À la loupe: une histoire de fils

Polyester et Cie La marche triomphale des fibres textiles synthétiques a débuté aux États-Unis, dans les années 1950, avec les collants. Depuis on les retrouve partout. Petite présentation.

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur un vêtement en lisant son étiquette. Outre les consignes d’entretien, celle-ci apporte des indications sur les fibres qui le composent.
Si l’on connaît bien les composants naturels comme le coton, d’autres nous sont moins familiers: modal, élasthanne, viscose, polyamide semblant tout droit sortis d’un laboratoire.
Ce n’est toutefois pas forcément le cas. Ces fibres artificielles se répartissent en deux catégories: les fibres synthétiques qui sont effectivement entièrement développées en laboratoire et les fibres de cellulose utilisant la matière première naturelle du même nom (voir encadrés en page 67 et 69). «Il est rare que les vêtements vendus chez Coop se composent uniquement de fibres synthétiques, explique Emanuel Büchlin, responsable de l’achat des textiles chez Coop. Le plus souvent, le coton – ou toute autre fibre naturelle – est associé à des éléments synthétiques afin d’apporter à l’habit des propriétés bien définies.» L’élasthanne en est un exemple parfait: cette fibre synthétique veille à ce que les collants soient bien élastiques – d’où son nom – et assurent une tenue parfaite jusqu’aux pieds.

Des collants stars

Des collants qui, du reste, illustrent parfaitement la formidable percée commerciale réalisée par les fibres synthétiques dans le domaine de l’habillement: au début des années 1950, tandis que l’industrie chimique connaît une envolée, les États-Unis voient naître la mode des bas et collants fins. Et c’est grâce à la popularité de starlettes, telles que Marilyn Monroe, que cette tendance va traverser l’Atlantique pour déferler en Europe. Les matières purement synthétiques, en revanche, sont utilisées de préférence pour les habits de travail fonctionnels ou dans le domaine des loisirs en plein air, essentiellement pour protéger de l’humidité – le coton perdant clairement la partie face à cette dernière. 

Durée de vie allongée

Pour Coop, le coton reste de loin la fibre la plus essentielle pour tout ce qui concerne le textile; les fibres artificielles sont uniquement réservées aux accessoires fonctionnels. «Le fait que notre label Naturaline, qui mise exclusivement sur un coton bio, soit notre marque la plus importante en est la preuve», dit Emanuel Büchlin. Toutefois, pour ce qui est de l’impact environnemental, il ne faut pas en conclure que le coton est un bien meilleur élève que les fibres artificielles.
«Lorsque le coton est produit de façon intensive, la consommation d’eau est élevée, ce qui a un impact négatif sur l’empreinte écologique», déclare le spécialiste. À l’inverse, une faible proportion de fibres synthétiques comme le lycra, par exemple, prolonge considérablement la durée de vie du coton – contribuant ainsi à la longévité du vêtement.
En parlant de durabilité, Coop s’est engagée, en vertu de l’accord signé avec l’organisation de protection de l’environnement Greenpeace, à proposer des textiles totalement exempts de produits chimiques d’ici à 2025.

On se croirait devant une œuvre 
d’art moderne. Mais il s’agit ici 
de fibres synthétiques observées 
au microscope. Ici: fibres 
de nylon.

Polyester

Cellulose

Groupe des fibres synthétiques

Les fibres synthétiques sont entièrement conçues en laboratoire à partir de matières premières comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Dans les rayons des magasins Coop, on trouve ces fibres synthétiques uniquement en complément de fibres naturelles, principalement du coton. Elles permettent d’améliorer la qualité des textiles en termes de soins, d’aspect, de confort et de durée de vie. Les fibres synthétiques jouent un rôle essentiel dans les vêtements d’extérieur, la protection contre la pluie (également les parapluies), mais aussi les maillots de bain.

Polyamide
Cette fibre artificielle aux qualités exceptionnelles en termes de solidité et de résistance est généralement utilisée en complément de fibres naturelles, dans une proportion de 2 à 5%, notamment dans les chaussettes. Le représentant le plus connu de la famille des polyamides est le nylon.

Élasthanne
Cette fibre possède d’excellentes propriétés lui permettant d’avoir un taux d’élasticité idéal pour l’industrie du textile, notamment pour les sous-vêtements, les vêtements de sport et les chaussettes. L’élasthanne peut atteindre trois fois sa longueur initiale et revenir à sa forme de départ.

Polyester
Si l’importance de cette fibre artificielle n’a fait que croître ces dernières années dans le secteur textile, elle est aujourd’hui utilisée principalement dans les vêtements tissés qui sont ainsi protégés d’éventuelles abrasions et déchirures. Dérivé du polyester, le polyéthylène téréphtalate – le PET – est utilisé pour la fabrication de bouteilles. Recyclées, ces dernières permettent à leur tour de confectionner le tissu polaire que l’on retrouve dans les vêtements d’extérieur.

Polypropylène
On a recours à ce polymère thermoplastique pour la confection de vêtements résistants aux températures glaciales comme les sous-vêtements thermiques. Au-delà de l’industrie textile, le polypropylène est la deuxième matière plastique standard la plus utilisée, notamment dans les matériaux d’emballage.

L’étiquette donne des informations. Aujourd’hui, 
les fibres artificielles sont d’une telle qualité qu’il est difficile de les distinguer des fibres naturelles.

Récap des fibres artificielles

Les différencier. Les fibres fabriquées artificiellement se divisent en deux catégories: les fibres cellulosiques et synthétiques.

Groupe des fibres cellulosiques

Composées de cellulose, comme le coton, les fibres cellulosiques sont produites de manière artificielle, mais s’avèrent tout aussi confortables à porter que le coton. Comme pour la fabrication du papier, le bois et les fibres courtes du coton sont réduits puis cuits selon un procédé chimique. La masse cuite est lavée, broyée, blanchie, séchée et finalement pressée.

Viscose
Cette fibre de cellulose bien connue permet au vêtement de respirer et de réguler la température. Elle se prête bien à la teinture, aux imprimés et peut être mélangée à d’autres fibres. En raison de son pouvoir absorbant élevé, la viscose est généralement utilisée dans la fabrication des éponges et des chiffons à poussière. Pour ce qui est des vêtements, c’est principalement dans les chemisiers et les sous-vêtements qu’on la trouve.

Modal
Pour sa production, le fabricant utilise du hêtre. Lors du processus de fabrication, les fibres développent une résistance élevée et une très grande élasticité à l’état humide. En outre, le modal est très doux sur la peau; raison pour laquelle on le retrouve essentiellement dans les sous-vêtements.

Tencel
Cette marque représente la toute nouvelle génération de fibres Lyocell du fabricant autrichien Lenzing. Obtenue à partir de bois, elle est, aux dires de son créateur, plus absorbante que le coton, plus douce que la soie et plus fraîche que le lin. Le Tencel est utilisé dans les vêtements pour femmes, et notamment pour les jeans à la mode.

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texte:
Simon F. Eglin
Photo:
Getty Images, Keystone
Publication:
lundi 11.09.2017, 12:40 heure



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