Christine Gordon et son mari Gerard frappent la traditionnelle «piñata», dont les sept branches symbolisent les sept péchés capitaux.

À chacun sa fête

Traditions Que ce soit dans la neige ou sous les tropiques, il y a autant de manières de fêter Noël que de pays. Ainsi, les Mexicains remplacent le sapin par le poinsettia et les Russes patientent jusqu’au 6 janvier. Petit tour d’horizon.

Mexique

«Au Mexique, Noël commence le 16 décembre avec la première posada: on se retrouve le soir, en famille ou entre voisins, pour rejouer la scène de la quête d’un gîte de Marie et Joseph», raconte Christine Gordon (33 ans). Accompagnés de chants traditionnels, les pèlerins toquent de porte en porte. Ils sont éconduits deux fois avant que l’hospitalité ne leur soit offerte. «Ensuite, on se réunit autour de la table pour boire et manger.» Ceux qui s’imaginent que la tequila coule à flots se trompent: «Nous buvons du chocolat chaud saupoudré de cannelle ou du punch aux fruits.»
Les enfants se font surtout une joie de la piñata – «tradition incontournable!» Ces récipients ou figurines aux couleurs bigarrées remplies de friandises rappellent la forme d’une étoile à sept branches représentant les sept péchés capitaux. «En les frappant, on combat également les péchés.» Même si le principe n’a pas beaucoup changé, les piñatas sont aujourd’hui proposées dans toutes sortes de formes, y compris Bob l’éponge et Hello Kitty.

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Chez nous, le sapin de Noël est une étoile de Noël!»

Christine Gordon, née au Mexique

Une posada chaque soir

Une posada est organisée chaque soir entre le 16 et le 24 décembre. Dans un premier temps du moins, la veille de Noël ne se différencie en rien des soirées précédentes «mais la fête se poursuit le 25». De retour à la maison après la messe de minuit – une obligation – l’enfant Jésus est déposé dans la crèche.
Les jours précédents, les foyers placent une crèche vide, remplaçant ainsi la couronne de l’Avent ou d’autres décorations. Les Mexicains ne sont pas familiers des sapins de Noël: «L’étoile de Noël ou poinsettia, voilà notre sapin de Noël», sourit Christine Gordon.
Côté nourriture, un Suisse ne se sentirait pas dépaysé. Pas de fondue chinoise, mais du jambon. Selon Christine Gordon, «le jambon à l’os, servi avec une sauce épicée, est un plat traditionnel».

Philippines

C’est dans la région fribourgeoise que Lourse Ortega passera son sixième Noël suisse, en compagnie de son épouse Neria et de leur fils. Une fête bien différente de celles qu’il a connues dans son pays, les Philippines. «Pour nous, le chemin qui mène à Noël commence le 16 décembre par une messe à 4 h du matin. C’est la première d’une série de neuf messes, toutes programmées à la même heure, qui se termine le 24 décembre, à la veillée de Noël. Cette coutume, qui vient des Espagnols, est une façon de demander la protection de Dieu. La fin de la neuvaine ne termine pas notre façon de fêter Noël. Les célébrations se poursuivent jusqu’au 6 janvier, jour de l’Épiphanie.»
Le 24 décembre, les Philippins vont à la messe de minuit avant de se retrouver dans la rue pour des réjouissances. «L’office religieux est programmé vers 21 h car nous mangeons vers minuit. C’est à ce moment qu’on se donne les cadeaux. Quand j’étais plus jeune, la messe était célébrée à minuit mais l’horaire a été avancé car il y avait trop de bruit dans les rues, notamment les pétards qui sont, aux Philippines, indissociables de Noël.»
Jusqu’à minuit, chaque famille a son programme. «On chante, on danse, on assiste à des productions. Dans certaines provinces, les habitants préparent des tas de nourriture sur des tables le long des rues pour un grand partage.»

«

Avant minuit, nous adressons nos vœux à nos familles vivant aux Philippines»

Lourse Ortega (à droite) passera un Noël avec son épouse et leur fils.

Pas de Noël sans messe de minuit

En Suisse, Lourse Ortega passe le réveillon à la maison en famille. Non sans adresser ses meilleurs vœux à la famille du bout du monde. «En hiver, il y sept heures de différence avec les Philippines. À 5 h, il sera minuit là-bas et nous passons une bonne partie de la soirée à discuter avec nos familles. À minuit, nous allons à la messe dans l’église du quartier. Au retour, nous partageons un repas de Noël entre nous trois.»
Un repas qu’il aura préparé avec soin car la cuisine c’est son domaine. «Je travaille à la cuisine du restaurant du personnel de la Maison Cailler, à Broc. Je suis venu en Suisse il y a six ans rejoindre mon épouse.»

Érythrée

Pour Nazareth Berhe, Noël commence le 6 janvier. «En Érythrée, nous ne connaissons pas la période de l’Avent, accompagnée de sa couronne ou de son calendrier.» Par ailleurs, comme les chrétiens d’Érythrée (qui représentent un peu plus de 49% de la population) appartiennent à l’Église érythréenne orthodoxe tewahedo, Noël ne se célèbre pas le 25 décembre mais le 7 janvier, une occasion d’être toujours bien entouré: «Le soir du 6 janvier, on retrouve la famille, les amis et les voisins», explique Nazareth Berhe, qui vit à Zurich. Ensuite, on boit et on mange en abondance. «Traditionnellement, nous abattons un mouton ou égorgeons un poulet.» La viande est toujours servie nappée de sauce – une sauce généralement très épicée dans la cuisine érythréenne – et accompagnée d’injera, le pain traditionnel. Des jus de fruits, de la bière érythréenne, du vin et parfois même de l’eau de vie étanchent notre soif. Nazareth Berhe, dont l’exil ne permet pas de connaître l’âge véritable, poursuit: «Le dessert ne revêt pas une grande importance pour nous». Des fruits, du pop-corn ou de l’himbasha – un pain de forme particulière qui ne se consomme que durant les jours de fête – clôturent le repas.
Des cadeaux sont également échangés ce soir-là. «Des vêtements ou des chaussures», selon Berhe, qui ajoute cependant que l’emballage cadeau n’est pas de rigueur: «En règle générale, nous savons déjà à l’avance ce que nous allons recevoir». Elle se souvient avec émotion de la joie qu’elle ressentait enfant. «Nous sortions immédiatement, parés de nos nouveaux vêtements afin de les montrer à tout le monde.»
La coutume de décorer les arbres est un petit souvenir de l’ancien pouvoir colonial italien. «Voyez comme ils poussent chez nous!» En décoration, nous utilisons des mandarines, des noix et des bonbons, «tout ce qui peut être grignoté directement sur l’arbre».
Après le repas, c’est le départ pour l’église: en Érythrée, on passe une grande partie de la nuit à prier et à chanter. Le lendemain, la journée commence par la cérémonie du café: bien que vivant depuis vingt-six ans en Suisse, Nazareth Berhe déclare: «Cette cérémonie fait partie de la culture érythréenne. Lorsque je reçois des invités, je prépare toujours le café de cette manière», c’est-à-dire en torréfiant les grains et en les présentant aux convives qui s’imprègnent de leur odeur, avant de les moudre pour préparer l’infusion du café. «Par la suite, la poudre est encore infusée une deuxième voire une troisième fois.»
Ici en Suisse, Nazareth Berhe célèbre généralement Noël deux fois. «En tout cas, nous nous organisions comme cela quand les enfants allaient encore à l’école.» Maintenant qu’ils sont adultes, la question est plutôt de savoir s’ils pourront prendre congé à Noël – les 6 et 7 janvier n’étant pas fériés en Suisse. «Néanmoins, Noël demeure pour nous une fête importante.»

Etats-Unis

«Mon père étant colonel dans l’armée américaine, nous avons passé beaucoup de temps à l’étranger. Mais nous n’avons jamais renoncé à Noël. Né en Italie, mon grand-père nous a transmis cette tradition. Lors de l’un de nos nombreux déménagements, quand j’avais 14 ans, nous sommes arrivés en Virginie le 24 décembre. Nous n’avions que nos valises et nos chambres d’hôtel. Mon père est allé acheter un sapin en plastique afin de fêter Noël tous ensemble comme si nous étions à la maison», se souvient Armando Zanecchia, établi depuis 16 ans au Tessin avec sa famille, où il enseigne l’économie politique à la Franklin University Switzerland. Sa femme Charlotte, enseignante à l’école primaire américaine, se rappelle un Noël plus triste: «J’ai grandi sans mère, avec trois frères plus âgés. Je me souviens d’une veille de Noël quand j’étais petite: après le travail, mon père était parti faire les courses de Noël jusqu’à minuit et nous avait laissés seuls avec notre grand-mère».

Aujourd’hui, pour la famille Zanecchia, Noël est rendez-vous immanquable qui réunit toute la famille. «Nous avons quatre fils qui sont déjà adultes et un petit-fils. Noël est la seule période de l’année où nos vacances coïncident. Nous l’avons toujours fêté comme aux Etats-Unis », précise Charlotte. «Nous décorons un grand sapin de Noël dans le salon et illuminons le jardin et la pergola. Nous accrochons une couronne de gui sur la porte et préparons une crèche.» Et Armando de continuer: «Pour nos enfants, on accrochait une grande chaussette sur la cheminée avec chacun de leurs prénoms. Le jour de Noël, ils y trouvaient des biscuits et des chocolats. Mais s’ils n’avaient pas été sages, il arrivait aussi qu’ils n’y trouvent qu’un morceau de charbon, ou une patate!», se souvient-il en souriant. «Pour remercier le Père Noël, nous déposions des biscuits et un verre de vin ou de lait à côté de la cheminée. La lendemain, les enfants trouvaient le verre vide». A table, le repas de Noël inclut inévitablement une dinde richement farcie, notamment avec de la chair à saucisse, du pain, des noix, des raisins secs... En dessert, pas de panettone, mais une authentique «apple pie», la traditionnelle tarte aux pommes américaine. Et, dans une famille où tout le monde chante ou joue d’un instrument, Noël prendra forcément une tournure musicale...

Islande

L’Islande ne ressemble à aucun autre pays. On n’y célèbre ni la naissance de l’enfant Jésus, ni la venue du Père Noël. Chaque nuit en revanche, treize lutins de Noël, les «Jólasveinar», descendent à tour de rôle des montagnes. Selon Jon Adalssteinsson qui réside à Brugg avec sa famille, «ce sont de sacrés chenapans». Les «Jólasveinar» jouent de sales tours ou se servent dans les provisions. Les noms de ces différents lutins sont en eux-mêmes tout un programme, qu’il s’agisse de Pottasleikir (celui qui lèche les marmites), de Þvörusleikir (celui qui lèche les cuillères en bois), de Hurðaskellir (celui qui claque les portes) ou de Gluggaægir (celui qui regarde par la fenêtre). Notre interlocuteur explique: «Enfant, j’aimais tout particulièrement Stúfur (petit bonhomme) parce qu’il est drôle.»

Selon Jon Adalsteinsson, les lutins ne sont plus aussi grossiers qu’auparavant. «De nos jours, les enfants posent leurs chaussures sur l’appui de fenêtre chaque soir et espèrent que le lutin de Noël y déposera une friandise.» Mais celui ou celle qui n’a pas été sage ne trouvera dans ses chaussures qu’une vieille pomme de terre. «Cela fait souvent un choc.»
Les biscuits de Noël représentent également un sujet de préoccupation majeur en Islande. Selon la femme de Jon Adalssteinsson, Hilma Sveinsdottir, «chaque année, de nouvelles sortes de biscuits sont proposées. Savoir ce qui est tendance et ce qui ne l’est pas revêt une grande importance.» Outre les biscuits, on prépare également des laufabrauð. Le plus souvent, toute la famille se réunit pour tracer des motifs artistiques sur ces petits pains. Par ailleurs, les laufabrauð ne sont pas uniquement destinés à être mangés, ils peuvent également être suspendus comme décoration.

Du reste, la décoration est également un sujet important, plaisante Jon Adalsteinsson: «Il m’arrive parfois de penser que cette saison est la plus lumineuse en Islande.» Selon lui cependant, les décorations sont sans doute plus discrètes que ce que l’on peut voir en Amérique.
Le 23 décembre en Islande, on se réunit autour d’un plat appelé kæst skata, une préparation à base de raie fermentée, cuite dans de la graisse de mouton et servie avec des pommes de terre. Ce plat dégage une odeur effroyable, selon Jon Adalsteinsson. «Mais là encore, nous entretenons la tradition… tout en restant à l’extérieur, dans le jardin.»
En Islande également, la veille de Noël est la fête de la famille: le coup d’envoi est donné à 18 heures pile et tout doit être parfait – les enfants vêtus de neuf, la maison propre et décorée et le repas prêt. Le menu de la famille Adalsteinsson se compose d’une perdrix des neiges, accompagnée de baies et de fines herbes de leur pays natal. Selon le chef d’entreprise, «c’est un plat purement traditionnel». Le hangikjöt – agneau fumé – est également consommé à Noël, «chez nous, il est en effet au menu le 25 décembre». Dans cette famille, le dessert de Noël typique – glace au Toblerone – semble davantage venir de Suisse que d’Islande. «Cependant, nous le connaissions déjà avant d’emménager en Suisse», explique Hilma Sveinsdottir.
Les Islandais célèbrent également le 6 janvier, non pas en raison de la venue des Rois mages, qu’ils ne connaissent pas, mais pour dire au revoir au dernier des treize lutins. Tout comme ils descendaient des montagnes l’un après l’autre, ces derniers reprennent la route chacun leur tour.

Brésil

Ses études terminées, Caroline Viveiros quittera définitivement Fribourg pour le Brésil. «L’année dernière, j’ai partagé le Noël d’une famille suisse. Ici, j’ai eu beaucoup de mal à m’habituer au froid et au manque de lumière. Chez moi, à Nova Friburgo, la température oscille entre 25 et 28° C.»
La jeune femme se réjouit de retrouver ses parents et ses deux frères. «Nous sommes toujours une bonne vingtaine à partager le 24 et le 25 décembre. La soirée débute vers 19 h. On prépare le repas ensemble, puis on passe à table. On discute, on écoute de la musique en attendant minuit. Au Brésil, pas question d’ouvrir les cadeaux avant les douze coups de minuit. Cette tradition est bien respectée, même par les enfants.»
Les plats de Noël traditionnels viennent de tous horizons. «Comme aux États-Unis, la dinde est toujours au menu. Nous l’accompagnons de la farofa, un plat typiquement brésilien composé de farine grillée de manioc à laquelle on ajoute de l’ail et des oignons. Et on sert toujours le bacalhau
À l’heure du dessert, on partage le panettone. «C’est typique de Noël. Tous les magasins en vendent à cette période de l’année.» Et on ne lésine pas sur les décorations. «On a adopté le style américain, avec un grand sapin et plein de lumières dans la maison. On décore beaucoup l’extérieur. Certains quartiers organisent même des concours.»
Quand elle enseignait le français dans son pays, Caroline Viveiros partageait une tradition avec ses élèves. «On inscrit les noms des élèves sur des billets qu’on met dans un sac. Chaque élève tire un nom au sort et prépare un cadeau. Quelques jours plus tard, place à un jeu de devinettes. On décrit peu à peu les personnes; une fois découvert, l’élu a droit à son cadeau. Ce jeu qui crée une bonne ambiance, est aussi pratiqué à la maison.»

Le panettone a franchi les frontières pour s’imposer au Brésil comme le dessert de Noël.

«Avec le temps, les fêtes se complexifient»

L’expert

Andrea Jacot Descombes, ethnologue doctorant à l’Université de Neuchâtel

Andrea Jacot Descombes, ethnologue doctorant à l’Université de Neuchâtel
Andrea Jacot Descombes, ethnologue doctorant à l’Université de Neuchâtel

Noël reste une fête en famille…
Deux logiques font que les choses continuent ainsi. La première est le fait que l’homme a besoin de partager les temps forts avec ses proches ou des individus de son groupe. Les Fêtes servent à souder les liens sociaux, le rituel permettant à l’homme de se sentir part d’un milieu social. Il y a aussi une symbolique spécifique liée à la fête de Noël. Historiquement, au niveau religieux, c’est la naissance du fils de Dieu, mais c’est aussi la création de la famille de Marie, Joseph et Jésus. Ce symbole, très fort pour les chrétiens et les non-chrétiens, est la base de la célébration de Noël.

Pourquoi cette fête perdure-t-elle?
Une fête perdure quand elle s’ancre dans un univers de représentation au sein d’une communauté. Ce moment véhicule toute une série de valeurs représentatives de symboles importants pour la cohésion du groupe.
Cela lui permet de penser son identité. Cela permet aussi à chaque membre du groupe d’en faire de même par rapport aux autres membres de son groupe et aux autres groupes sociaux.

Le Père Noël a-t-il tout chamboulé?
Ça a été un changement, comme il y en a eu d’autres. On ne peut pas nier que le Père Noël a pris de l’importance, mais il est difficile de dire qu’il a tout chamboulé. Il a apporté une vraie révolution au sein de certains groupes ou de certaines communautés, mais pas pour tout le monde. C’est clair que le Père Noël s’est fait une place, mais le processus d’élaboration du changement, très complexe, dépend du choix des personnes qui forment le groupe.

Quelle part a encore le religieux?
C’est une question complexe. La même fête est célébrée et vécue avec des valeurs, des significations et des buts différents, et cela non seulement au niveau des différents groupes mais également au niveau personnel. Aujourd’hui, le côté chrétien est mis de côté dans certains groupes sociaux. On assiste à une pluralisation des formes de la fête. Certaines manières de fêter Noël n’ont plus rien à voir avec la fête religieuse, elles sont même parfois en contradiction.

Un phénomène pas spécifique à Noël…
Il concerne plus ou moins toutes les fêtes et les temps forts de notre société. Chaque fois que l’on célèbre quelque chose, on ne le répète pas exactement de la même façon. L’homme pense et élabore ce qu’il vit et les contextes changent, ce qui fait que les fêtes changent dans leurs dimensions liées aux valeurs. La fête, en général, se complexifie.

Russie

Il y a cinq ans que Katerina Podlesnova a quitté les bords de la Volga pour ceux des lacs de Suisse romande. «J’ai étudié le français à l’école dans ma ville, à Samara. Après avoir terminé mes études en finances et banking, j’ai voulu poursuivre ma formation à l’étranger. J’ai envoyé mon dossier à plusieurs universités de Suisse romande. Ici, j’ai étudié le français et l’histoire, avant d’opter pour une formation à l’École hôtelière.»
La jeune femme aime retourner fêter Noël avec les siens. «Chez nous, nous fêtons Noël dans la nuit du 6 au 7 janvier. Le 6, les gens vont au centre-ville où l’on a érigé de grands sapins. L’après-midi est voué aux activités sportives:  patinage, hockey sur glace ou promenades en traîneau.» Le son des grelots des chevaux résonnent encore à ses oreilles. «On en profite aussi pour faire un tour au marché de Noël.»
La jeune femme s’organise pour passer le 6 janvier avec ses parents. «Les gens se retrouvent pour un repas. On accueille parfois des amis, mais c’est surtout avec les grands-parents et les tantes et oncles.» La nourriture est abondante et les mets nombreux. «Les plats traditionnels du Noël russe sont le cochon de lait rôti, le canard aux pommes et le lapin à la crème. À cela s’ajoutent des tartes salées à base de viande ou de volaille ainsi que plusieurs salades. On sert aussi les conserves faites maison comme les concombres ou les pastèques salés.» Les plats sont présentés en même temps, seul le dessert est servi à part. «On ne sépare pas l’entrée du plat principal. Les gens se servent au gré de leurs envies. La fête dure longtemps, parfois toute la nuit.»

«En Russie, les jeunes filles cherchent à savoir ce que l’avenir leur réserve.»

Pas de cadeaux sous le sapin

Même si Noël est fixé au 6 janvier par le calendrier orthodoxe, les Russes ne lésinent pas sur les décorations. «On décore les maisons, la porte d’entrée, les fenêtres et on installe un sapin à la maison. La seule différence d’avec la Suisse est qu’il n’y a pas de cadeaux sous le sapin. En Russie, on distribue les cadeaux à Nouvel An.»
Quand elle repense aux Noëls de son enfance, Katerina Podlesnova évoque les moments qu’elle a partagés autour d’un jeu de cartes avec sa mère. «C’est la tradition. Les jeunes filles s’adonnent à un jeu de prédiction. Elles cherchent à savoir ce que l’avenir leur réserve, notamment au sujet de leur futur mari. Moi, je me souviens d’avoir joué avec ma mère.»

Us et coutumes: de l’Australie à Haïti

Haïti

C’est le 3 novembre que les radios commencent à diffuser des chants de Noël. Après la messe de minuit, qui peut durer quatre heures, les Haïtiens se retrouvent en famille.

Égypte

On fête le 7 janvier et le cœur du Noël copte est la messe de minuit qui rompt la période de jeûne. Le lendemain du réveillon, les amis ont droit à un biscuit particulier, le «kahk».

Grèce

La veille de Noël, les enfants vont de porte en porte en chantant, accompagnés d’un triangle. Les gens les récompensent en leur offrant des gâteaux et quelques sous.

Russie

Noël est précédé d’un jeûne de 40 jours, qui prend fin le 24 décembre. Une coutume veut que le jour du solstice, on ne mange rien jusqu’à ce que brille la première étoile.

Japon

Noël est un peu considéré comme la Saint-Valentin. Les jeunes déclarent leur amour et échangent des cadeaux. Le 24 au soir, on mange du poulet frit au fast-food.

Argentine

En Argentine, on fête Noël au cœur de l’été. Raison pour laquelle on sert avant tout des plats froids comme le vitello tonnato, la salade russe, le poulet rôti et du porc aigre-doux.

Éthiopie

La fête se déroule le 7 janvier. À 4 h, les gens se rendent à l’église vêtus de blanc et tenant une bougie à la main. On n’échange pas de cadeaux mais on est vêtus de neuf.

Île de la Réunion

C’est la saison des mangues et des litchis. Rhum et punch se partagent les faveurs de l’apéritif. La famille se réunit pour le repas sous la varangue (véranda), après la messe de minuit.

Australie

Noël coïncidant avec le début des vacances scolaires, les familles se retrouvent en camping ou à la plage. Ainsi, à Sydney, 40 000 personnes se retrouvent sur Bondi Beach.

Les Philippines

Les festivités, qui s’étalent de septembre à janvier, sont les plus longues du monde. On déguste le «puto bumbong», une spécialité de riz gluant préparé avec du beurre, du sucre et de la noix de coco.

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Solution du quiz (dans la version papier du journal n°51): MESSE

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Anne-Marie Cuttat

Rédactrice

Avec la collaboration de Regula Bättig

Photo:
Christoph Kaminski, Charly Rappo/arkive.ch, Bettina Matthiessen
Publication:
lundi 15.12.2014, 16:30 heure



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