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Vincent (15 ans) aime s’occuper des animaux.







À la ferme: prendre un nouveau départ

Social Des adolescents en difficulté sont hébergés chez des agriculteurs grâce à Caritas Placement Familial. Un jeune et sa famille d’accueil partagent leur expérience.

Depuis deux mois et demi, Vincent (15 ans) vit et travaille dans la ferme de la famille Schläppy-Monnier, sur les hauteurs de Rebeuvelier, dans le Jura. Le jeune Fribourgeois est placé par Caritas pour six mois. «Nous plaçons des adolescents de 14 à 18 ans dans des familles rurales sur mandats des tribunaux des mineurs ou des services de la jeunesse. Ces jeunes rencontrent des difficultés personnelles, familiales ou avec la loi», explique Jean-Yves Riand, responsable romand de Caritas Placement Familial. «Le but de la mesure est un éloignement de leur milieu pour qu’ils vivent quelque chose de différent. Ils sont occupés au quotidien. Ils acquièrent un rythme de travail et activent des ressources. Cela leur permet de refaire un projet scolaire ou professionnel.»

Jeune Fribourgeois, Vincent (à gauche) vit et travaille pendant six mois dans la ferme de la famille Schläppy-Monnier sur les hauts de Rebeuvelier, dans le canton du Jura.

Il préfère les lapins aux devoirs

Les agriculteurs Sylvie Schläppy et Abraham Monnier sont les parents de quatre enfants: Naomi (3 ans), Matthieu (6 ans), Gaetan (8 ans) et Mael (10 ans). Depuis quatre ans, ils hébergent des adolescents en difficulté sur leur exploitation, située dans un cadre idyllique, au lieu-dit «Sur Moton». Aujourd’hui, Vincent s’active dans l’écurie: «Là, je blanchis les murs; ça donne mal à la nuque.» L’adolescent préfère s’occuper des animaux. Ici, il est servi! Outre des vaches, la ferme compte des poneys, des chevaux, des moutons, des chèvres, des cochons laineux et des lapins. Sylvie Schläppy propose des initiations et des balades en poney, ainsi que des journées à la ferme pour les enfants.
«J’aime surtout les lapins! Je les nourris et nettoie leur cage. Mais je n’aime pas sortir le fumier.»  Le jeune homme apprécie également de couper du bois avec le merlin. Il goûte moins au ramassage des branches sur le domaine et à la promenade avec les chiens autour de la ferme. «Ici, c’est dur. Il faut travailler!», s’exclame le jeune homme, assis à la table familiale. Jean-Yves Riand explique que Vincent a de la peine à accepter les règles posées par les adultes: «Il a été un roi dans son royaume.» Le jeune Fribourgeois n’aimait pas l’école: «Sauf l’informatique et la récré! J’ai tout fait pour arrêter.» Il est parvenu à ses fins. Après sa sortie de l’école obligatoire, il a enchaîné les stages: charpentier, bûcheron, mécanicien agricole… Sans toutefois trouver sa voie. «J’aimerais faire un stage de boulanger-pâtissier et continuer si ça me plaît. Ou alors des travaux agricoles», hésite encore Vincent. Le Fribourgeois a passé ses dernières vacances à l’île Maurice où il a de la famille. Une parenthèse très appréciée: «C’était génial! J’ai même nagé avec des dauphins!»

Vincent en train de peindre un mur de l’écurie.

«Des liens forts ont été créés»

La collaboration entre Caritas et la famille jurassienne s’avère fructueuse: «On a accueilli une dizaine de jeunes en tout. Ils restent en moyenne deux mois», précise Abraham Monnier. «L’idée première est d’aider ces jeunes, qu’ils repartent d’un bon pied. Si le jeune a des soucis, il nous demande conseil. On a gardé des contacts avec plusieurs adolescents, c’est positif! Ça se passe bien avec les enfants. Des liens forts ont été créés.» Pour l’agriculteur, il est important «que les jeunes apprennent à travailler avec leurs mains, d’avoir une structure et de se lever le matin. Les règles sont assez strictes et cela peut causer certaines tensions». Ainsi, l’entente entre l’adolescent et la famille n’est pas toujours au rendez-vous: «Le premier jeune n’a fait que 22 heures! Il a fugué. Ça fait bizarre.» Heureusement, cela reste une exception. «Un autre  jeune devait faire deux semaines, il est resté 32 mois! On l’a suivi de 15 à 18 ans. Il a obtenu un apprentissage et nous sommes restés en contact.» Une belle satisfaction pour la famille d’accueil.

Infos sur la ferme: www.fermesurmoton.com

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Des familles recherchées

Jean-Yves Riand, responsable romand de Caritas Placement Familial

Jean-Yves Riand, responsable romand de Caritas Placement Familial
http://www.cooperation.ch/Ae+la+ferme_+prendre+un+nouveau+depart Jean-Yves Riand, responsable romand de Caritas Placement Familial

Des familles recherchées «Nous avons un réseau de 25 familles d’accueil en Suisse romande et nous en recherchons de nouvelles. La demande en placements est importante», souligne Jean-Yves Riand, travailleur social chez Caritas Placement Familial. Les adolescents – dont trois quarts de garçons –  sont nourris et logés dans les familles qui les accompagnent au quotidien. Elles reçoivent une compensation financière pour cette prestation. Les jeunes sont ainsi placés pour un «time-out» de plusieurs mois ou pour un placement à long terme dans une famille. Dans d’autres cas, l’adolescent effectue des prestations personnelles (travail d’intérêt général), d’une semaine à trois mois dans une ferme, à la demande de la justice après avoir commis un délit. Caritas Placement Familial existe depuis une dizaine d’années en Suisse romande. Cette offre existait déjà en Suisse alémanique avant de se développer également de ce côté de la Sarine.

www.placementfamilial.ch

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Basile Weber

Rédacteur

Photo:
Nicolas de neve
Publication:
lundi 27.03.2017, 13:50 heure





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