, des impacts sur Mars et la Lune peuvent expulser de la matière dans l’espace.»

Représentation de la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter.

Les scientifiques estiment que la Planète bleue rencontre 100 tonnes de matière par jour. La majorité de ces météoroïdes sont brûlés lors de la traversée de l’atmosphère; seulement 6 tonnes atteignent le sol ou disparaissent dans l’eau. Il tombe en moyenne 42 000 météorites de plus de 10 g et une de 1 m de diamètre par an, une de 100 m de diamètre tous les 10 000 ans et une de 1 km de diamètre tous les millions d’années.

On voyage ici à travers l’histoire de notre bonne vieille Terre et celle de l’homme. La provenance extraterrestre  des météorites n’est admise que depuis 1803 et l’étude de l’astronome Jean-Baptiste Biot portant sur une pluie de météorites tombée en Basse-Normandie. Avant, ces phénomènes étaient considérés comme des prodiges ou des présages, et nommés pierres de foudre ou de tonnerre. Sommes-nous si différents aujourd’hui? Sur cent personnes, combien diraient qu’une étoile filante est la traînée lumineuse laissée par un météoroïde qui pénètre dans l’atmosphère? Face à l’infini, nous restons des enfants et faisons un vœu!

Le 15 février 2013, l’Oural est précipité dans un film de science-fiction. Un astéroïde totalement inconnu explose dans le ciel de Tcheliabinsk.  Il y avait de quoi faire sa prière, puisque le bolide pierreux qui entre dans l’atmosphère fait d’abord 20 m de diamètre. L’abrasion le disloque en une vingtaine de morceaux qui se désintègrent en une pluie de météorites. Les ondes de choc font voler les vitres en éclats et seul un gros fragment de 570 kg tombe entier dans le lac Tchebarkoul. Bilan: un millier de blessés. «On est face à une chose qu’on ne maîtrise pas. Le danger existe, mais la probabilité reste très faible.» Donc, pas de panique. Mais restons humbles, devant l’univers, l’homme n’est que poussière de météorites!

Terminologie: «Météoroquoi»?

On distingue le météoroïde, un corps céleste avant qu’il ne tombe sur Terre, de la météorite, lorsque le même objet a atteint la surface de la planète. On nomme météore ou étoile filante la traînée lumineuse laissée par son échauffement lorsqu’il pénètre dans l’atmosphère. Enfin, on parle de ­bolide lorsque le météoroïde est très grand et qu’il prend l’aspect d’une boule lumineuse. On classe les météorites en trois grandes famille: les pierreuses, constituant 92% des chutes, les ferreuses (fer et nickel) et, enfin, les plus rares, les mixtes (fer et cristaux d’olivine). Vitesse d’entrée dans l’atmosphère: 12 à 42 km/s. ­Vitesse d’impact: 90 à 180 m/s. La plus grosse météorite retrouvée est celle d’Hoba en Namibie: 60,5 t (fer
et nickel), 2,95 × 2,84 × 1,25 mètres. 

Cratères: impacts gigantesques

«L’énergie dégagée par l’impact d’un ­astéroïde de 10 m de diamètre avoisine celle de la bombe d’Hiroshima et le choc forme un cratère de 100 à 200 m de ­diamètre. L’astéroïde est alors pratiquement totalement vaporisé.» La Terre compte 130 cratères creusés par un corps céleste, dont 32 ont plus de 20 km de diamètre. Le plus grand est celui de Chicxulub au Mexique (180 km de diamètre, 66 mio d’années). Son âge correspond à celui de la disparition des dinosaures. «La chute d’un astéroïde est une des hypothèses, mais celle d’un super-volcan a aussi été avancée.» On trouve encore des cratères de plus de 100 km de diamètre en Afrique du Sud, au Canada et en Russie. L’un des plus esthétiques est le Meteor Crater en Arizona: 1220 m de diamètre pour 190 m de profondeur, 24 000 ans.

Exposition jusqu’au 31 août

A l’entrée de l’expo, une météorite artificielle de 25 m3 accueille le visiteur et l’invite à voguer dans l’histoire de ces corps célestes. De nombreuses météorites sont présentées, dont celles tombées dans le canton de Fribourg. Un espace est aussi dévolu au bolide tombé dans l’Oural et à la météorite d’Ensisheim (Alsace), la plus ancienne répertoriée en Europe.

Jusqu’au 31 août 2014. Tous les jours de 14 h à 18 h. Entrée libre. Musée d’histoire naturelle, Chemin du Musée 6, Fribourg. Tél. 026 305 89 00.

www.mhnf.ch

Regards d’enfants sur les météorites

       

Daniel, 9 ans: «Il existe des astéroïdes bien plus grands que ceux qui se sont écrasés sur Terre.»

«Les météorites sont les restes de planètes qui n’ont pas eu le temps d’être formées. Ils forment une ceinture d’astéroïdes qui gravite autour du soleil entre Mars et Jupiter. Il y a de grands cratères sur Terre mais il existe de plus grands astéroïdes. Bien plus grands que ceux qui se sont écrasés sur Terre. Y a-t-il de la vie ailleurs? Peut-être que sur Pluton, qui est aussi composée de glace, il y a de l’eau et de la vie. En 2015, n’y a-t-il pas quelque chose qui va se passer avec un astéroïde?»

Quynh Anh, 10 ans: «Une étoile qui brillait et pas un caillou qui tombe sur Terre.»

«Les météorites peuvent être de différentes sortes: pierreuses, ferreuses, métalliques… Leur queue lumineuse se forme quand elles entrent très vite dans l’atmosphère. Elles chauffent et il y a du feu. Avant, quand je voyais une étoile filante, je pensais que c’était une étoile qui brillait et pas un caillou qui tombe sur Terre. S’il y a plusieurs météorites qui tombent sur Terre en même temps, on pourrait voir quelque chose qu’on n’a jamais vu. Mais je préfèrerais ne pas être là pour le voir!»

Rio, 9 ans: «Une étoile filante, je ­pensais que c’était de la ­magie!»

«Une météorite a d’abord été un caillou dans la ceinture d’astéroïdes qui vole entre Jupiter et Mars. Pour qu’elle arrive sur Terre, il faut qu’un astéroïde fonce contre un autre et sorte de cette ceinture. Quand ça arrive dans l’atmosphère, ça se désintègre un peu jusqu’à ce que ça fasse un cratère sur Terre. Avant, une étoile filante, je croyais que c’était de la magie! Si une météorite pulvérise un satellite, je préfère ne pas être le satellite. Je pense qu’il y a de la vie ailleurs, mais pas des extraterrestres avec quatre doigts!»

    

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Alain Wey

Rédacteur

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Photo:
SP
Publication:
lundi 17.03.2014, 14:29 heure

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