Isabelle et Pascal Veillon montrent les joies du jardinage à leurs petits-enfants Virgile, Angel et Judith.

À la rescousse du climat

Grands-parents Isabelle et Pascal Veillon ont l’écologie très à cœur. Ils se sont engagés à transmettre leur amour de la nature à leurs petits-enfants. Reportage dans leur grand jardin.

Derrière des séries d’immeubles, là-haut au-dessus de Lausanne, se cache une ancienne ferme et un vaste jardin luxuriant. La maison appartenait déjà à la grand-mère d’Isabelle Veillon. Aujourd’hui, l’une de ses filles, son beau-fils et leurs quatre enfants y vivent aussi. Le potager est classé jardin historique.
L’écologie a toujours eu une place de choix dans la vie de Pascal et Isabelle Veillon (77 et 71 ans). «Nous sommes nés pendant la guerre et avons gardé l’habitude de tout récupérer. Nous faisons des conserves et nous coupons nos cheveux nous-mêmes», explique l’ancien pasteur, qui reconnaît que, plus jeunes, ils n’ont pas toujours été aussi à cheval sur la protection du climat. «Nous avions une voiture et faisions moins attention.»
Ils y ont renoncé et se déplacent à vélo électrique ou avec une Mobility.

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Montrer l’exemple

Aujourd’hui, grands-parents de neuf petits-enfants âgés de 4 à 18 ans, ils souhaitent leur transmettre leur sensibilité verte. Le trampoline qu’ils ont installé dans leur grand jardin attire tous les enfants du quartier. «On observe chez eux un glissement vers la société de consommation, note Isabelle Veillon, autrefois animatrice socioculturelle. Nous essayons de leur inculquer la philosophie Moins de biens, plus de liens.» L’intérêt semble être là. Ils sont réceptifs lorsque le couple leur propose de cueillir des tomates et les patates, et vont se servir de framboises directement sur l’arbrisseau. «Je connais le mot écologie, mais je ne sais pas vraiment ce que cela signifie, reconnaît Angel (6 ans). Je sais juste que c’est du travail.»
Isabelle et Pascal Veillon possèdent aussi des poules. Leurs petits-enfants se précipitent chaque jour pour ramasser les œufs. Quant à la lapine, elle a fait neuf petits au printemps, avec lesquels la benjamine Judith (4 ans) adore jouer. À la fin de la belle saison, ceux-ci passeront à la casserole. «Ils auront grandi et auront moins d’attrait. Quand on sert la viande, à table, tout le monde la mange sans problème.»

Les petits aiment aussi sauter sur le trampoline.

Sensibles au logo bio

La viande, justement, n’est-elle pas contradictoire avec un mode de vie tourné vers demain? «Nous la réservons pour les visites. Mais y renoncer complètement n’aurait aucun sens; on a besoin des animaux pour leur fumier. Ce qui nuit le plus à l’environnement, ce sont surtout les monocultures qui nécessitent beaucoup d’énergies fossiles», souligne Pascal Veillon. «Par la cuisine, je veux leur montrer que beaucoup de gens ont travaillé pour produire le contenu de leur assiette», ajoute son épouse. D’ailleurs – et cela les amuse beaucoup –, même les plus petits reconnaissent le logo vert indiquant que le produit est bio. «Pour moi, l’écologie, c’est découvrir de nouvelles choses auxquelles on n’avait pas fait attention, en s’amusant», observe Virgile (8 ans).
Quand il pleut, les petits copains restent chez eux. Les petits-enfants se lovent alors dans le canapé et lisent. Chez les Veillon, la bibliothèque aussi est verte. Et quand ils se disputent, l’un se retrouve de corvée cuisine, mais «en fait, ils aiment bien popoter, donc ça n’est pas vraiment une punition», sourit Isabelle Veillon.

Virgile, Angel et Judith vérifient chaque jour si les poules ont pondu.

Et demain?

Le couple lausannois est engagé dans de nombreux projets à la recherche de solutions locales dans leur quartier de Chailly, par exemple des mini-jardins d’1 m² ou les bourses d’échanges de biens et de savoirs. Il s’engage sur les stands d’information à sensibiliser le public. «Cela remplit notre retraite. Nous n’avons plus beaucoup de temps pour nos autres loisirs, comme la marche», remarque Pascal Veillon.
Ils sont conscients que leur temps sur terre est compté et espèrent que leurs enfants continueront d’entretenir le grand jardin, dont une partie se situe en zone à bâtir.
«Mon rêve serait de voir fleurir des jardins potagers au pied des immeubles au lieu du gazon stérile, qu’il y ait une vraie réflexion autour de notre modèle de société», conclut Isabelle Veillon.

Ils aiment aussi que leurs grands-parents leur racontent des histoires.

Association

Grands-parents pour le climat

Le mouvement Grands-parents pour le climat a débuté il y a quelques années à l’étranger. Début 2014, un comité se crée en Suisse. La première séance réunit cinquante personnes et l’association suisse des Grands-parents pour le climat est fondée neuf mois plus tard, sous le motto «Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants». «Nous nous présentons comme des grands-parents qui aiment la nature, explique Laurence Martin-Monod, membre du comité.
On n’a pas assez conscience des dangers que court la planète.»
Depuis, elle explore les différentes thématiques et choisit ses combats sui-vant ses trois axes prioritaires: le désinvestissement des énergies fossiles et réinvestissement dans les énergies durables; l’appui à la «stratégie 2050», avec les Cités de l’énergie et l’agenda 21; la sensibilisation des jeunes à la sobriété, avec les opérations de nettoyage du lac ou les jardins communautaires. Pour se faire connaître, des conférences sont données dans les communes et des projets avec Pro Senectute sont en cours. En outre, l’association est en contact avec les politiques pour des projets de coopératives solaires. «Mais nous ne nous identifions à aucun parti politique», souligne l’active retraitée.
Désormais forte de 350 membres, l’association s’étend peu à peu à la Suisse alémanique.

www.gpclimat.ch

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Mélanie Haab

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 29.08.2016, 14:15 heure



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