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Jacques Wullschleger
écrit le 13.09.2016 dans Sports de glace


Alain Reist, ancien hockeyeur

Alain Reist : du palet au palais. L’ancien hockeyeur est devenu un traiteur recherché. Le produit phare est le tartare, mais à son menu il y aussi le burger, le buffet de grillade avec des viandes différentes, frites, salades et bien d’autres produits d’ici, du terroir.

On a rencontré Alain Reist à Cheseaux-sur Lausanne, au Galion’s Pub, moins d’une semaine avant le début de la Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres à Estavayer-le-lac, qui a eu lieu à la fin du mois d’août. «Je suis un peu nerveux», avouait-il. «On aura un stand à monter nous-mêmes et des frigos à installer. On a loué une tente. Il y aura la grande foule à cette fête helvétique - plus de 250'000 personnes l’ont suivie -. Il faudra qu’on ait de la nourriture en suffisance pour ne pas devoir refuser du monde, pour que tout se passe bien.»

Alain Reist, au taquet quand il le faut, indépendant pour son plus grand bonheur, se déplace pour d’autres manifestations (festivals, comme le Caribana, Festi’neuch, anniversaires ou mariages, par exemple), avec son Food Truck. Il est à son compte, et son associée, créatrice aussi, est son épouse, Laurianne, laquelle a suivi l’Ecole hôtelière (Zurich). Mais le tartare est «Made in Alain Reist.» Il tient à cette marque de fabrique. La sauce est une préparation maison à 100%, top secret, contenant  21 ingrédients.  

A la patinoire de Malley, à Lausanne (lors des matches du LHC), on peut trouver l’emblématique défenseur entre les blocs A et B, à l’enseigne de «L’Epis Taff’» Pourquoi ce nom ? «L’épis Taff’ a été créée avec un ami, qui s’est retiré par la suite. Le nom a été trouvé lors d’une soirée arrosée. Il est issu d’un sketch de Gad Elmaleh.» Pourquoi Epis Taff’ et pas Epitaphe ? «On écrit généralement une épitaphe sur une tombe. C’est triste et glauque, une inscription funéraire ; alors on a joué avec les mots et c’est devenu Epis Taff’.» Une signature de plus en plus connue, un nom porté à bout de gros bras par un hockeyeur qui a su, durant sa carrière, se faire respecter.

A Lausanne, à la tête de l’Epis Taff’, (www.epis-taff.ch), concept de restauration événementielle et ponctuelle, Alain Reist, avec ses aides, entame sa deuxième saison. «La S.à.r.l s’est créée en mars 2016. J’adore faire la cuisine (sa maman a tenu un bistrot). C’est mon hobby. J’aime bien avoir du monde à la maison, partager ce que je mijote. C’est convivial, à la bonne franquette. Ça l’est aussi dans ce qui est devenu mon travail : éprouver du plaisir à faire plaisir.»

Le traiteur Alain Reist garde néanmoins un pied, un orteil plutôt, dans les assurances, comme indépendant, à la Zurich, «C’est une bonne alternative », une société avec laquelle il n’a pas de contrat, mais qui l’avait accueilli en 2012 alors qu’il était encore hockeyeur. «Des après-midi, je me rendais à la Zurich, à Echallens, pour découvrir le métier, pour voir si ça me plaisait.» Détail sympa et même plus que ça : «Mon chef m’a dit : Alain, si ça ne joue pas pour toi dans ton nouveau job, tu peux revenir chez nous.»

Oui, il y a encore de l’humanité dans le monde des affaires.

Alain Reist est un bon vivant qui aime régaler. Il vit au jour le jour, intelligemment, et il ne se prend pas trop le chou. «Il faut vivre les rêves qu’on a maintenant.» En disant cela, il a une pensée pour sa maman, partie il y a huit ans et qui avait envisagé d’accomplir encore des milliers de choses, restées hélas inachevées, parce que le destin demeure le plus fort.

Alain Reist et le hockey sur glace

Sur la glace, Alain Reist était un défenseur intransigeant, qu’il ne fallait pas «chatouiller, chercher», qui allait souvent là où c’était «chaud». «J’aimais bien le jeu physique, je m’y sentais à l’aise», dit l’intéressé, hockeyeur costaud, le regard doux mais malin, le sourire aux lèvres, parfois malmenées durant sa carrière. «Comme je manquais de vitesse, il fallait bien compenser ce déficit par quelque chose», ajoute Alain Reist, joueur réfléchi, qui savait garder son calme dans les situations de jeu compliquées. «J’étais un joueur bon à la relance. Au hockey, la première passe est importante. On ne m’a jamais engagé pour le power-play.» Il a toujours respecté l’adversaire et son métier. «Je n’ai jamais été méchant.» Les pénalités, y en a-t-il eu beaucoup ? «Je n’ai jamais été le plus puni de la Ligue. Dans une saison, je n’ai pas dépassé les 100 minutes de pénalités. Ça va…»  

A la fin de sa carrière, Alain Reist s’est retrouvé parfois seul. «J’ai ressenti ça, la dernière saison, quand j’étais remplaçant, quand on sait qu’on le sera au tout dernier moment ; c’est comme un sentiment de «honte.» On me l’apprenait au fitness où on se préparait ¾ d’heure avant le match.   C’était embêtant pour moi, pas pour les autres. Ce genre de situation, propre à la vie d’un sportif, leur était égal.»

Durant toute sa carrière, Alain Reist a vu défiler un certain nombre d’entraîneurs. «J’ai eu affaire à des entraîneurs dont l’aspect humain n’était pas le point fort. Un entraîneur doit être dur, OK !, mais il faut parler.» Il cite un nom : Van Boxmeer. «Avec lui au LHC, mon évaluation était de moins 14 - elle se calcule en fonction du nombre de buts encaissés en étant sur la glace -. A l’entraînement, on avait peur de faire une mauvaise passe. En cours de saison, Van Boxmeer est parti, Zenhäusern est arrivé. Du coup, j’ai passé à + 15. Ma confiance était revenue. Cette évaluation est révélatrice.»Et Lausanne a été promu en LNA, au terme de la saison 2012-2013.

Palmarès

Alain Reist est né le 7 décembre 1979 à Bienne.

Il a suivi le Technicum à St-Imier – un an –, comme ingénieur-automaticien.

A Péry, il a effectué un apprentissage de charpentier durant 3 ans. Il est au bénéficie d’un CFC.  

Ancien hockeyeur, défenseur à gauche.

A joué à Bienne (LNB) et à Berne (junior élite A) 1996-1999.

1999-2002 Rapperswil (LNA), 2002-2004 Kloten (LNA), 2004-2006 Lausanne (LNA), 2006-2009 FR Gottéron (LNA), 2009-2010 Zurich (LNA), 2010-2013 Lausanne (LNB), 2013-2014 Lausanne (LNA).

1997, championnats d’Europe – 18 (3e)

1998, Championnats du monde -20 (3e)

1999, Championnats du monde -20 (9e)

En 2001, à participé à un camp avec l’équipe de Suisse A. « J’aurais pu jouer un match avec la Suisse, mais je suis tombé malade (virus).  Je ne sais pas si c’est à cause de ça, mais l’entraîneur n’a plus fait appel à moi. J’ai fait une connerie, j’aurais dû jouer malade. »

Promotion avec Lausanne (LHC) en LNA en 2013.

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger (62 ans) a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures»)dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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